EUPHORBE DES CANARIES
un peu suerée; bout à -|- 11°, sa flamme est bordée de vert. On ne l'emploie qu'étendu d'alcool.
Quand on fait réagir le chlore sur cet étber, sous l'influence de la lumière solaire, ce gaz lui enlève de l'hydrogène, en produisant de l'acide chlorhydrique, et se substitue peu à peu à tous les équivalents séparés, de sorte qu'on obtient à la fin du sesquichlorure de carbone (G4 Cl6). En fractionnant l'opération, on peut obtenir les divers Ethers chlorhydriques chlorés, dont l'un, Péther bichloré, a été essayé comme anesthésique local, au même titre que le chloroforme. Son peu de stabilité en a fait à peu près abandonner l'emploi.
Ether chlorhydrique alcoolisé.
Pr. Ether chlorhydrique ... j «. D v Alcool à 85» J âa F. h..
EUCALYPTUS, Eucalyptus globulus, Labillardière. — Myrtacées.
Arbre gigantesque des régions australiennes, dont les feuilles persistantes, lancéolées falciformes, sont employées depuis peu. On leur attribue des propriétés fébrifuges assez marquées ; à l'extérieur, leur infusion est utile comme topique astringent, hémostatique, stimulant local. — Elles contiennent une essence (Eucalyptol = C24H2002J d'odeur agréable , fragrante, rappelant en même temps le camphre, la lavande et le noyer. Cette essence donne aux feuilles mâchées des propriétés sialagogues. — Les émanations des forêts d'Eucalyptus paraissent avoir de bons effets dans la phthisie.
Dose : Gomme fébrifuge, 4 à 16 gr. en poudre, ou sous forme d'extrait en quantité correspondante. Essence : 5 gouttes à 2 gr. en capsules ou sur du sucre.
EUPATOIRE. Eupatoire d'Avicenne; origan des marais; Eupatorium Cannabinum, L. — Synanthérées.
Plante oubliée aujourd'hui, usitée autrefois comme stimulante, fondante, dans les obstructions, les tumeurs du scrotum. — Infusé : 20: 1000.
EUPHORBE DES CANARIES. Gomme résine de YEuphorbia canadiensis, L. — Euphorbiacées.
Larmes irrégulières, jaunâtres, friables, percées de trous coniques, divergents, qui sont l'empreinte des épines de la plante cactoïde qui produit cette résine. — Inodore; sav. brûlante, corrosive; sa poudre provoque des éternuements violents. — Cette substance n'est pas une gomme-résine (D. Cauvet), c'est une céro-résine constituée par 14 à 19 0/0 de cire qui paraît
EXTRAITS 277
identique à la cire d'abeilles, et 40 à 60 0/0 d'une résine très acre; la gomme n'y existe qu'en très faible quantité.
Act. phys. — Elle est trop violemment irritante pour être usitée à l'intérieur. Appliquée à l'extérieur, elle produit la rubéfaction, la vésication et même Pescharification : aussi la faiton entrer dans quelques préparations épispatiques, surtout pour les usages vétérinaires.
Poudre d'Euphorbe.
Prép. c. la Poudre de gomme ammoniaque.
Teinture d'Euphorbe.
Prép. c. la Teinture de Benjoin, avec 1 p. pour 5 p. alcool à 80°.
EUPHRAISE. Euphrasia officinalis, L. — Scrophulariacées. Plante lég* astringente, employée jadis en collyre; — inusité.
EXTRAITS
Les substances médicamenteuses, de nature organique, traitées par certains véhicules, leur abandonnent tout ou partie des matières solubles qu'elles contiennent; les solutions ainsi obtenues, évaporées avec ménagement, laissent un résidu plus ou moins fortement coloré, qui a reçu le nom d'Extrait. Le but qu'on recherche dans ce genre de préparation, c'est d'obtenir sous un petit volume, les parties actives des substances médicamenteuses. Les règles à suivre consistent, au point de vue des substances, dans le choix de parties saines, auxquelles on fait subir une division préalable (incision, contusion, pulvérisation), qui les rend plus perméables, plus attaquables par les liquides; au point de vue des véhicules, dans leur appropriation à la nature des éléments qui doivent être dissous, sous l'influence d'une température, variable suivant les cas. Il est clair que le véhicule doit être volatil.
L'eau, l'alcool, l'éther, le vin, l'acide acétique, ont été employés à cet effet; les trois premiers ont seuls été conservés parle Codex.
Les plantes fraîches, contusées et pressées, fournissent un suc qui contient presque la totalité de leurs composants solubles. Tl est cependant quelquefois nécessaire d'ajouter une petite quantité d'eau, quand le suc est trop visqueux ou en faible quantité.
La liqueur que l'on obtient ainsi entraîne une grande quantité de chlorophylle et d'albumine végétale, qui se séparent quand on porte à l'ébullition. C'est ce dépôt qu'on désignait sous le nom de fécule, et qu'on sépare le plus ordinairement aujourd'hui, qui explique le nom d'extraits avec fécule donné à quelques extraits actifs. Il paraît certain que la coagulation entraîne une partie des principes actifs contenus dans le suc.
Lamacération, l'infusion, la décoction, la digestion et la lixiviation sont appliquées à la préparation des extraits par l'eau (Extraits
Femiand, Aide-mémoire. 16
EXTRAITS
aqueux)] la macération et la lixiviation aux extraits par l'alcool (Extraits alcooliques); la lixiviation dans un appareil fermé aux extraits par l'éther (Extraits éthérés). Certains extraits sont obtenus par le concours de deux véhicules : alcool et eau , alcool et éther, dans le but de séparer de l'extrait les parties inactives et inutiles, ou de réunir des principes solubles dans des véhicules différents. Ainsi la substance sera traitée par l'alcool , et l'extrait alcoolique repris par l'eau qui séparera des matières résineuses, ou bien l'extrait aqueux sera repris par
Fig. 54. — Appareil Egrot pour la fabrication des extraits.
— A, Chaudière qui peut être chauffée directement sur un foyer ou bien par la vapeur. — i, Robinet de vidange de la chaudière A. — l, Niveau d'eau de la chaudière A. — B, Bain-marie ou cucurbite sphérique plongeant dans la chaudière A. — C, Tube coudé à robinet pour mettre le bain-marie B en communication avec la chaudière A. — D, Tube à robinet permettant d'introduire dans le bain-marie B, par aspiration, le liquide à distiller ou à évaporer qui est contenu dans le récipient D'. — D', Récipient contenant le liquide à distiller ou à évaporer. — e, Voyant ou lunette en verre sur la paroi du bain-marie B. — FF, Récipient ou chapiteau communiquant avec le bain-marie B par un tube droit : ce tube est à doubles parois pour éviter la condensation.
— bb, Réfrigérant. — f, Entonnoir pour introduire l'alcool qui sépal'eau froide jusqu'au fond du réfringérant. — g, Robi- rera des matières net pour vider le récipient FF. - U, Robinet pour gommeuses ; dans
d'autres cas, l'alcool et l'éther épuiseront successivement la substance et les deux extraits seront réunis.
La solution obtenue, il faut chasser le véhicule. S'agit-il de l'eau? on l'évaporera le plus rapidement possible, sans toutefois la porter à l'ébullition, en ayant recours au bain-marie. Il faut remarquer ici que lorsque le résidu arrive à consistance sirupeuse, une partie des substances solubles, par une altération profonde est devenue insoluble et doit être séparée par le filtre
vider le réfrigérant bb.
EXTRAITS
avant que l'opération ne soit menée à sa fin ; s'agit-il d'alcool ou
d'éther? l'évaporation se fera dans un alambic, au B.-M., ce qui
permettra de recueillir le véhicule, propre à une opération nouvelle.
Le plus ordinairement on arrête l'évaporation dès que l'extrait
Fig. bo. — Appareil Berjot pour évaporer les extraits dans le vide. — 1, appareil monté, 2, coupe de l'appareil. — A, chapiteau; B, cucurbite ; G, double fond pour la vapeur; D, montant pour soutenir l'appareil; E, jointure du chapiteau, et de la cucurbite; FF, tuyaux d'évacuation de la vapeur; G, tuyau pour vider le double fond; I, oculaire pour regarder dans l'appareil; J, tuyau pour introduire le liquide; K, réfrigérant; L, serpentin; M, tuyau de conduite de l'air; N, allonge du chapiteau ; O, corps de pompe pour faire le vide; P, tuyau de conduite de l'air ; Q, manomètre.
cesse d'émettre des vapeurs et de diminuer de poids (Extraits mous); dans d'autres cas on la pousse jusqu'à ce que l'extrait soit devenu tout à fait sec (Extraits secs). Pour quelques-uns, la liqueur est étendue en couche mince sur des assiettes et concen-
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trée à l'étuve à une température qui ne dépasse pas + 35° (Extraits avec fécule).
La composition des extraits est fort variable : gomme, sucre, mucilage, résine, huiles, corps gras, alcaloïdes, acides végétaux, des sels divers, peuvent s'y rencontrer. Des substances insolubles, quand elles sont pures, peuvent se trouver entraînées par le véhicule grâce aux corps qui les accompagnent; certains éléments qui n'existaient pas à l'origine, ont pris naissance pendant l'évaporation sous l'influence combinée de la chaleur et de l'oxygène de l'air.
Les extraits bien préparés sont orde d'une conservation facile en les tenant dans de petits pots bien bouchés, dans un lieu sec. Les extraits secs sont en partie insolubles dans l'eau par suite d'une altération partielle; le meilleur moyen de les dissoudre, consiste à les traiter à chaud par leur poids d'eau seulement, et à ajouter ensuite ce soluté à la masse du liquide.
Extraits dans le vide. Au point de vue de la préparation, ces extraits ne diffèrent des précédents, qu'en ce que l'évaporation du véhicule est faite dans le vide. On se sert pour cela d'appareils assez compliqués, dans lesquels l'air est chassé par de la vapeur d'eau, qui, en se condensant opère le vide initial. La disposition de l'appareil permet de l'alimenter en évitant la rentrée de l'air.
Les appareils EgrotetBerjot dont nous donnons ici les figures (fig. 54 et 55), sont de ceux qui remplissent le mieux les conditions nécessaires. — Au point de vue de l'activité, ces extraits sont bien supérieurs aux autres, et on ne doit les délivrer que sur indication spéciale ; jusqu'à présent d'ailleurs ils ne sont pas en usage.
faham, Angrœcum fragrans, Dup.-Th. — Orchidées.
En feuilles rectinerviées, coriaces, venant de l'Ile de France. Elles ont une odeur de fève tonka, et contiennent de la Coumarine (Ci8H80\ Gobley).
Leur saveur est très-agréable; on les emploie en infusé, comme calmant stomachique, antispasmodique.
FARINES
Les farines de céréales sont surtout usitées comme aliment, rarement comme médicament. Elles sont constituées par le mélange de trois substances principales : amidon (55 à 75 0/0), Gluten (7 à 14 0/0); son (quelques centièmes). On y trouve en outre
FARINES
de ia glucose, de la dextrine, des sels, de l'eau. Les farines de blé (Triticum sativum. L. — Gr.), de seigle (Sécale céréale, L. — Gr.), d'orge (Hordeum vulgare, L. — Gr.), sont employées en cataplasmes résolutifs. Celles d'avoine (Avena sativa, L.-Gr.), de maïs (Zea Maïs, L.-Gr.), de riz (Oriza sativa , L.-Gr.), en potages ou bouillons analeptiques et émollients; cette dernière s'emploie aussi à l'extérieur en cataplasmes antiphlogistiques, ou sèche, contre le prurit. La farine de lentilles (Ervum Lens. L.-Légumineuses) est aussi un analeptique usité.
des Farines. — Une farine de bonne qualité est douce, sèche, elle forme avec l'eau une pâte homogène, non collante, élastique. Si l'on met une telle farine dans un nouet, et qu'on la malaxe sous un filet d'eau, l'amidon s'échappe à travers le tissu, et il reste dans le nouet du gluten très-élastique, bien lié, et pouvant s'étaler en couches minces sur les doigts. Si la farine est avariée ou impure, il présente d'autres caractères, ce qui est un prem:er indice ; une farine pure ne laisse jamais plus de 2 0/0 de cendres. Nous allons passer en revue les caractères des divers mélanges frauduleux, et les moyens de les reconnaître.
Mélange de fécule. Si l'on délaie à plusieurs reprises une farine ainsi falsifiée avec une certaine quantité d'eau, et qu'on décante la liq. surnageante avant que le dépôt ne soit complet, on finira par séparer la plus grande partie de l'amidon du blé, qui reste dans les eanx décantées, tandis que les grains de fécule, plus lourds, gagnent d'abord le fond du vase. Les grains d'amidon, traités par une sol. de potasse caustique à 1 1/2 ou 2 0/0, éprouvent peu de changement; les grains de fécule s'étendent en grandes plaques
Fig. 56. — Amidon de blé.
Fig. 57, — Fécule.
minces] et transparentes ; la liqueur additionnée de quelques gouttes d'eau iodée, laisse voir au microscope les dimensions et les formes très-différentes des deux substances. Les grains d'amidon de blé sont sphériques lenticulaires ; ceux de fécule, 9 ou 10 fois plus gros, sont obscurément elliptiques, à
FARINES
surface bosselée, et présentent vers une extrémité, un point noir (hile) ,
entouré de stries concentriques, (fig. 56 : amidon de blé; fig. 57 : fécule.)
A la lumière polarisée, les grains de fécule présentent une belle croix noire
très-marquée, tandis que l'amidon de blé ne présente aucun phénomène appréciable (Moilessiér), (fig.
Quand h proportion de fécule ajoutée est considérable, il en résulte une diminution proportionnelle dans la quantité de gluten que contient la farine. Avec 25 0/0, la panification n'est plus possible.
Mélange de maïs ou de riz. L'amidon provenant de ces deux céréales est polyédrique (fig. 59, amidon de maïs); de plus en malaxant la farine dans un nouet pour séparer le gluten, et recueillant les parties les plus lourdes de l'amidon qui se dépose, on reconnaît au microscope les débris anguleux et translucides du périsperme. La farine de maïs
traitée par une solution très-étendue de potasse prend une teinte jaune.
Mélange de seigle. L'amidon du seigle a à peu près les dimensions et la forme de celui du blé ; il est souvent marqué au centre d'une étoile noire à 3 ou 4 rayons. Le gluten retiré du mélange, est gluant, visqueux, noirâtre, très-adhérent aux doigts.
Mélange d'orge. — Grains de deux sortes : de très petits transparents, et de plus gros circulaires, ou bosselés, ondulés, ressemblant à une noix d'acajou. L'amidon d'orge résiste plus que celui de blé à l'action de l'eau bouillante.
Mélange de légumineuses. — Le gluten n'a plus de liant, ni d'élasticité; il se divise au point qu'il peut passer au tamis. Si l'on enduit le bord intérieur d'une capsule d'une légère couche de farine, qu'on vaporise au fond de la capsule successivement quelques
Fig. 58. — Grains de fécule vus à la lainière polarisée
Amidon de maïs.