‹ Aide-mémoire de l'opérateur, comprenant les opérations élémentaires, les ligatures d'artères, les amputations dans la contiguité et dans la continuité des membres, et les résections des extrémités articulairesChapitre 22 sur 64 · ARTICLE II. — CHLOROFORME · texte numérisé non relu

ARTICLE II. — CHLOROFORME

Après la découverte des propriétés de l’éther, on mt croire un moment qu’il était le seul agent aneshésique; quand le docteur Simpson (d’Edimbourg) it l’histoire de plusieurs opérés rendus insensibles >ar le chloroforme. Le chloroforme , ou chloro-fornyle ou per chioride de formyle, a été découvert séparément par MM. Soubeiran et Liebig. M. Flourens '.'expérimenta le premier sur les animaux.

Dix kilog. de chlorure de chaux, mêlés à 60 kilog. d eau , plus, 2 kilog. d’alcool à 8o« introduits dans un alambic en cuivre, fournissent par la distillation un liquide plus lourd qu’un mélangea parties égales, d’eau distillée cl d’acide sulfurique, marquant 40o; ’e liquide est le chloroforme et sa densité est un moyen précieux de constater sa pureté. MM. Iluraut et Larcque sont parvenus, à l’aide d’un procédé qui leur appartient, à réduire son prix de revient à 14 fr. le kilog.

Le chloroforme a une odeur agréable qui rappelle celle de la pomme de rainette, une saveur sucrée; il est moins volatile que l’éther. Sa propriété anesthésique ne fait plus doute pour personne. Il en faut

moins que d’éthcr, puisque 100 à 120 goutles versées sur une éponge qu’on place sous le nez, sufïisent pour produire l'insensibilité. Il est plus portatif, et il peut à la rigueur, comme nous venons de le dire, être employé sans appareil particulier. Mais il détermine parfois, quand il n’est pas pur, des phlyctènes autour du nez et des lèvres; c’est pour éviter cet inconvénient qu’on préfère employer, aujourd’hui, l'appareil de MM. Luër et Charrière. PL. III c, Fig. 2.

L’action du chloroforme est plus rapide , plus complète que celle de l’éther, mais il faut donner tout d’abord au malade une forte dose de vapeur. Le sommeil est plus agréable , plus calme, exempt de secousses convulsives; le réveil est aussi plus facile. Mais ce corps est plus toxique que l'éther. Il faut, par conséquent, éviter une saturation dangereuse. Deux à 3 gram. de chloroforme, brusquement inhalés, produiront facilement l’ivresse là, où S, 10, lo gr. d'éther, lentement inspirés, suffiront à peine. M. Gruby dit que le sang artériel reste rouge, sous l’influence du chloroforme, tandis qu’il devient noir sous celle de l’éther. M. Bouisson (de Montpellier) veut qu'on réserve le chloroforme pour les opérations de courte durée, et l’éther pour les opérations longues et graves; le premier ne pouvant être respiré longtemps, sans danger, tandis que le second agit plus sûrement et peut être inspiré plus longtemps sans inconvénients.

M. Velpeau donne une préférence absolue au chloroforme. M. Sédillot pense aussi qu'il est préférable, sous bien des rapports; mais qu'il offre plus

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de danger que l’éther entre des mains inhabiles, ce qui est loin d’être rassurant pour les malades confiés à certains expérimentateurs.

La plupart des recommandations relatives à l’emploi de l’éther sont d’ailleurs applicables à l’emploi du chloroforme.

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