HUILE DE FOIE DE MORUE
fade laissant un arrière-goût de poisson. D == 0,927; à -f- 1 r,° elle marque 27° à l'Oléomètre de Lefebvre ; quelques gouttes versées sur une lame de verre additionnées de 1 à 2 gouttes d^ac. sulfurique concentré prennent une belle teinte carmin, tournant au cachou — Voir pour les autres réactions : Essai des huiles.
M. de Jongh a signalé parmi les corps gras qu'elle contient la Gaduine; on y trouve en outre les principes de la bile, et 0,30 à 0,327 d'iode parkilogr., du brome, du phosphore.
Act. phys. — Très-complexe. Les expériences ont établi que c'est le plus digestible des corps gras, soit que les éléments qui la composent facilitent son assimilation , soit que, comme le pense M. Gubler, les corps gras qui proviennent du foie, aient déjà subi un commencement de modification qui les rend immédiatement assimilables; en outre c'est un aliment respiratoire. Les corps gras sont le point de départ de toute formation cellulaire et des corpuscules sanguins. En somme, l'huile est plus ou moins bien supportée; qques personnes en éprouvent des nausées, des vomissements, de la diarrhée; d'autres au contraire n'en sont nullement incommodées et prennent rapidt de l'embonpoint. Il faut tenir compte aussi de l'iode, du brome, du phosphore, dont l'action peut se faire sentir à la longue.
On l'emploie aujourd'hui dans un grand nombre de maladies, et d'états cachectiques : chlorose, scrofule, tuberculose, rachitisme; dans la goutte et le rhumatisme chronique ; dans certaines affections cutanées, manifestations de la scrofule. — La dose varie de \ à plusieurs cuillerées par jour; on a reconnu qu'on pouvait la prendre sans inconvénient pour son action, et au grand avantage des malades, immédiatement avant le repas.
Les huiles de foie de Raie et de Squale, s'obtiennent de la même manière et ont des propriétés analogues.
Mêl. et fais. — L'essai de l'huile de foie de morue est difficile et incertain, nous avons indiqué ses principales réactions à l'article : Essai des huiles.
Sirop d'huile de foie de morue (Duclou).
Pr. H. de f. de morue . .
Eau
S. simple
Sucre
Gomme arab. . . .
15 à 30 gram. par jour.
Huile de f. de morue
(Jeannel).
Pr. Huile de f. de morue.
Eau de laurier cerise .
Agitez, laissez déposer,
désinfectée
décantez.
Huile de f. de morue ferrée.
Pr. Huile de foie de morue | „.,„
Eau distillée ( aa 250
Carbonate de soude pulv. 14 Sulfate de fer cri st. . . . 15 Mêlez. Agitez de temps en temps pendant huit jours. Filtrez sur un papier mouillé. — Elle contient 1 pour 100 de sesquioxyde de fer, mais rancit facilement. (Jeanne!.)
On peut la préparer aussi par simple solution du benzoate de fer.
HUILES VOLATILES 3?7
HUILE D'OLIVE. Extraite du péricarpe du fruit de YOlea europœa, L. — Oléinées.
Elle est fournie par le commerce. — Jaune, sans odeur; saveur agréable. D = 0,9192 à -f- 12°; se soldifie entre -f- 6° et 8°. Elle rancit difficilement, ce qui la fait préférer pour les usages pharmaceutiques .
Elle est à peu près inusitée comme médicament interne. Elle ne jouit d'ailleurs que de propriétés adoucissantes, comme la plupart des huiles comestibles.
Mél. et fais. — Additionnée d'huille d'œilette \ fait le chapelet après agitation, ce qui n'a pas lieu quand elle est pure ; se soldifie beaucoup audessous de son point de congélation; (Voir aussi Essai des huiles.) Avec huile d'arachide, il faut recourir au réactif Poutet .-faire diss. 12 gr. mercure dans 15 gr. ac. azotique à 38°; ajouter 8 gr. de ce réactif à 90 gr. d'huile à essayer; agiter toutes les 5 minutes pendant qques heures. Le mélange doit devenir consistant, homogène, à surface unie ; s'il n'en est pas ainsi, i' y a mélange frauduleux. — Il faut toujours opérer comparativement avec de l'huile d'origine certaine. Pour les autres huiles mélangées, voir Essai des huiles.
HUILE DE PALME. Extraite du sarcocarpe du fruit del'Elœis Guineensis, Jacq. — Palmiers.
Elle vient d'Afrique. Solide, jaune orangée, à saveur doucp, parfumée,* fond à -|- 29«, sol. dans l'alcool à 40°, à froid; d'avantage à chaud, mais une partie se précipite par le refroidissement; sol. en toute proportion dans l'éther. Contient environ les 2/3 de son poids d'acide palmitique = C32H320*.
On l'emploie dans l'industrie à la fabrication des bougies ; elle est inusitée en médecine.
huiles VOLATILES. H. Essentielles; essences.
Substances généralement de consistance et d'apparence huileuse, qui préexistent, ou prennent naissance sous certaines influences, dans les tissus végétaux. Elles se distinguent des huiles proprement dites par leur volatilité : la tache qu'elles font sur le papier n'est pas persistante.
Quand elles sont toutes formées, elles occupent des utricules, des glandes ou des vaisseaux particuliers dans le tissu des plantes ; les autres prennent naissance sous l'influence de l'eau par la réaction de principes immédiats préexistants. (Essences d'amandes amères, de laurier-cerise, de moutarde, de raifort, etc).
La plupart sont liquides à la température ordinaire et incolores; cependant il existe qques exceptions : le camphre est solide;
HUILES VOLATILES
les essences de rose et d'anis sont solides en hiver; l'essence de camomille est bleue, celle d'absinthe est verte, celle de girofle : jaune, etc.; ces colorations ne sont pas propres aux essences, mais appartiennent à des corps tenus en dissolution. Leur composition est très-variable : 1° Elles sont constituées uniquement par de l'hydrogène et du carbone : Essences hydrocarbonées; 2° A ces deux éléments vient se joindre l'oxygène : Essences oxygénées ; 3° Elles contiennent en outre de l'azote et du soufre (Crucifères) : Essences sulfurées. Cette classification est toute arbitraire, car la classe des oxygénées renferme des alcools, des aldéhydes, des hydrures, des acides, de véritables éthers, etc.
Fig. 71. — Récipient florentin.
Fig. 72. Récipient florentin modifié par Amblard
La division en essences liquides ou Elœoptènes et essences solides ou stéaroptènes n'a aucune valeur, et est maintenant oubliée.
Elles sont légt solubles dans l'eau ; l'accool fort, l'éther, les huiles grasses, l'essence de térébenthine, l'acide acétique les dissolvent bien généralement. L'acide azotique les oxyde, quelquefois avec explosion.
Leur préparation se lie intimement à celle des eaux distillées aromatiques. Elles distillent avec elles et s'en séparent peu à peu pour venir surnager ou se précipiter au fond du récipient. Il s'agit donc simplement de les séparer de la liqueur aqueuse. On a imaginé pour faciliter cette opération divers appareils.
Récipient Florentin (fig. 71). — Ce récipient s'applique aux huiles essentielles plus légères que l'eau. L'eau distillée est reçue
HUILES VOLATILES
dans cet appareil dont le tube se recourbe avant d'arriver au niveau du col. L'essence se rassemble dans le col, tandis que l'eau prise à la partie inférieure, alors que l'essence s'en est séparée, s'écoule par le bec. M. Amblard a indiqué une modification utile quand on ne doit recueillir qu'une faible quantité d'essence : un tube large de 1 à 2 centimètres, effilé à l'extrémité inférieure est fixé au moyen d'un bouchon dans le col du récipient (fig. 72), toute l'essence s'y rassemble. A la fin de l'opération, on enlève le tube en le fermant au moyen du pouce, el l'on reçoit son contenu dans un flacon. MM. Desmarest et Mero
Fig. 73. Récipient florentin modifié par Desmarest et Mero.
Fig. 74. Appareil pour les essences plus lourdes que l'eau.
ont encore indiqué des modifications qui permettent de recueillir simultanément l'eau et l'essence dans une fabrification continue (fig. 73). Le récipient Florentin est maintenant une éprouvette munie de deux tubes latéraux : l'un prenant naissance à la partie inférieure pour remonter latéralement et se recourber en bec; l'autre prenant naissance du côté opposé un peu au dessus de la hauteur à laquelle atteint le bec du premier tube. Sur Téprouvette est placé un petit entonnoir à douille recourbée vert le haut. L'eau distillée s'écoule comme dans le récipient ordinaire, l'essence se rassemble à la partie supérieure et se déverse quand le niveau est assez élevé par le tube b latéral. Le tube c étant en étain peut être recourbé à volonté de manière à obtenir un écoulement régulier par les deux tubes, A la
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tin de l'opération, pour séparer toute l'essence, on bouche momentanément le tube e; le niveau s'élève alors dans l'éprouvette.
Pour obtenir les essences plus lourdes que l'eau, on fait arriver l'eau à mesure qu'elle distille, au moyen d'un entonnoir à long bec jusqu'au fond d'une éprouvette munie d'un tube latéral à la partie supérieure (fig. 74). Le jeu de cet appareil se comprend de lui-même. (Ferrand.)
On obtient aussi certaines huiles essentielles par expression. Ce procédé ne s'applique qu'aux écorces des fruits d'Aurantiacées. On râpe toute la partie jaune ou zeste où se trouvent les cellules remplies d'essence, et l'on met à la presse dans un sac de crin. Le liquide qui sécoule se sépare en deux couches, l'une aqueuse inférieure qu'on sépare, l'autre supérieure constituée par l'essence qu'on laisse reposer et qu'on filtre sur un peu de coton cardé.
On rectifie les essences au B. de sable, soit seules, soit additionnées de volume égal d'eau. On recueille le produit tant qu'il passe incolore.
On les conserve dans des flacons bien bouchés, pour éviter leur oxydation par l'air, et dans des lieux obscurs ou des flacons noirs, parce que la lumière les colore. — L'air chargé de vapeurs d'essences est délétère; de plus, il peut constituer un mélange détonnant.
Fais, et mél. — On les additionne d'alcool : agitées avec de l'eau, celleci prend une apparence laiteuse. Chauffées dans un tube fermé avec du chlorure de calcium bien sec, celui-ci devient pâteux ou se dissout suivant la quantité d'alcool contenue dans le mélange. — Les essences de labiées sont souvent additionnées d'essence de térébenthine; celle-ci a la propriété de dissoudre facilement l'huile d'œillelte. On mélange dans un tube 3 gr. d'huile d'œillette et 3 gr. d'essence à essayer, on agite. Le tout reste limpide quand il y a addition d'essence de térébenthine, et devient laiteux quand l'essence est pure. Cet essai s'applique aux essences de marjolaine, lavande, aspic, sauge, absinthe et menthe poivrée. — L'addition d'huile fixe autre que l'huile de ricin rend le mélange incomplètement soluble dans l'alcool à 90°, d'ailleurs un tel mélange tache le papier d'une manière permanente.
HYDROCOTYLE asiatique. Bévilacque, Hydrocotyle asiatica, L. — Ombellifères.
Cette plante croît aux Indes, à Ceylan, dans l'Afrique méridionale. M. Lépine en a retiré, entre autres principes, une huile épaisse, jaune pâle (vellarine) sol. dans l'alcool, à odeur forte; saveur amère, persistante; volatile en partie à -f- 100°, altérable par lachaleur, l'air et l'humidité. La racine en contient davantage que les feuilles.
ÏÏYP0CHL0R1TE DE CHAUX
Act. phys. — C'est un poison narcotico-âcre analogue aux Ciguës, et dont il faut surveiller l'emploi. On l'a préconisé presque comme un spécifique de certaines affections cutanées, dérivant d'une diathèse syphilitique ou scrofuleuse. Ces propriétés sont discutées, et le médicament nouveau a déjà beaucoup perdu de sa vogue. — Infusé de racine : 10 : 1000 : Extrait hydro-alcoolique : 1 0 a 25 millligr.
Sirop d'hydrocotyle (Lépine).
Pr. Extr. alcool, d'hydrocotyle. 2
Sucre candi 670
Eau distillée 330
Triturez l'extrait avec le sucre, ajoutez l'eau peu à peu et F. S. A. 1000 de sirop qui contiendront 5 centigr. d'extrait par cuill. à bouche. (Bouch.)
HYPOCHLORITE DE CHAUX. Chlorure de chaux sec : Chlorure d'oxyde de calcium; Hypochloris calcicus; = CaO,C10.
Prép. — Elle se fait en grand pour les arts. On fait arriver dans des chambres fermées un courant de chlore sur de la chaux éteinte jusqu'à saturation. M. Dusart a imaginé un procédé de préparation du chlore, propre à cette opération, encore inédit, qui repose sur la propriété de l'oxygène de déplacer le chlore du perchlorure de fer au rouge sombre : on introduit dans un tube de porcelaine des fragments de pierre ponce recouverts de peroxyde de fer légèrement humecté. On fait passer simultanément de l'oxygène ou de l'air et un courant d'acide chlorhydrique gazeux : on chauffe au rouge sombre; il se produit un dégagement constant de chlore mêlé d'azote, ce qui ne gêne en rien la préparation de l'hypochlorite.
C'est une poudreblanche, à forte odeur de chlore, à saveur acre, piquante, avide d'humidité et incomplètement soluble dans l'eau.
Act. phys. — A l'état solide, il n'est employé que comme désinfectant : en dissolution, il agit comme caustique et antiseptique. 11 détruit les poisons organiques en les décomposant. On ne l'emploie guère qu'à l'extérieur pour le pansement des ulcères fétides, des plaies gangreneuses ou d'origine virulente; on le met sec ou en solution dans des assiettes pour désinfecter les chambres des malades; on le fait respirer en inhalations aux personnes asphyxiées par l'hydrogène sulfuré ou les gaz méphitiques. A l'intérieur, on l'adonné à la dose de 5 à 25 centigrammes en potion, dans les fièvres malignes.
Chim. — Les hj/pochlorites sont sol. dans l'eau, ils détruisent les couleurs végétales et même l'indigo, surtout en présence d'un acide. Ce sont des oxydants très- énergiques, ils transforment le sulfure de plomb en sulfate. Ils dégagent de l'acide hypochloreux mélangé de chlore, sous l'influence des plus faibles acides, même de l'ac. carboniqus. — Us sont trèspeu stables.