‹ Aide-mémoire de l'opérateur, comprenant les opérations élémentaires, les ligatures d'artères, les amputations dans la contiguité et dans la continuité des membres, et les résections des extrémités articulairesChapitre 47 sur 64 · ARTICLE IL — RÈGLES GÉNÉRALES POUR LES RÉSECTIONS · texte numérisé non relu

ARTICLE IL — RÈGLES GÉNÉRALES POUR LES RÉSECTIONS

Le malade doit être disposé comme pour les amputations. On ne pratique ordinairement aucune compression sur les troncs artériels. L'un des aides est spécialement chargé d’abslcrger la plaie, avec une éponge fine, afin que l'opérateur puisse apprécier à tout moment la coloration des tissus et des os. Le chirurgien doit chercher à se faire une idée exacte de la nature et de l'étendue de l’altération. Son habileté et son sang-froid doivent suffire à l’exigence des difficultés imprévues.

§. 1. Incision de lapeau. — lo Les incisions doivent être longues, parallèles à l’axe de l’os, et éloignées des vaisseaux et des nerfs. Pans les articulations orbiculaires, c’est sur le côté externe du membre, qu’on doit les pratiquer, et sur les parties latérales, pour les articulations ginglymoïdales. Quand une incision est insuffisante pour permettre les recherches et arriver jusqu'à l’os ; on doit suivre le conseil de M. Malgaigne, qui recommande d’ajouter à chaque extrémité de l'incision, une petite incision perpendiculaire à la direction de la première, ce qui permet de relever l'une des lèvres de la plaie, comme un lambeau. S’il existe une solution de continuité des parties molles, on la met à profit, afin de ne pas multiplier les incisions. 2° Il faut respecter les nerfs , les vaisseaux

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artériels et veineux , les tendons et les insertions musculaires utiles.

M. Chassaignac pense que pour toutes les résections articulaires, on peut 1° se contenter d’une incision unique, rectiligne et parfois curviligne; 2o qu’il y a avantage à faire précéder la désarticulation par la section de l’os à désarticuler ; et 3o qu’il faut toujours commencer l’extraction successive des extrémités, par celle qu'il est le plus facile de désarticuler, soit que deux os seulement prennent part à l'articulation, soit qu’il y en ait trois.

§. 2. SectiondeVos. — 1° Quand on arrive sur l’os, il fauten reconnaître exactement l’altération, dans toute son étendue, au moyen d’un stylet, et l’isoler des parties molles voisines. Avant l’âge de 13 ans, il est quelquefois possible de décoller le périoste , qui acquiert ordinairement une épaisseur considérable, au voisinage des altérations pathologiques. La conservation de cette toile fibreuse est une condition favorable à la reproduction de l’os ; ou tout au moins, le périoste peut servir de base à un tissu fibreux nouveau.

2« Non-seulement il faut emporter avec soin tout ce qui est atteint de carie, toutes les esquilles ; mais encore enlever les trajets fistuleux, quand il en existe dans les tissus, et les synoviales articulaires, dans la plus grande étendue possible.

3o On peut se servir de crochets mousses, pour amener les extrémités osseuses, à portée de l’action de la scie.

Quand on a deux os à réséquer, on les coupe à la

même hauteur. Si on ne retranche qu’une extrémité, on en pratique la section de manière que l’os puisse s'adapter à la surface articulaire voisine.

4o 11 est bien entendu qu’avant de se servir de la scie, il faut interposer, entre l’os et les chairs, une feuille de carton , de bois, de plomb; ou soulever les tissus avec une compresse passée en écharpe à travers les deux incisions. PL. XLVI b. Fig. 2 et 4.

§. 3. Pansement. — 1» Sion opère sur le membre inférieur; il faut rapprocher les bouts de l'os, afin d’en obtenir la soudure, dans le but de conserver la rectitude et la solidité du membre, qu’on place dans un appareil à fractures, axec le bandage de Scultet.

S'il s’agit du supérieur, ce rapprochement est moins utile : on favorise la formation d’une fausse articulation.

2o Quand on veut obtenir une fausse articulation, on imprime aux os, quelques mouvements légers d’abord et ensuite plus étendus.

3» On réunit les parties molles, à l'aide de quelques points de suture entortillée, ou entrecoupée, ou bien avec des bandelettes agglutinatives , en laissant toujours à la partie la plus déclive de la plaie une ouverture béante pour l’écoulement du pus dont la production est inévitable.

Soins consecutifs. — On a surtout à craindre, après les résections, les accidents inflammatoires, le séjour du pus dans la plaie et sur les bouts de 1 os : on combat ces accidents par les moyens antiphlogistiques , par les contr’ouvertures. Il n’est pas rare

d’avoir à traiter des fistules consécutives à l’opération ; on a recours alors à des injections d’eau de guimauve ou d’infusion de quinquina , à la cautérisation actuelle ou potentielle.

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