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ESPÈCES

Mélanges de substances végétales, incisées ou concassées, destinés à faire des infusés, des décoctés, des fumigations, des sachets; usage interne ou externe. Les règles qu'on doit suivre dans leur composition sont de deux sortes : 1° réunir les substances compatibles, d'une action analogue et tendant à un même but; 2° choisir les substances de même nature ; feuilles, fleurs, racines, résines, etc. de manière que l'ensemble ait des propriétés physiques semblables; alors, un traitement par l'eau, sous forme d'infusion, de décoction, de macération, épuise également toutes les parties, et l'application de la chaleur sèche leur fait subir les mêmes altérations.

ESTRAGON. Artemisia Dracunculus, L. — Synanthérées.

Plante uniquement employée comme condiment. On pourrait l'utiliser en thérapeutique comme stimulant, excitant, stomachique, etc.

ÉTAIN. Stannum; Jupiter; = Sn.

Ghim. — Métal blanc, mou, fusible à 230°, D == 7, 3. L'acide chlorhyd. le dissout à chaud, produit du protochlorure, avec dégagement d'hydrogène. L'ac. nitrique le transforme en bioxyde sans le dissoudre, l'eau régale le dissout à l'état de bichlorure ; l'ac. sulfurique concentré, bouillant, le transforme en sulfate de bioxyde, avec dég1 d'ac. sulfureux et dépôt de soufre. — Leprotoxyde d'étain (SnO) est brun noir; son hydrate est blanc; H est converti en bioxyde (SnO2) par la calcination. — Les sol. des sels d'étain sont incolores; elles rougissent le tournesol. Ils sont dccomp. à la chaleur rouge ; au chalumeau, avec carbonate de soude et borax, ou carbonate de soude et cyanure de potassium, ils donnent des globules métalliques, sans production d'enduit sur le charbon. (Caractéristique;.

Les sels de protoxyde ou au minimum sont précipités par la potasse ; le précip. est sol. dans un excès de réactif. L'ammoniaque et les carbonates alcalins donnent un précip. non sol. dans un excès. — L'ydrogène sulfuré donne un précipité brun de protosulfure (SnS) sol. dans la potasse, les persulfures alcalins , l'acide chlorhydrique bouillant. — Les sels de protoxyde d'étain réduisent les sels de fer, de cuivre et de mercure et les ramènent à l'état de sels de protoxyde ; les sels de mercure peuvent être réduits à l'état métallique. Les dissolutions d'or donnent un précipité d'or métallique (Pourpre de Cassius) caractéristique.

Les sels de bioxyde ou au maximum donnent, par la potasse, l'ammoniaque ou les carbonates alcalins, un précipité d'hydrate de bioxyde, sol. dans un excès de potasse, moins sol. dans l'ammoniaque, moins encore dans les carbonates; ce précip. se dissout aisément dans les acides ; calciné, il n'est plus sol. ni dans les alcalis, ni dans les acides. — L'hydrogène sulfuré précipite les sol. de sel d'étain au maximum neutres ou acides, mais non alcalines en jaune (SnS2) peu sol. dans l'ammoniaque, sol. dans la potasse,

les sulfures alcalins, l'acide chlorhyd. bouillant. — Le sulfhydrale d'ammoniaque donne le même précipité, sol. dans un excès de réactif. — Le zinc précipite les sol. d'étain au minimum, et au maximum exemptes d'acide azotique, sous forme d'une masse grise spongieuse d'étain métallique.

Act. phys. — Il n'a reçu qu'une seule application, sous forme de poudre, contre le ver solitaire (5 à 20 et 30 gr. : il est probable que son action est due à la petite quantité de sel qui se forme en présence des liquides gastriques. Inusité.

Toxic. — L'étain métallique est inoffensif, mais les chlorures sont caustiques, irritants, toxiques. On pourrait donc avoir à rechercher l'étain dans une expertise légale. Dès qu'on a pu reconnaître par un essai préalable , ou par les indications données, qu'on a affaire à un sel d'étain, on fera calciner les matières soit seules, soit en présence d'un acide (nitrique, sulfurique.) Le résidu sera repris par l'eau régale, et la sol. précipitée par l'hyd. suif. ; le précipité de sulfure donnera, par l'eau régale, une sol. propre aux essais.

Mél. et Fais. — Traiter l'étain par l'ac. azotique; il sera transformé en bioxyde pulvérulent. La liq. surnageante ne doit pas précipiter par l'acide sulfurique (Plomb), ni bleuir par l'addition d'ammoniaque (Cuivre) ; introduite dans l'appareil de Marsh (Arsenic), elle ne doit donner que des résultats négatifs.

Limaille d'Etain.

Divisez de l'étain pur avec une grosse lime, et conservez dans des bocaux fermés.

Foudre d'Etain.

F. fondre de l'étain pur dans une cuiller de fer, et versez dans un mortier

de fer chauffé. Triturez avec un pilon un peu aplati et chaud jusqu'à refroidissement; passez la poudre au tamis de soie, et traitez le résidu comme nous venons de le dire ; conservez la poudre à l'abri de l'humidité. (God.)

ÉTHER SULFURIQUE . Ether hydrique ; oxyde d'Ethyle, JEther sulfuricus ; = C4HbO.

Prép. — Pr. :

Alcool à 85° 700

Ac. sulfurique àD= 1,84 1000

Mélangez l'acide à l'alcool peu à peu dans une terrine, laissez refroidir. Introduisez dans une cornue de verre à large tubulure que vous enterrerez dans un bain de sable jusqu'à la hauteur du liquide. Dans le bouchon de la tubulure passe la tige d'un thermomètre et un tube allant jusqu'au fond de la cornue et relié en haut par un .coude à un flacon placé sur une étagère et rempli d'alcool. Ce tube est muni d'un robinet. Le col de la cornue est relié à une allonge qui se rend dans un ballon ; celui-ci se continue par un serpentin dont le tube très-allongé porte les produits dans une pièce voisine. — Toutes les jointures étant bien lutées, poussez rapidUe liquide à l'ébullition. — A 130°, ouvrez le robinet qui permet l'arrivée de l'alcool du flacon supérieur, et

réglez-le pour que la température du liq. se maintienne entre 130 et 140°, et que le volume reste sensiblement le même. Cet alcool doit être à 95°, et on peut en faire réagir environ 15 f. le poids du mélange initial. Arrêtez l'opération quand cette quan-

Fig. 53. — Appareil pour la préparation de l'éther sulfurique.

tité est épuisée, en laissant dans la cornue un résidu égal au mélange initial (fig. 53. ).

Le produit obtenu sera mis en contact pendant 48 h. avec 12/100 d'une sol. de potasse caustique de D =1, 32, en agitant souvent ; décantez l'éther, ajoutez 6/100 d'huile d'amandes douces, et distillez dans un alambic bien sec aux 4/5, le 1/5 restant servira dans une opération subséquente. L'éther sera lavé avec 2 f. son vol. d'eau ; après repos, décantez, et laissez 36 h. en

ÊTHER SIÎLFURIQÛE 273

contact avec 1/I0de son poids d'un mélange de chlorure de calcium fondu et de chaux éteinte calcinée. Distillez au B.-M. les 9/10.

Cet éther à + 15° a une D = 0,720 (66° Bé), il renferme encore de l'alcool, mais jamais plus de 3 0/0 (Codex).

L'éther pur est incolore, très-fluide, très-mobile, d'une odeur forte et suave, d'une saveur chaude; il bout à -f- 36°; très-volatil, à la temp. ordinaire sa vapeur est plus dense que l'air ; son évaporation produit un refroidissement considérable. Il est sol. dans 10p. d'eau; se mélange à l'alcool en toutes proportions; il dissout les huiles fixes et volatiles, les résines, le camphre, le caoutchouc, des alcaloïdes, l'iode, le brome, le sublimé corrosif, les chlorures d'or et de zinc, le phosphore (1/80), le soufre (1/37) (Dorvault).

Act. phys. — Appliqué à l'extérieur sur la peau saine, il produit une sensation de froid qui devient une ardente cuisson sur les muqueuses ou dans les parties excoriées; en activant la volatilisation, on peut abaisser la temp. jusqu'à 0° et même audessous, et produire une véritable congélation avec insensibilité de la partie; il peut en résulter une eschare. —Ingéré, outre la sensation locale de chaleur et l'effet suffoquant produits , il amène une excitation cérébrale rapide, mais éphémère; à forte dose, un commencement d'anesthésie. C'est donc un stimulant diffusible, énergique, plus puissant que l'alcool.

Ethérisaiion. Absorbé sous forme d'inhalations, au moyen d'un appareil spécial, il fait tomber le sujet au bout de 7 à 8 minutes dans un état d'insensibilité complète, propre à faciliter les grandes opérations chirurgicales. Les phénomènes se succèdent de la manière suivante : 1° stimulation topique des voies respiratoires, suivie de la sédation des mêmes organes; 2° excitation générale consécutive ; 3° stupéfaction de l'ensemble des propriétés sensitives et motrices de la vie de relation; 4° torpeur des fonctions de la vie végétative, abaissement de la calorification et de l'hématose, extinction des mouvements respiratoires et paralysie du cœur (Gubler). L'éther inhalé se répand dans tout l'organisme, dans le sang, les tissus et les centres nerveux. Il chasse l'ac. carbonique du sang, et gêne l'hématose. Aussi la temp. du corps s'abaisse-t-elle de 2 à 3°. — La mort peut être la suite de l'éthérisation ; on pense aujourd'hui qu'elle est causée par une altération profonde du tissu nerveux consécutive à son envahissement par l'éther.

Usages. — A l'extérieur, comme réfrigérant, anesthétique , contre la migraine, l'érysipèle, les brûlures; pour favoriser la réduction des hernies; contre les douleurs dentaires, la surdité, etc. — A l'intérieur, contre les défaillances, la gastralgie,

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