‹ Aide-mémoire de chirurgie de guerre; traumatismes professionnels du temps de guerreChapitre 66 sur 84 · SERVICE RÉGIMENTAIRE · texte numérisé non relu

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sur le champ de bataille, à la place de pansements, dans les hôpitaux de campagne ou de l'arrière.

Demosthen, après ses expériences avec les projectiles nouveaux, est plus explicite encore. « Avec la portée des armes nouvelles, avec la précision et la rapidité du tir, il esc presque impossible d'installer les postes de secours en rase campagne sur le lieu même de la lutte ; inutilement les médecins militaires se feraient tuer ou blesser en remplissant leur devoir. Dans de telles conditions, toute action chirurgicale est impraticable et le moins qu'on doive à un soldat frappé dans le combat, c'est de le mettre autant que faire se peut, à l'abri de nouveaux coups.

C'est donc, pense ce chirurgien, jusqu'à 3 500, 4000 mètres de la ligne de feu qu'il faudra, dans les guerres de l'avenir, reporteries formations sanitaires de l'avant (1).

B. Au poste de secours. — Aujourd'hui, le colonel désigne l'emplacement des postes de secours. 11 se concerte, évidemment, pour cela, avec le médecin chef de service. Le poste de secours peut donc se trouver à 500, 1000, 1500 mètres de la ligne de feu, cela dépendra de la configuration du terrain, de Ja densité et de la portée du feu, etc. : « Un principe, toutefois, doit être mis hors de débat, c'est que, pour faire œuvre correcte, non pas de chirurgie, mais simplement de pansement, le poste de secours, bien qu'étant très mobilisable par essence et par organisation, a besoin d'une certaine fixité (2) ».

Aménager le poste. — Abrité, défilé des feux de

(1) Fuster (loc. cit.) a noté qu'au col de Melouna (23 avril 1897), un poste de secours étant à 200 mètres de la ligue de feu, un autre au milieu des soldats, l'ambulance à 1 000 mètres, les obus ne cessèrent de les couvrir, les rendant inutiles et dangereux. Même situation constatée à Pharsale, le 5 mai 1897. (Guerre turco-grecque.)

(2) Forgue, loc. cit.

Coustan. — Chir. de guerre. 19

mousqueterie, derrière un escarpement de terrain, à couvert d'un talus élevé, ce poste sera garanti des balles et des obus fusants. Le personnel y sera groupé, ainsi que le matériel régimentaire. — Installation d'un fourneau de campagne pour préparer les boissons excitantes, et faire bouillir l'eau nécessaire au nettoyage des mains, des régions avoisinant la blessure, à l'aseptisation du matériel. On ajoutera quelques poignées de sel, l'eau est ainsi stérilisée en un quart d'heure (Tavel) ; sans sel, en une demiheure, une heure.

Bouillissaije de compresses de toile pour protéger aseptiquement les environs du champ opératoire qu'elles couvriront; fabrication de tampons; asepsie du chirurgien et de ses aides, du matériel, des instruments.

Fonctionnement chirurgical. — Une équipe d'infirmiers ou de musiciens pour les coups de feu des parties molles, les plaies superficielles sans fracture des membres, sans atteintes viscérales. Une autre équipe pour les fractures sans complications à plaies étroites, sans hémorragies (occlusion antiseptique et immobilisation ; pansement sec iodoformé, compresse aseptique et manchon d'étoupe, de coton ou de ouate de tourbe). La tourbe est recommandable comme occlusive, imperméable, facile à appliquer, à enlever, à transporter, et d'un prix modique (1).

Être sobre d'irrigations dans les deux groupes, pour économiser l'eau, d'abord, puis parce que la meilleure irrigation est celle que fait le sang aseptique en sortant des parties profondes (Schimmelbusch), et qu'une irrigation mal faite peut amener dans la plaie les souillures délayées et balayées des téguments voisins. En cas de nécessité, couvrir la plaie

(1) Redon, Des pansements en chirurgie d'armée (Arch. de méd. mil., 1888).

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