‹ Aide-mémoire de l'opérateur, comprenant les opérations élémentaires, les ligatures d'artères, les amputations dans la contiguité et dans la continuité des membres, et les résections des extrémités articulairesChapitre 7 sur 64 · III. INCISIONS AVEC LES CISEAUX · texte numérisé non relu

III. INCISIONS AVEC LES CISEAUX

Les ciseaux sont formés par deux liges d’acier terminées d’un côté par un anneau, de l’autre par une lame tranchante. Ces liges superposées et réunies cntr’ellcs par une vis autour de laquelle elles se meuvent, sont croisées en X ou parallèles, selon que les ciseaux sont ouverts ou fermés. On a reproché à ces instruments de fournir des incisions contuses, ce qui est vrai, quand on engage entre les mors une trop grande épaisseur de parties; mais cet inconvénient disparaît quand les lames sont bien aiguisées, et quand on ne prend que peu de tissus à la fois. Il est vrai de dire qu’ils agissent surtout en pressant, niais il serait faux d’ajouter que l'obliquité des lames quand elles sont écartées l une de l’autre , ne concourt pas à les faire agir aussi en sciant.

Pour les tenir, on engage dans les anneaux le

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pouce et l’annulaire, seuls doigts de la main qui puissent presser à angle droit sur les branches; le médius se place sous la branche inférieure, soit seul, soit avec l’indicateur qui, de son côté peut s'appliquer sur la rosette ou être introduit entre les tranchants, pour faciliter la section des parties. On a fait des ciseaux droits, des ciseaux courbes sur le plat ou sur le dos de la lame, et des ciseaux dont les branches sont très-longues par rapport aux lames. Celte longueur du bras de levier en augmente la puissance. Les ciseaux montés en argent sont en général de mauvais instruments, parce qu’au bout d’un certain temps, les lames finissent par ne plus se croiser par le bout. Les ciseaux servent dans les cas où les parties qu’on veut inciser ne s’appuyenl pas sur un plan résistant placé au-dessous d’elles.

§. 5. Dissections.

Le mot dissection implique 1 idée d’une incision faite avec précaution sur des tissus intermédiaires, tels que le tissu cellulaire. On pratique celte opération à l’aide d’instruments tranchants, ou par déchirure. Si l’on se sert d’un bistouri ou d’un couteau, les tissus seront tendus; et s’il s'agit d’isolcr un manchon de tégumens, comme dans les grande^ amputations ,

I instrument tranchant sera promené à pleine lame, de manière à ne pas faire de culs-de-sac. On agira au contraire à petits coups, s’il s’agit de pénétrer profondément dans les parties, ou d’isoler des tissus adhérons ou placés dans le voisinage de vaisseaux

ou de nerfs qu’il faut épargner. La dissection en dédolant, c’est-à-dire sur un pli soulevé par la pince, sera réservée pour les cas où, connue dans les hernies étranglées, il faut ménager un organe important, lorsqu’on ne préfère pas la sonde cannelée, pour inciser successivement sur elle chaque feuillet des tissus.

§. 6. Division des os.

Section , perforation , rugination. — La première se fait avec des scies droites, courbes ou circulaires, des tenailles ou des gouges; la seconde avec des instruments perforateurs; la troisième avec la rugine, la râpe ou la lime.

La section avec une scie exige certaines précautions de la part de l’opérateur et de la part de l’aide qui soutient la partie qu’on veut retrancher. La scie se compose d’une lame d’acier égale en épaisseur partout , et armée sur l'un de ses bords d’une ou de deux rangées de dents. Pour les tailler, on engage la lame d'acier entre deux roues dentelées qui enlèvent très-régulièrement, en tournant à la manière des deux cylindres d’un laminoir, une série de petits triangles. On affûte ensuite la scie à l'aide d une lime line promenée obliquement entre chaque dent pour la rendre tranchante; puis, à l'aide d'une clef, on incline une dent à droite, la suivante à gauche, et ainsi de suite. Celle inclinaison est destinée à donner la voie à la scie, c’est-à-dire à lui permettre de tracer un premier sillon , dans lequel toute la lame puisse s’engager sans frottement.

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On fait à présent des scies, qui ont deux rangées de dents parallèles, séparées par un sillon qui règne dans toute la longueur, PL. III a , Fig. 10. — Ces dents sont disposées de telle sorte, qu’une dent de droite n’est pas en regard de la dent de gauche, mais d’un intervalle situé entre deux dents de gauche. Ces scies ne valent rien, parce qu’il arrive fréquemment, pendant la section des os, que l’on est obligé de retirer les lames pour enlever la poussière engagée et durcie entre les pointes.

Une scie doit avoir un certain poids; l’opérateur la dirigeant bien perpendiculairement, la promène dans toute la longueur de la lame, sans appuyer avec force sur le manche. Cependant, il est utile d’exercer une légère pression en poussant de a en b , PL. III a, Fig. 9 et 10, dans le sens où les dents peuvent mordre sur l’os. Quand l’os est bien fixé par un aide, la scie passe dans le sillon sans être engagée ni pressée. Quand la lame a parcouru les 5/6 de l’épaisseur de l’os, l’aide doit redoubler de précautions, afin de ne pas rompre le pont osseux qui reste, et l’opérateur, ralentissant de son côté le mouvement de la scie, évite de faire un éclat, qu’on peut enlever toutefois avec une pince incisive ou une répe, lorsque, malgré toutes les précautions, cet accident arrive.

§. 7. Ponctions,

La ponction consiste à introduire un instrument piquant dans les parties molles. On peut se servir

d’un bistouri, d’une lancette ou d’un trocart. La ponction peut être faite par l’introduction oblique ou perpendiculaire de l’instrument piquant, selon qu'on veut ou non éviter la pénétration de l’air. La ponction avec le bistouri constitue le 1er temps de l’incision droite, qu’on le tienne en lre ou en 3e position. La ponction avec la lancette se fait comme pour la saignée. Pour la ponction avec le trocart, on s'assure d'abord qu'il est libre dans sa canule, on place le manche dans la paume de la main droite, où l’assujettissent les 3 derniers doigts. Le pouce fixe le pavillon de la canule et l’indicateur est chargé de limiter la profondeur de la ponction. Un coup sec fait pénétrer la pointe du trocart; on le retire en même temps qu’on retient la canule avec les 3 premiers doigts de la main gauche.

$. 8. Division par déchirure ou par arrachement .

On l’obtient par la traction directe, ou accompagnée de torsion , des parties molles. La déchirure peut, être produite avec le pouce et l’index des deux mains qui tirent en sens imcrsc; avec un doigt ou avec l'ongle seul; avec le manche d'un scalpel ou avec la sonde cannelée.

L’arrachement suppose l'ablation d’une partie quelconque, d'une dent, d'un polype, d'une tumeur pédiculée.

Ces deux modes de division , s'ils sont douloureux, ont l'avantage de mettre a l'abri de l’hémorrhagie.

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§. 9. Division au moyen de ligatures.

Les parties qu’on veut détacher sont situées sur une surface libre ou dans une cavité. La ligature qu’on applique autour d’une tumeur quelconque a pour but la mortification des tissus, par arrêt de la circulation , ou bien la division proprement dite. Les fils dont on se sert pour étrangler les parties, sont faits de substances diverses; ils sont quelquefois métalliques. On porte le nœud à l’aide d’instrumens variés, quand la base de la tumeur est située dans une cavité. On place la ligature de plusieurs manières, soit en cherchant à obtenir du premier coup le degré de striction convenable, soit en se réservant de l’augmenter à mesure que les parties molles cèdent à la pression et que la ligature se rehlchc.

Si la partie qu’on veut embrasser avec une ligature, a une base trop large, on la fractionne en autant de parties qu'on veut, en faisant passer des aiguilles armées de fils, dans son épaisseur; chacun des fils est noué avec un fil voisin de sorte que chaque fraction de la tumeur est liée isolément.

Les instruments dits serre-nœuds, ont toujours pour base une tige flexible ou roide, quelquefois formée par des grains de chapelet percés d’un trou dans lequel s’engagent les deux chefs de l’anse qui étreint les tissus. A l’extrémité de cette tige, les fils sont fixés ou enroulés autour d’un barillet ou d’un petit treuil métallique, à l’aide duquel on augmente la pression à volonté.

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