DIGITALE
Quevenne qui jusqu'à présent est seule employée. (Voir Digitaline.) Act. phys. — A dose thérapeutique, la digitale est un régulateur puissant des mouvements du cœur; le nombre des pulsations peut être rapidt diminué de moitié sous son influence, par le fait de l'atténuation progressive, puis de la suppression totale d'une pulsation sur deux. (G-ubler.) A mesure que le nombre des pulsations diminue, le pouls devient plus plein, plus fort et plus résistant. En même temps, c'est un diurétique énergique. — C'est un médicament dont il faut surveiller Faction, parce que quelques médecins paraissent avoir observé qu'elle s'accumule dans l'économie, pour produire ensuite des effets toxiques.
Doses. — Poudre : 5 à 30 centigr. Infusé : 0,50 à 1 gr. pour 125 d'eau. Extraits : 0,05 à 0,20. Teintures : 10 à 30 gouttes. Toxic. — Voir Digitaline.
Poudre de digitale.
Prenez des feuilles récemment séchées; contusez-les dans un mortier de marbre avec un pilon de bois, et secouez-les sur un tamis de crin, pour séparer les poils. Faites sécher à l'étuve, et pilez au mortier de fer, jusqu'à ce que vous ayez obtenu les 3/4 de la substance; rejetez le reste. (God.)
Il est préférable d'employer des feuilles de seconde année et indispensable de renouveler sa provision tous les ans.
(Ferrand.) Teinture de digitale.
Prép. c. la Teinture de quinquina, avec 1 p. pour 5 p. alcool à 60°.
Alcoolature de digitale.
Prép. c. Y Alcoolature d'aconit.
Teinture éthérée de digitale.
Pr. Poudre de digitale 100
Ether alcoolisé à 0,76. ... 500 Traitez par déplacement, conservez dans un flacon bien bouché. (God.)
Extrait de digitale.
Pr. Feuilles sèches de digitale . 1000 Eau dist. bouillante .... 8000 Mettez les feuilles en poudre grossière; faites infuser 12 h. dans 6000 d'eau ; exprimez, laissez déposer. Traitez le marc avec le reste de l'eau de la même manière. Concentrez au B.-M. la première infusion, ajoutez la seconde amenée à l'état sirupeux; évaporez en consist. d'extrait mou. — Rendem. : 25/100. (God.)
Extrait alcoolique de digitale.
Pr. Feuilles sèches pulv. . . . 1000
Alcool à 60° 6000
Mouillez la poudre avec Q.S. d'alcool
dans l'appareil à déplacement, fermez l'appareil et laissez 12 h. en contact. Ensuite lessivez successivement avec tout l'alcool indiqué. — Distillez e+ concentrez en extrait mou. — Rendem. : 30/100.
(God.) Sirop de digitale.
Pr. Teinture de digitale .... 25 Sirop de sucre 1000
Prenez 100 gr. de sirop, faites-le bouillir : ajoutez la teinture, et quand le tout est ramené au poids primitif, mélangez le reste du sirop. — 20 gr. contiennent 33 millig. d'extrait alcoolique et correspondent à 0,50 de teinture.
(God.) Emplâtre d'extrait de digitale.
Prép. c. l'Emplâtre d'extrai' de ciguë, avec l'extrait alcoolique.
Cigarettes de digitale.
Prép. c. les Cigarettes de belladone.
Vin diurétique de l'Hôtel-Dieu. (Trousseau.)
Pr. Baies de genièvre 300
Feuill. sèch. de digitale . . 60
Sci]le 30
Acétate de potasse sec . . . 200 Vin blanc à 10 0/0 d'alcool. 4000
Alcool à 90° c 500
F. macérer pendant 15 jours dans le vin blanc additionné d'alcool, en agitant de temps à autre; passez avec expression. Ajoutez l'acétate et filtrez. Dose : 2 à 3 cuill. à bouche par jour. Maladie de Bright.
Liniment diurétique.
Pr. Teinture de scille 60
Teinture de digitale 60
En frictions sur l'abdomen ou sur les cuisses dans l'hydropisie. (Bouch.)
DIGITALINE 239
digitaline. Digitalina.
Prèp. — On l'obtient actuellement par le procède d'Homollo et Quevenne.
Pr. :
Feuilles de digitale en poud-e 2000
Sous-acétale de plomb liquide 500
Carbonate de soude 80
Phosphate de soude ammoniacal 40
Tannin 80
Litharge 50
Charbon animal 100
Alcool à 90° . I Q g
Eau i
Humectez avec 3 litr. d'eau dist. la poudre placée dans un appareil à déplacement. Ajoutez peu à peu de l'eau en Q. S. pour obtenir 6 lit. de liq. d'une D = 1,050 au minimum; ajoutez le sous-acétate de plomb à la solution; filtrez, ajoutez successivement le carbonate de soude, puis le phosphate de soude ammonial en solution; filtrez de nouveau et précipitez la liq. par la solution de tannin. — Recueillez le précipité sur un filtre, mêlez-le avec la litharge et le charbon animal; desséchez le mélange, et épuisez-le parl'alcool à 90° ; évaporez à siccité au B.-M.; épuisez le résidu par l'eau dist., reprenez par l'alcool, et évaporez de nouveau. Reprenez le résidu par le chloroforme, qui, évaporé, laissera la digitaline. — Masse résinoïde friable, ayant une od. particulière, neutre au tournesol, sol. en toutes prop. dans l'alcool et dans le chloroforme. — Se ramollit vers 90° ou 100°; se colore à 180° et se décompose au-dessus de 200°. Le tannin la précipite; elle prend par l'acide chorhydrique une coloration vert-émeraude . (Codex.)
La digitaline préparée avec des feuilles vieillies est sol. dans l'eau (Hepp), ainsi que celle extraite des semences (digitaline allemande, Lefort). Elle est très-peu sol. dans l'éther ; 1 centigr. suffit pour donner une amertume prononcée à 2 litres d'eau. Elle passe pour avoir une action physiologique centuple de celle de la digitale.
Act. phys. — On peut répéter ce qui a été dit de la digitale, en remarquant toutefois que 1 milligr. représente comme puissance 10 centigr. de digitale. Quelques auteurs prétendent que cette assertion est exagérée. Il est toujours nécessaire de se tenir sur ses gardes en employant cette substance. A dose toxique, elle produit rapid' des nausées, des vomissements ; lenteur et irré-
240 DIGITALINE
gularitê ou fréquence et faiblesse du pouls; sueur froide, refroidissement, syncopes, étourdissements, troubles de la vue, délire, stupeur, convulsions; la mort peut s'ensuivre. — Ses usages sont nombreux, comme ceux de la digitale : palpitations, affections du cœur, affections fébriles, hydropisies, goutte, gravelle; pneumonie, asthme, rhumatismes; delirium tremens. La digitaline s'emploie habituellement sous forme de granules de 1 miligr. : 1, 2 à 6 par jour progressivement.
Toxic. — On peut dire que l'autopsie ne donne aucune indication de nature à mettre sur la voie du poison, caries lésions sont nulles ou presque nulles dans toute l'étendue du tube digestif ; à peine si l'on rencontre parfois quelques points congestionnés et qques suffisions sanguines. — La recherche du poison offre aussi de grandes difficultés, la digitaline n'ayant pas de réaction spéciale et ne se prêtant pas à la dialyse ; en outre, elle se détruit aisément sous l'influence de la fermentation qui s'empare du milieu où elle se trouve répandue. Il faut, d'après M. Roussin, chercher à obtenir un extrait des organes et des mat. suspectes, propre à reproduire sur les animaux les phénomènes physiologiques qui ont précédé et amené la mort, sans se préoccuper d'isoler la digitaline, ce qui paraît impossible. On commencera donc par examiner avec soin le tube digestif et par recueillir toute parcelle de nature douteuse, pouvant être le poison lui-même ou le contenir. Ensuite le tout étant réduit en petits fragments, sera mis en contact avec de l'alcool pur à 95° et chauffé au B.-M. à -f- 30°. Après 24 heures de digestion, on filtre sur un papier Berzélius, et l'on épuise les matières par de nouvel alcool à 95°. Les liq. alcooliques, réunies, sont filtrées, évaporées doucement au B.-M. tiède en consistance d'extrait mou. Celui-ci est au besoin repris par l'alcool à 95° et évapoié de nouveau.
L'extrait obtenu est propre aux expériences physiologiques. Celles-ci sont pratiquées au moyen d'injections sous-cutanées parla seringue dePravaz. On agit sur des animaux divers, grenouilles et chiens, successivement, quand les premiers essais ont mis sur la voie du poison : on contrôle les effets produits en opérant sur d'autres animaux avec des solutions faibles de digitaline pure. — La mort arrive ordinairement en moins d'une heure, et si l'on ouvre peu d'heures après le sujet, on trouve les deux ventricules contractés et les deux oreillettes dilatées ; le cœur est envahi par la rigidité cadavérique beaucoup plus rapid1 que par tout autre genre de mort : ce qui s'explique par ce fait que la digitale est un poison spécial du cœur qu'elle paralyse, en sorte que l'animal meurt par suspension delà circulation. (Roussin.)
Antidotes. — Les antidotes delà digitale et de la digitaline sont d'abord le tannin et ses congénères, puis les alcooliques, les aromatiques; les stimulants diff us'ibles.
Fais, etmél. — Il est assez difficile, en dehors de ses propriétés physiologiques, de donner des indications certaines pour s'assurer de la pureté de la digitaline. Ses caractères de solubilité sont variables ; on peut seulement essayer si elle contient du tannin, dont elle n'aurait pas été entièrement privée, au moyen des persels de fer.
EAU
Granules de digitaline.
Pr. Digitaline 0,10
Sucre de lait pulv 4
Gomme arabique pulv. . . 0,90 Sirop de miel Q. S.
Triturez longtemps la digitaline dans
un mortier de porcelaine, avec le sucre de lait que vous ajouterez peu à peu, mêlez la gomme, puis le sirop, et f. une masse bien homogène. Divisez en 100 granules argentés, contenant chacun 1 milligramme. (God.)
DOUCE- AMÈRE. Solanum Dulcamara, L. — Solanacées.
On emploie la tige (que l'on délivre coupée et fendue dans sa longueur), peu odorante, à saveur d'abord douce, puis amère. — Elle contient un glucoside cristallisable, la solanine, plus un extrait amer et sucré (picroglycion de Pfaff, qui pourrait n'être qu'un mélange de solanine et d'une matière sucrée).
On attribue à la douce-amèredes propriétés dépuratives, sudorifiques et diurétiques. A haute dose, elle est un peu narcotique. Ses baies fades et nauséeuses sont inertes. — Décodé : 20 : 1000.
Sirop de douce-amère.
Prép. c. le Sirop de mousse de Corse.
Extrait de douce-amère.
Prép. c. l'Extrait de gentiane. — Rendem. : 16/100.
DRAGEES.
Leur préparation appartient plus au domaine de la confiserie qu'à celui de la pharmacie. Le but qu'on se propose naturellement est, soit de masquer le goût désagréable du médicament qui forme le noyau, soit de soustraire celui-ci à l'action de l'air ou de l'humidité. Le médicament à dragéifier est mis d'abord sous forme de pilules ou d'olives, puis humecté d'une solution de gomme, et recouvert de sucre en poudre. L'agitation que l'on donne à la masse, dans une bassine à fond sphérique, étend uniformément la couche protectrice ; on fait un second et un troisième enrobage, s'il est nécessaire.
Les granules et granuloïdes se préparent dans l'industrie avec de la nonpareille qu'on arrose de solutions médicamenteuses concentrées; on agite bien, et l'on fait sécher; on renouvelle l'opération jusqu'à ce que toute la liqueur soit employée; mais ce procédé est vicieux et l'on doit y renoncer.
EAU. Aqua. s= HO.
Nous n'avons pas à considérer ce corps dans ses divers états et au point de vue chimique, mais seulement dans ses usages pharmaceutiques.
Ferrand, Aide-mémoire. 14
EAU
Pour toutes les préparations où l'eau intervient, quand il n'est pas nécessaire d'employer l'eau distillée (infusés, décoctés, sirops), on doit toujours prendre l'eau potable filtrée : nous devons donc indiquer les caractères de l'eau potable, et ceux de l'eau impropre à l'alimentation.
L'eau potable est ordinairement empruntée aux sources naturelles et aux cours d'eau ; dans quelques contrées, on utilise aussi les eaux pluviales, recueillies dans des citernes. Elle doit être limpide, sans odeur ni saveur, ne pas se troubler par l'ébullition, laisser un résidu très-faible après l'évaporation (0 gr. 15 à 0,40 par litre) et former dans l'eau de savon un précipité peu abondant. Hydrotimétrie. — MM. Boutron et Boudet ont institué une méthode qui permet de doser très approximativement la quantité
de sels terreux contenue dans une eau donnée. On fait une dissolution hydro- alcoolique de savon (savon, 100; alcool à 90°, 1600; eau dist., 1000) que l'on titre exactement avec une dissolution de 0,25
Fig. 43. —Burette. Fig. 44. — Flacon à l'émeri.
de chlorure de calcium fondu dans 1 litre d'eau. Cet essai est fait au moyen d'une burette (fig. 43) et d'un flacon à l'émeri d'environ 60 c. c. de capacité, et gradué à 10, 20, 30 et 40 c. c. (fig. 44). La burette est graduée de manière que 23 di-