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CUIVRE

Epuisez par l'eau froide, Duis à plusieurs reprises par l'alcool à 80°. La liq. alcoolique distillée laisse un résidu que l'on traite par l'eau et qu'on reprend par l'alcool après l'addition de 1/16 de chaux hydratée. La liq. filtrée et concentrée laisse déposer le cubébin; on le lave à l'éther et on le purifie par plusieurs solutions dans l'alcool.

Dragées de cubébine de Labélonye.

Pr. Cubébine 250

Poudre de réglisse Q. S.

Mucilage adrag 30

F. des pil. ovoïdes contenant chacune 5 décig. de cubébine, et mettez ensuite en dragées. (Jourd.)

Cubébin.

Pr. Cubèbe gross1 pulv. ... Q. V.

CUIVRE.. Vénus; Cuprum. = Cu.

Métal d'un rouge particulier; D = 8,9. Sans usage direct en médecine.

Act. phys. — Le cuivre ingéré ne manifeste sa présence que lorsque les acides de l'estomac l'ont transformé en sel et transporté dans l'économie. Alors il peut en résulter des accidents toxiques.

Chim. — - Il est dissous par l'ac. azotique, par l'ac. sulfurique bouillant avec dég*. d'ac. sulfureux; inaltaqué par l'ac. chlorhydr. bouillant à l'abri de l'air. — Le protoxyde de cuivre (Cu20) est rouge, et son hydrate jaune ; le bioxyde (GuO) est noir, et son hydrate bleu. Les sels ordinaires sont à base de bioxyde ; ceux qui sont solubles donnent des solutions bleues ou vertes avec réaction acide. — Ils se décomposent à la chaleur rouge; le sulfate résiste plus longtemps que les autres sels. — Au chalumeau, sur le charbon, avec carbonate de soude et dans la flamme intérieure, ils donnent des grains de cuivre métallique ; avec le borax ou le sel de phospore, dans la flamme extérieure, perles vertes ; avec le borax, dans la flamme intérieure, perle rouge opaque.

Ils sont précipités : par la potasse, en bleu clair : hydrate d'oxyde, insoluble dans un excès, se transformant par l'ébullition en oxyde noir ; par Y ammoniaque, en vert bleuâtre : sous-sel so lubie dans un excès, avec coloration bleue intense; parle carbonate de potasse ou de soude, en bleuverdâtre : sous-carbonate insoluble dans un excès ; par le carbonate d'ammoniaque, de même, soluble dans un excès avec coloration bleue; yavYhydrog. suif, et le sulfhydr. d'ammoniaque, en noir, même dans les liqueurs acides : sulfure de cuivre (CuS), soluble dans le cyanure de potassium et l'acide nitrique ; par le ferrocyanure de potassium, en brun marron : ferrocyanure de cuivre (2FeCy,4CuCy), insoluble dans les acides dilués, décomposable par la potasse ; par une lame de fer décapé, en rouge : cuivre métallique .

La présence des mat. organiques, de l'acide tartrique par exemple, modifie quelques-unes de ces réactions, mais non celle de l'ammoniaque ou du ferrocyanure. Une dissolution de sulfate de cuivre bouillie avec potasse et sucre dépose un précipité jaune d'hydrate de protoxyde.

Toxic. — Les empoisonnements par les préparations de cuivre sont assez fréquents ; les symptômes de l'empoisonnement aigu sont les suivants : vomissements verdâtres abondants, coliques, déjections alvines répétées ; cardialgie ; bouche pâteuse, avec saveur persistante de cuivre ; puis abattement, céphalalgie, ictère ; urines supprimées, ventre douloureux, ballonné ; sueurs froides, vertiges, syncope, mort. Cette terminaison peut avoir lieu en

230 curare

quelques heures. — Cependant on obtient souvent la guérison à l'aide de contre-poisons opportuns. — La forme lente résulte d'absorption graduelle de poussières de cuivre, par les ouvriers qui travaillent ce métal ou ses composés. Quand l'économie se trouve saturée, apparaissent des coliques, nausées, maux d'estomac ; faiblesse, douleurs des articulations ; toux, sueurs nocturnes; gencives rétractées avec liseré rouge-pourpre ; aspect cachectique, amaigrissement : et les malades succombent étiolés après de longues souffrances.

Contre-poisons. — Dans l'empoisonnement aigu et quand l'ingestion est récente, la limaille de fer ou de zinc peut rendre de grands services. Plus tard, l'albumine et le lait sont aussi des antidotes précieux. D'après M. Tardieu, le prussiate jaune de potasse, dont une dose considérable est sans danger, est un contre-poison chimique excellent.

Recherche du poison. — A l'autopsie, on trouve généralement le tube digestif distendu par des gaz; des lésions inflammatoires généralisées ou locales ; quelquefois une teinte bleue de la muqueuse s'avivant par l'ammoniaque, ou des parcelles de vert-de-gris.

Dessécher les mat. et organes divisés ; ajouter 1/5 d'ac. sulfurique pur et concentré ; chauffer au bain de sable, dans une capsule de porcelaine jusqu'à transformation en charbon sec et friable. Laisser refroidir, pulvériser et traiter au B.-M. par l'acide azotique concentré étendu d'eau ; filtrer au papier Berzélius et laver le résidu à épuisement. Evaporer. Calciner le résidu jusqu'à cessation de vapeurs acides ; redissoudre dans la plus petite q. d'acide azotique pur étendu ; précipiter par le gaz suif hydrique en excès ; laisser déposer ; le dépôt, lavé, est séché et dissous dans qques gouttes d'eau régale; on chasse l'excès d'acide, on ajoute un excès d'ammoniaque et l'on filtre ; la solution doit être bleue ; on l'évaporé une dernière fois et on redissout dans l'eau acidulée par l'ac. chlorhydrique. — Cette solution permettra d'obtenir toutes les réactions décrites plus haut. (Roussin.)

On a pendant un certain temps admis l'existence de cuivre normal dans nos organes. « Il paraît bien démontré que la présence de ce métal dans l'économie,, dans les qques expériences où elle a été constatée, est un fait purement accidentel ou une erreur d'analyse. » (Tardieu.)

CULILAWAN. — Voir Cannelle giroflée des Moîuques.

CUMIN. Cuminum Cyminum, L. — Ombellifères.

Petits fruits ovoïdes allongés, terminés en pointe au sommet.

— Employés comme condiment stomachique, carminatif, comme Fanis, le carvi et les autres séminoïdes d'Ombellifères.

Foudre de cumin. 1 Huile volatile de cumin.

Prép. c. la Poudre d'anis. [ Prép. c. VRuile vol. de fl. d'oranger.

CURARE. Ownm',wowrafo', woorara; substance composée dans laquelle entre, dit-on, le suc du Strych?ios toxifera, Benth.

— Strychnées.

Matière d'apparence résino-extractive, sèche, brun-noirâtre, incomplètement soluble dans l'eau, mais lui cédant ses principes toxiques, ainsi qu'à tous les liquides de l'économie acides ou

curcumà long et rond 231

alcalins; soluble dans l'alcool. — C'est évidemment un produit complexe contenant les principes solubles de div. Strychnées, et probablement du Paullinia Cururu, L., — Sapindacées. (Cl. Bernard et Preyer.)

On a pendant longtemps cherché à isoler le principe actif de ce corps sans pouvoir y parvenir. La curarine de Pelletier et Petroz, matière amorphe, n'était guère qu'un extrait alcalin mal défini. En 1865, M. Preyer est parvenu à isoler un alcaloïde cristallisé auquel il attribue la formule (Gl0H15Az) remarquable par l'absence d'oxygène. Pour l'obtenir, épuiser le curare pulvérisé par l'alcool absolu bouillant, évaporer à sec, reprendre par l'eau. Précipiter la solution aqueuse par un excès de bichlorure de mercure, laver le précipité, le délayer dans une petite quantité d'eau et le décomposer par un courant d'hydrogène sulfuré, filtrer; la liqueur tient en dissolution le chlorhydrate de curarine. Purifier le sel par un nouveau traitement analogue et l'évaporer sous le récipient de la machine pneumatique. Le décomposer ensuite par l'eau de baryte, agiter le tout avec du chloroforme qui laisse cristalliser la curarine. En somme, trèsdifficile à préparer : Hepp de Strasbourg n'a pu y parvenir. — Très-altérable; cristaux se résolvant en un liquide brun à l'air; se colore en bleu magnifique par l'acide sulfurique, en violet par le bichromate de potasse et l'acide sulfurique, en rouge pourpre par l'acide azotique concentré. Intensité d'action 20 f. plus considérable que le curare; très-difficilement absorbée par le tube digestif, comme le curare. (J. Regnauld.)

Act. phys. — Au contraire, son absorption se fait rapidementparle tissu cellulaire sous-cutané, par la muqueuse rectale ainsi queparles plaies et ulcérations. Parvenu dans la circulation, il paralyse les nerfs moteurs, en respectant les nerfs de la sensation et les centres nerveux; son influence paralysante sur les nerfs vaso-moteurs produit la fièvre avec tous ses caractères. (Aug. Yoisin et Henri Liouville.) Ces deux auteurs ont aussi décrit le strasbisme et l'exophthalmie. La mort a lieu par cessation de la respiration.

Doses. — 3 centigr. à 2 décigr. en solution filtrée, par méthode hypodermique. (Aug. Voisin et H. Liouville.) Gomme les échantillons de curare sont d'action très-variable, il faut employer cet agent avec une grande prudence.

CURCUMA LONG et ROND. Terra-merita; Curcuma tinctoria, Guib. — Amomacées (fig. 42).

Rhizomes originaires de Chine, jaunes à l'intérieur, em-

CYANURE FERR0S0-FERR1QUE

ployés surtout en teinture. Contiennent une huile volatile acre, de la résine et une matière colorante (curcumine) jaune, que

Fig. 42. — Curcuma: A, rond; B, oblong.

les alcalis colorent en rouge. — Excitant, stomachique, diurétique (poudre : 2 à 4 gr.). — Inusité.

Foudre de curcuma,

Prép. c. la Poudre de bistorte.

CYANURES.

Chim. — Combinaisons du cyanogène (C2Az) avec les corps simples. — Les cyanures donnent par l'azotate d'argent un précipité blanc, que la lumière n'altère pas, soluble dans l'ammoniaque et dans l'ac. azotique conc. bouillant. — Un cyanure soluble mêlé de potasse et de sulfate de fer, additionné d'acide chlorhydrique, donne du bleu de Prusse. Les cyanures, même le cyanure d'argent, traités par le sulfhydrate d'ammoniaque, se transforment en sulfocyanates ; en évaporant à sec, le résidu additionné de percblorure de fer donne du sulfocyanate ferrique rouge foncé, soluble. La plupart des cyanures, par les acides minéraux, dégagent de l'acide cyanhydrique. Le cyanure de mercure ne présente nettement les réactions précédentes qu'après qu'on a précipité le mercure.

cyanure ferroso -FERRIQUE. Bleu de Prusse; Cyanuretum ferroso-ferricum. = 3FeCy,2Fe2Cy3.

Prép. — Etendez du perchlorure de fer de 3 ou 4 vol. d'eau, précipitez par du ferro-cyanure de potassium en solution saturée à froid, en léger excès. Lavez le dépôt et séchez à l'étuve. — En fragments bleu-foncé, à cassure cuivreuse, insipides, inodores, insolubles dans l'eau, l'alcool et les acides dilués. Pour les

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