‹ Aide-mémoire de chirurgie de guerre; traumatismes professionnels du temps de guerreChapitre 67 sur 84 · SERVICE RÉGIMENTAIRE · texte numérisé non relu

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d'un gros tampon, pendantqu'on nettoie les environs.

Cas opératoires urgents. — Ne peuvent être envisagés que si la faible densité des atteintes, l'allure ralentie de la bataille laissent du temps et du calme; ajoutons-y le cas où le poste de secours vient à être coupé de l'ambulance pendant un temps assez long.

Forgue recommande alors le nettoyage aseptique des fractures gravement comminutives, compliquées de larges plaies ou d'hémorragies, extraction de pièces osseuses libres, de débris vestimentaires. Bonne immobilisation. Pas d'esquillotomie primitive en règle.

L'hémostase provisoire, ou fragile, du champ de bataille sera refaite, l'ischémie totale par pression circonférentielle supprimée au plus tôt; le lien constricteur desserré, les bords de la blessure débridés, les jets vasculaires forcipressés ; parfois il faudra, si c'est possible, lier les deux bouts dans la plaie. Si l'on perd du temps et du sang, on laissera les pinces hémostatiques enfermées soigneusement sans pression ni déplacements possibles dans les pièces de pansement ; forcipressure de vingt-quatre heures pour les artères moyennes, quarante-huit heures pour les vaisseaux principaux, délais de l'hémostase stable.

Ni débridements primitifs (libération strictement nécessaire à l'hémostase et à l'antisepsie), ni stylet fouillant, sans renseignement utile, les plaies de poitrine, de l'abdomen et du crâne, qui pourraient ainsi s'inoculer. En tout cas, une exploration toujours aseptique, rapide, et réduite à la constatation des dégâts réparables sur l'heure.

Pas d'amputation primitive, rien que la régularisation d'un membre irrémédiablement mutilé par un gros projectile. Tout cela se fera à sec, autant que possible. Saupoudrage d'iodoforme ou tamponnement à la gaze bichlorurée; enveloppement ouaté. Ce

pansement peut rester longtemps en place; il se fait une cicatrisation sous-crustacée aseptique. 'Pansements secs, pansements rares : voilà le mot d'ordre de la chirurgie d'armée (Forgue).

En définitive, la chirurgie du poste de secours ne doit viser que la mise en état des blessés pour un transport rapide vers l'ambulance. Hémorragies et asphyxie menaçante, telles sont, pour Habart, les seules indications opératoires aux postes de secours et à l'ambulance. Là, seulement, triage des blessés, pansements provisoires, immobilisation des fractures, soins donnés aux blessés graves. De son côté, Fraenkel condamne à peu près aussi toute intervention opératoire au poste de secours, et à ce propos il rappelle ces paroles de Bergmann : « Si toute mon intervention s'était bornée à plâtrer des appareils, à arrêter le bras de mes collègues toutes les fois qu'ils voulaient explorer les blessures avec la sonde et le doigt, je pourrais me vanter d'avoir rendu de grands services. »

Occlusion antiseptique, immobilisation des fractures, compression contre les hémorragies. — C'est tout. — Les droits du bistouri ne sont invoqués que pour régulariser une amputation commencée par de gros projectiles. La recherche des balles, des esquilles est formellement interdite.

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