‹ Aide-mémoire de l'opérateur, comprenant les opérations élémentaires, les ligatures d'artères, les amputations dans la contiguité et dans la continuité des membres, et les résections des extrémités articulairesChapitre 55 sur 64 · IV. Résection de l’articulation tibio-tar sienne · texte numérisé non relu

IV. Résection de l’articulation tibio-tar sienne

On peut enlever l’extrémité inférieure des deux os de la jambe, ou celle du péroné seulement. La résection isolée de l’extrémité inférieure du tibia ne doit jamais être pratiquée, parce que le péroné seul, ne suffit pas à la sustentation du membre.

Procédé de Moreau père. — Premier temps. Résection de l'extrémité inférieure du péroné. — Le membre étant couché sur le côté interne; tracer, jusqu’à l’os et parallèlement au côté externe du péroné, une incision de 9 ccntim., qui part de l’extrémité inférieure de la malléole externe. Pratiquer une seconde incision transversale qui part de l’extrémité inférieure de la première et se termine contre le tendon du péronier antérieur, en n’intéressant que la peau. Disséquer le lambeau triangulaire; dégager le péroné, des chairs et des tendons voisins; diviser cet os, avec la gouge et le maillet, cl mieux encore en faire la section avec la scie à chaînettes. Renverser l'os, de haut en has, au fur et à mesure qu'on coupe le» ligaments qui l’assujettissent.

Second temps. Résection de l'extrémité inférieure du tibia. — On pratique une incision interne longi-

tudinale, parallèle à l’axe du tibia, une seconde transversale qui se termine au tendon du jambier antérieur. On dissèque le lambeau; on sépare les tendons, les nerfs et les vaisseaux; on passe sous l’os une plaque de carton, et on le scie comme le péroné, puis, on le renverse de haut en bas en détruisant les ligamenls qui le retiennent.

Procédé de M. Roux. — Il ne diffère du précédent que pour la section du tibia , que l’on divise avec une lame de scie introduite de dedans en dehors et sous les téguments qu’on écarte avec une compresse disposée en forme de fronde. La lame de scie est, pour cela, fixée à l’arbre, et dirigée d’avant en arrière.

Procédé de M. Bourgery. — La jambe est placée sur la face postérieure, et le talon est embrassé par la main gauche d’un aide qui applique la droite sur la face dorsale du pied. L'opérateur pratique des deux côtés, jusqu’à l’os, une incision qui s’étend de l’extrémité inférieure de chaque malléole et parallèlement à l’axe du membre jusqu’à lOcentim. au-dessus. Faisant alors incliner la jambe en dedans, on rase très-exactement avec le bistouri, la face antérieure du péroné, pour la séparer de toutes les parties molles. On incline la jambe en dehors et on répète la même manœuvre pour le tibia, jusqu’à ce que le bistouri rasant le ligament interosseux, arrive au point où il avait pénétré par le côté externe. On fail passer, d’un côté à l’autre, entre les chairs et l’os, une compresse à l’aide de laquelle on soulève le pont charnu qui comprend la peau, les muscles, les tendons, l’artère,

la veine et le nerf. Les deux chefs de la compresse sont confiés à un aide pendanl que l’opérateur prolonge la dénudation des os , jusqu’aux limites du mal. Ensuite, on procède de la même manière pour dénuder la face postérieure des os, et engager une seconde compresse longuette.

11 devient alors facile de faire la section des os, avec la scie à chaînettes , dont les deux extrémités sont tirées avec ensemble et alternativement par l'aide et l’opérateur. Ce dernier maintient la compresse postérieure et l'aide la compresse antérieure, avec la main gauche.

Quand la section des os est terminée, l’aide lient les deux compresses, et le chirurgien divise les liens fibreux qui unissent le péroné au tibia et détache successivement l’extrémité de ces deux os.

M. Bourgcry réunit la plaie par trois ou quatre points de suture entortillée, rapproche les surfaces *] osseuses et maintient le tout au moyen d’un appareil contentif appliqué par-dessus le bandage de Scultct.

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