EXTRACTION
en inclinant la tige, pour faire passer la curette entre les parties molles et la balle qu’on retire au dehors. Cette introduction oblique ne peut avoir lieu sans déplacement douloureux des parties. Dans le but d’assujettir la balle dans la cuiller, Thomassin a imaginé d’ajouter une lance susceptible de glisser dans une rainure de la tige; quand la balle est chargée, on pousse cette lance vers la balle, celle-ci est entamée et ne peut plus s’échapper parce qu’elle se trouve retenue par la cuiller et fixée par la lance. A cette modification ingénieuse, on pourrait ajouter un mécanisme qui ferait basculer la cuiller au moment où elle aurait dépassé la balle. Alors, à l’avantage qu’on aurait de l’introduire avec plus de facilité, se joindrait celui de fixer plus solidement le projectile, quand la cuiller serait fléchie à angle droit.
2o Les pinces sont contenues dans tous les étuis de chirurgien ; celles dont les branches sont à double croisement, conviennent à cause du peu d’écartement des anneaux , comparativement à celui des mors, PL. III a. Fig. 11. L’opérateur conduit ces pinces sur le doigt indicateur, quand il peut être introduit, il saisit solidement et isolément la balle avec les mors, et par de légers mouvemens à droite et à gauche et de rotation dans l’axe de l’instrument, il déplace et enfin amène peu à peu la balle à l’extérieur. Lorsque la balle est peu mobile, on peut la saisir avec de fortes pinces à dissection, qu’on fait tourner autour d’elle, pour tracer un pas de vis extérieur;
à l’aide de ce moyen commode, j’ai pu retirer des balles que la curette n’aurait pu contourner, que les pinces à anneaux n’auraient pu saisir et que le tirefond aurait chassées plus profondément.
3o Le tire-fond n’esL autre chose qu’un double pas de vis fixé sur une tige métallique; l'emploi en est légitimé quand la balle s’appuye sur un fond solide, il ne l’est pas quand la balle est placée au milieu de parties molles, ou bien lorsqu’il ne faut qu’une légère pression pour la faire tomber dans le canal médullaire de l’os qu’elle a perforé. Dans ce dernierr cas, on applique une couronne de trépan un peu plus grande que le diamètre de la balle, afin d’emporter avec elle une virole osseuse. Il est inutile d’ajouter que le tire-fond ne conviendrait pas pourr les balles de cuivre, de fer, de verre, de pierre, etc. On avait imaginé autrefois, pour éviter la déchirure des tissus, d’envelopper le tire-fond d’une canule conductrice; cet instrument, abandonné à tort, a été employé par M. Baudens, qui l’a perfectionné. La canule de M. Baudeus est garnie de cire à son bec , et dépasse le double pas de vis ; on peut sonder la plaie à une grande profondeur avec la canule, et la balle une fois reconnue, on fait agir le tire-fond.
Il y a des cas, rares d’ailleurs, où l’on ne parvient à enlever la balle enclavée dans un os, qu'avec la gouge et le maillet.