CHLORE
CHLORE. GhlOTum, = Cl.
Métalloïde gazeux, à la temp. ordinaire, de couleur jaune verdâtre, D —2,44, od. suffocante, sav. caustique; impropre à la combustion et à la respiration, délétère; liquéfiable en un liq. jaune sous une pression de 5 atmosphères. Pour l'usage médical, le chlore gazeux n'est employé que comme désinfectant ; encore lui substitue-t-on aujourd'hui les hypochlorites. — La solution aqueuse de chlore est préférée au gaz lui-même; on l'obtient en traitant 250 gr. bioxyde de manganèse par 1000 p. d'ac. chlorhydrique à 1,17. Le gaz qui se dégage est lavé dans une petite q. d'eau, puis se rend dans une série de flacons de Woolf, remplis aux 3/4 et dont le dernier communique avec une éprouvette contenant un lait de chaux. L'eau des flacons doit être aune température voisine de -\- 8°. — L'eau dissout un peu plus de 2 f. son vol. de chlore. La sol. est d'un jaune verdâtre, et a l'od. du chlore-, on doit la conserver dans des flacons noirs bien bouchés.
Act. phys. — Le chlore irrite vivement le poumon, détermine de la toux, de la suffocation, suivies de crachements de sang. L'irritation peut aller jusqu'à compromettre les fonctions de l'organe et causer la mort. Sa grande affinité pour Thydrogène, source de sa puissance oxydante, Fa fait considérer comme l'antiseptique et le désinfectant le plus puissant; il mérite cette réputation en effet en tant que topique, mais rien ne prouve que son action soit la même dans l'économie, et qu'il puisse détruire les miasmes délétères alors qu'ils sont mélangés au sang. — On l'emploie en inhalations dans la phthisie, et certaines affections sèches des bronches, pour faciliter l'expectoration ; en lotions contre les piqûres anatomiques, les engelures, etc. ; en aspersions, comme antiméphitique. Dose de Veau chlorée, à l'intérieur : 1 à 2 gr. en potion; davantage en gargarisme.
Asphyxie. — L'asphyxie par le chlore ne peut être qu'accidentelle ; en tous cas, il faut soustraire d'abord le sujet au milieu délétère, le porter au grand air, et lui faire respirer avec la plus grande précaution des vap. ammoniacales légères, ou des vap. d'alcool ou d'éther.
Fumigation de chlore. Fumigation Guy-
tonienne.
Pr. Chlorure de sodium pulv. 250 Bioxyde de manganèse. . 100 Acide sulfurique à 1,84. . 200
Eau commune 200
Mêiez le sel et l'oxyde, et délayez-les avec l'eau dans une capsule de verre ou
de terre; ajoutez ensuite l'acide. Il se dégage des vapeurs qui augmentent quand on agite avec une baguette de verre. — Les quantités indiquées sont suffisantes pour désinfecter une pièce de 100 mètres cubes de capacité. Il va sans dire que cette pièce doit être bien close et inhabitée. (God.)
CHLOROFORME 181
CHLOROFORME. Tri ou perchlorure de formyle ; Chlorofort»ttiii. = G2HCl».
Prép. — Prenez :
Eau 40 litres.
Chaux vive 5 kilogr.
Chlorure de chaux sec 10 kilogr.
Alcool à 90° 1,500 gr.
Introduisez Peau dans la eucurbite d'un alambic, ajoutez la chaux délitée, et le chlorure délayé en bouillie claire. Chauffez à 40° ; ajoutez l'alcool, ajustez l'alambic, et chauffez graduellement. Quand le liquide distillera, ralentissez le feu , et laissez l'opération se terminer d'elle-même. Le récipient contient deux couches; l'inférieure est du chloroforme impur : décantez-le, lavez-le avec de l'eau pour enlever l'alcool, puis avec une sol. faible de carbonate de potasse pour enlever le chlore. Mettez-le en contact avec du chlorure de calcium sec pendant 24 h. et distillez-le à une douce chaleur. On sépare les derniers produits pour joindre à une opération ultérieure. — Le chloroforme pur a une od. suave, éthérée; D = 1,48 ; bout à -f- 60°,8. Il se mêle en toutes prop. avec l'éther, l'alcool, les huiles fixes et volatiles ; très-peu sol. dans l'eau (1/100). Il dissout l'iode, le brome, le camphre, les graisses, la cire, les résines, le caoutchouc et la gutta-percha. Il s'altère à l'air et à la lumière et devient acide; il faut donc le conserver dans des flacons noirs et le moins possible en vidange.
Act. phys. — Appliqué extérieurement en topique, le chloroforme est irritant et même caustique; mélangé d'eau, il est rubéfiant; pur, si son contact se prolonge un peu, il peut produire la vésication. Ingéré en présence d'une grande q. d'eau, il produit également, par son contact, une vive sensation de chaleur, puis une action sédative et anesthésique locale, en même temps qu'une excitation générale qui se traduit par un accroissement de la circulation. Si la dose est forte, il en résulte des effets d'ébriété et de stupeur, analogues à ceux qu'on observe après les inhalations. — Aspiré par le poumon, il produit d'abord une impression désagréable éphémère, puis sensation de chaleur à la poitrine, bourdonnements d'oreilles, frémissements et engourdissement du corps, avec délire bruyant ; enfin sommeil calme ou agité et coma. La respiration et la circulation se ralentissent, les sens s'oblitèrent. — 2 à 4 gr. de chloroforme et 2 minutes d'inhalations suffisent d'ordinaire pour produire l'anesthésie chirurgicale. (Gubler.)
Ferrand, Aide-mémoire. 11
CHLOROFORME
L'action du chloroforme est double ; il altère le système nerveux au point de compromettre les fonctions de la vie animale, et produit une véritable asphyxie en suspendant l'action de l'oxygène sur le sang. La mort, qui arrive parfois pendant les inhalations ou à court délai, est surtout le résultat du premier de ces deux effets.
Les inhalations se font avec la plus grande facilité : un mouchoir roulé en cornet, une éponge creuse, imbibés et placés devant la bouche et le nez, suffisent.
Les secours à donner, quand il se produit une syncope inquiétante, sont : placer le sujet la tête plus basse que les pieds, insufflations d'air de bouche à bouche, avec pressions méthodiques sur la poitrine, imitant les mouvements respiratoires; mettre sous le nez avec précaution un flacon d'ammoniaque; ouvrir les fenêtres, fouetter le malade, le frictionner avec une brosse; sinapismes, insufflation d'oxygène pur, cautérisations au fer rouge dans les espaces intercostaux inférieurs; électrisation.
Les emplois du chloroforme sont nombreux : 1 à 2 gr. en potion, avec addition d'alcool comme dissolvant, ou de gomme, d'huile pour le suspendre et masquer sa sav. brûlante; = gastralgie , coliques , coliques hépatiques ; en pommades et liniments, comme anesthésique local, etc.
iidiiwiiuuiiiiiihiiiiiuiiiiuiiiiuuuitiuyjiiiiinimHiiiiHutiui Fig. 30. — Appareil pour la recherche du chloroforme.
CHLOROFORME
Toxic. — Il est parfois nécessaire, après la mort, de démontrer la présence du chloroforme dans le sang ou les organes. C'est spécialement dans le cerveau et le foie qu'il convient de le chercher ; souvent ils ont une odeur de chloroforme très-appréciable. On coupe les organes par morceaux, on les réduit avec Q. S. d'eau en une bouillie claire, liquide, qu'on introduit dans un ballon muni d'un bouchon traversé par deux tubes (fig. 30). L'un d'eux communique avec un tube de porcelaine vernissé intérieurement, et l'on a soin d'introduire dans ce petit tube une boule de coton cardé destinée à retenir les substances et les liquides que Tair pourrait entraîner. Le tube de porcelaine est placé dans un fourneau à réverbère et se continue par un tube à boules de Liebig contenant une sol. d'azotate d'argent au 1/20, acidulée par l'ac. azotique. Le ballon est chauffé au B.-M. à -f- 40°. — Avant de chauffer le fourneau à réverbère, le liq. du ballon étant à 40°, on souffle comme l'indique la figure à travers l'appareil pendant 7 à 8 minutes. Si le nitrate d'argent ne s'est pas troublé, on porte au rouge le tube, et l'on recommence à souffler ; s'il y a du chloroforme, il ne tarde pas à se précipiter du chlorure d'argent. Ce sel, recueilli, est reconnu par ses caractères : sol. dans l'ammoniaque, se colore à la lumière, insoluble dans Vac. azotique bouillant. (Tardieu et Roussin.)
Fais, et mél. — Peut contenir : alcool, esprit de bois : sa densité est diminuée ; il donne avec l'huile un mélange laiteux ; quelques centigr. de binitro sulfure de fer, agités avec lui, le colorent, de même que la fuchsine; ces deux corps sont insol. dans le chloroforme (Roussin) ; le binitrosulfure de fer décèle aussi l'éther ; chlore : il précipite le nitrate d'argent , acide chlorhydrique et composés chlorés : même réactif ; substances non volatiles : elles restent en résidu quand on abandonne le chlorof. à Tévaporation.
Pommade au chloroforme.
Pr. Chloroforme 20
Cire blanche 10
Axonge 90
F. fondre l'axonge et la cire au B.-M. dans un flacon à l'émeri à large ouverture; laissez en partie refroidir; ajoutez le chloroforme, agitez vivement jusqu'à refroidissement. (God.) Liniment au chloroforme.
Pr. Huile d'amandes douces . 90
Chloroforme 10
M. (Cod.) Linimentum chloroformî. (Brit. Pharm.) Pr. Chloroforme 84,48
Liniment de camphre .
(Br. Ph.) 51,88
Eau chloroformisée.
Pr. Chloroforme pur. 0,5 (20 gouttes).
Eau distill. . 100
Faites dissoudre par une forte et longue agitation. On obtient ainsi un soluté transparent d'une saveur tout à la fois sucrée , menthée et éthérée , qui sera trouvée fort agréable. Une cuillerée con-
tient 4 gouttes ou 1 décig. de chloroforme. En ajoutant à ce soluté des sirops appropriés, on forme des potions aussi variées qu'il y a d'indications à remplir dans les limites de la médication chloroformique. L'eau chloroformisée peut aussi être employée à l'extérieur en lotions, embrocations, etc. Pour l'usage externe, on peut employer de l'eau chloroformisée saturée, c'est-à-dire contenant, ainsi que nous l'avons démontré, 1/100 de son poids de chloroforme. On peut même en mettre un excès. (Dorv.)
Eau de chloroforme ou chloroformique.
Pr. Chloroforme 2
Alcool 16
Eau ordinaire 300
Boisson sucrée agréable; utile contre certaines névroses pour calmer l'irritation nerveuse, etc. (Bouchut.) Sirop de chloroforme.
Pr. Chloroforme pur 10
Sirop simple . 1000
Agitez fortement. 100 contiennent 1 de chloroforme et la cuill. 0,2. (Dorv.)