IV. SUTURE ENTORTILLÉE
On laisse l'aiguille ou l'épingle à demeure, et on en place autant qu’on veut établir de points de suture. Les deux épingles extrêmes, sont embrassées
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par une anse de fil, qu’on épuise de haut en bas el de bas en haut en croisant les deux chefs en 8 de chiffre, dans l’intervalle de chaque épingle, et en les faisant passer séparément sous les extrémités de chacune d’elles. On termine en faisant un nœud. La peau est mise à l’abri du contact des aiguilles par une petite compresse placée sous les deux extrémités. — DiefTenbach se servait d’épingles à insectes, qu’il recourbait en crochet aux deux bouts, et coupait ce qui dépassait le niveau de la peau. I‘L. III b , Fig. 8.
M. Rigal de Gaillac conseille l’emploi d’un porteaiguille pour l’enfoncer, el au lieu de fil, il engage l’extrémité de chaque aiguille dans la boutonnière d’une bandelette agglutinative qu’il fixe, de chaque côté, pour maintenir rapprochées les lèvres de l’incision.
Appréciation. La suture entrecoupée étrangle les parties : on la réserve pour les cas où nulle autre n’est applicable, tels que la gastrorapliie et la staphyloraphie. La suture enchevillée convient dans les solutions de continuité profondes, malgré l’inconvénient qu’elle a de laisser béantes les lèvres de la plaie. Enfin la suture entortillée est la meilleure,
PL. III b. Fig. I . Suture à surjet. 2. Sut. à points passés. 3. Sut. enchevillée. 3 b. Sut. entrecoupée. 4. Sut. pour l’incision en T. 5. Sut. entortillée. 6. Second temps de l’incision cruciale, le bistouri est conduit de m en n sur l’incision oo. 7. Incision étoilée. 8. Incision en V de r en s. 9. Incision sur un pli de la peau, üié par les deux mains ll.
quand on en serre modérément les fils. On obvie à l’étranglement de la première, en plaçant dans l'anse du fil, une petite compresse graduée sur laquelle on fait le nœud; aux inconvénients de la seconde, par des bandelettes agglutinatives transversales. La suture du Pelletier peut être remplacée avec avantage par la suture à plat, qui consiste à traverser chaque lèvre de la plaie, d’un côté à l’autre, sans faire passer les anses de fil sur la ligne de réunion de la plaie. C’est la suture à points passés.
§. 2. Agglutinatifs.
L’emplâtre de diachylon gommé est le plus fréquemment employé comme substance agglulinative. Il se compose de gomme résine ammoniaque, de bdellium, de galbanum et de sagapénum (qui sont aussi des gommes résines) , dissous dans l’alcool et épaissis en forme d’extrait, qu’on amalgame ensuite avec de la cire jaune, de la poix blanche et de la térébenthine. Cet emplâtre, étendu sur une toile, prend le nom de sparadrap de diachylon.
Régies d’application. — On découpe, en suivant avec les ciseaux la direction du fil de la toile, le sparadrap en bandelettes, dont la largeur et la longueur varient selon les besoins. Cependant les plus longues et les plus étroites, celles qui ont 2 centim. par exemple , sont celles qui s’appliquent et et tiennent le mieux. Pour une plaie longitudinale d’un membre, on taille des bandelettes de 30 centim., environ. Ce moyen de réunion ne convient
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que dans les plaies superficielles où il faut affronter les deux lèvres d’une incision. Quand la plaie est profonde ou transversale, on a recours, en outre, soit à la suture, soit à des compresses graduées ou bien au bandage unissant des plaies.
Il est de règle: 1° d’appliquer les bandelettes agglutinatives perpendiculairement à la solution de continuité, quoiqu’il soit parfois nécessaire de leur donner un certain degré d’obliquité; 2° de laisser, entre chacune d’elles, un intervalle par où la suppuration ou les liquides puissent s’échapper, dans les cas où la réunion ne se fait pas par première intention ; 3o de placer la dernière bandelette à distance de l’angle d’incision le plus déclive, afin qu’on puisse y conduire les lilsdes ligatures, ou l’extrém iléd’une mèche; 4o d’appliquer la première bandelette au milieu de l’incision. Pour cela, les lèvres de la plaie étant affrontées par un aide, l’un des chefs en est appliqué assez loin sur la peau, puis il est ramené en demicercle sur la plaie, et fixé du côté opposé. On agit de la même manière pour les autres bandelettes.
Procédés opératoires.
1er Procédé. Raser, laver, essuyer la peau; nettoyer convenablement la plaie; rapprocher de loin les téguments avec le bord radial des deux mains, et non par des tractions directes sur les lèvres de la plaie.
2e Procédé (M. Gama). Le plein des bandelettes
est appliqué sur le point du membre diamétralement opposé à la plaie, et les deux chefs, roulés à deux globes sur la surface non apprêtée, sont ramenés à mesure qu’on les déroule, jusqu’au devant de la plaie, où ils se croisent, en s’évitant. Ce procédé a l’avantage de n’exiger qu’un petit nombre de bandelettes et de maintenir pendant longtemps une réunion très-exacte.
3e Procédé (M. Fouilloy). Quand les lambeaux d’un membre amputé sont trop courts pour recouvrir l’os, M. Fouilloy applique en long, sur le membre, de larges bandelettes, dont les anses sont libres au devant du moignon. Les chefs étant solidement fixés et maintenus, au besoin, par une bande circulaire, les anses libres sont embrassées par des liens, sur lesquels le chirurgien exerce une traction permanente qui détermine au bout d'un certain temps un allongement des téguments.