ACIDE FLU0RHYDR1QUE
outre le cyanure, du chlorure provenant de ce que l'acide phosphorique aura décomposé des chlorures contenus dans les matières traitées ; mais on y reconnaîtra le cyanure par la méthode suivante : le précipité sera introduit dans un ballon, avec un peu d'eau, quelques copeaux de fer pur et de l'acide chlorhydrique. Après une demi-heure de réaction, on filtre la liqueur, à laquelle on ajoute une ou deux gouttes de perchlorure de fer et un léger excès de potasse caustique. II se précipite des oxydes de fer et du bleu de Prusse : l'addition d'un petit excès d'acide chlorhydrique suffit pour dissoudre les oxydes, et le bleu de Prusse persiste seul avec sa couleur caractéristique.
On peut encore, après avoir complètement desséché le précipité de cyanure d'argent, l'additionner d'iode (en quantité moindre que le poids supposé du cyanure) et introduire le tout dans un tube étroit, long de 20 centim.: une très-légère chaleur fait apparaître sur les parois du tube des aiguilles d'iodure de cyanogène. Ce tube peut être scellé et conservé ; ces aiguilles, dissoutes dans la potasse avec un peu de sel ferroso-ferrique, donneront, après l'addition d'un léger excès d'ac. chlorhydrique, la réaction déjà indiquée. (Roussin.)
On a récemment recommandé (Schœnbein) comme un réactif d'une sensibilité extraordinaire de la présence de l'ac. cyanhyd., le papier de gayac, additionné de sulfate de cuivre. La moindre trace d'ac. cyanhyd. le fait bleuir ; mais ce papier est ainsi impressionné par tant de causes diverses, qu'il ne présente pas une certitude suffisante.
Contre-poisons. — Ils sont rarement administrés à temps. — Faire vomir ; faire respirer de l'eau chlorée, du chlorure de chaux ou de soude étendu ; administrer une solution d'un mélange de protosel et de persel de fer avec addition de carbonate de soude ; affusions d'eau froide sur la tête, la nuque et la colonne vertébrale ; glace sur la tête ; sangsues derrière les oreilles ; sinapismes aux pieds.
Fais, et mélanges. — Il n'est guère falsifié. Il peut contenir de ! 'acide suif urique, du cyanure de mercure, provenant des matières qui ont servi à le préparer; leur présence serait facile à reconnaître. Le point important, c'est de constater son degré. Pour cela, on peut le transformer en cyanure d'argent. — 1 gr. de ce sel représente 0,20 d'acide médicinal. Le procédé de M. Buignet est d'une grande exactitude. (Voyez Eau de Laurier-cerise.)
Sirop d'acide cyanhydrique.
Pr. Ac. cyanhydrique méd. . 1 Sirop de sucre incolore. . 199 M. Ce sirop contient par 20 gr. 1 centig. d'ac. cyanhydrique pur, ou 10 centig. d'acide médicinal. (Cod.)
Lotion hydrocyanique. (Magendie.) Pr. Acide hydrocyaniq. méd. 4
Eau de laitue 1,000
En applications sur les dartres, les cancers ulcérés, et pour faire des injections dans les ulcères de l'utérus.
ACIDE FLUORHYDRIQUE. Acidum fluorhydricurn; acide fluorique; acide phtorique. = HF.
Prép. — S'obtient en chauffant dans un appareil en plomb 2 p. d'ac. sulfurique concentré avec 1 p. de fluorure de calcium ou spath-fluor.
Act, phys. — C'est un poison des plus irritants. Une goutte sur
la peau produit une violente inflammation et une pustule profonde. Ses vapeurs sont très-irritantes. — Inusité en pharmacie; on l'applique uniquement à la gravure sur verre.
Chim. — Liquide incolore très-acide, volatil et produisant des fumées blanches ; bout h. -\- 4 5° ; se mêle à l'eau en toute proportion. Sa propriété la plus remarquable est d'attaquer tous les silicates, insolubles dans l'acide chloryd. — Les fluorures alcalins, d'alumine, de mercure et de fer sont sol. dans l'eau. — La plupart sont indécomposables par la chaleur rouge. Les fluorures solubles neutres sont précipités par le chlorure de calcium. Le précipité est transparent et gélatineux, insoluble à froid dans les acides chlorhyd. et nitriq., et les liq. alcalines. — Un fluorure, réduit en poudre, chauffé avec l'ac. suif, concentré dans un creuset de platine, dégage des vapeurs qui attaquent le verre et le quartz. — Un fluorure chauffé avec du sable siliceux et de l'acide suif, concentré, dégage de l'acide fluosilicique (SiF2), qui fume à l'air, et se dissout dans l'eau en déposant de la silice gélatineuse.
L'acide fluor-hydrique est aujourd'hui fabriqué en grand, et s'expédie dans des vases de gutta-percha.
ACIDE FORMIQUE. Acide des fourmis; = G2H03 -|-HO.
Prép. — On prend 1 p. de fécule, 4 de peroxyde de manganèse ; on mêle, et l'on introduit dans un alambic de grande contenance; on ajoute 2 p. d'eau et l'on mêle, puis 4 p. d'ac. sulfurique étendu de 4 p. d'eau. On chauffe à + 100°. On retire de 25 à 30 p. de liq., en ayant soin de maintenir le niveau constant dans la cucnrbite par une arrivée d'eau régulière. On sature le produit par du carb,e de plomb; le sel, desséché, est décomposé par HS dans une cornue tubulée. Il se dégage de l'acide formique monohydraté.
Act. phys. — Très-corrosif; appliqué sur la peau , il produit une véritable brûlure. Son action sur l'économie peut être comparée à celle de l'acide azotique. Il est inusité en pharmacie; cependant il a été appliqué à l'extérieur, suffisamment dilué, pour accélérer la cicatrisation des ulcères chroniques.
Chim. — Liquide incolore, d'une odeur très-piquante de fourmis. Se mêle à l'eau en toute proportion; volatil; bout à -f- 100°. Sa vapeur est inflammable et brûle avec une flamme bleue. — Les formiates sont solubles. Chauffés avec ac. sulfuriq. dilué, donnent de l'ac. formique; avec ac. sulfurique concentré, donnent de l'oxyde de carbone.
Le nitrate d'argent précipite les formiates en solution concentrée ; le précip., d'abord blanc, se réduit rapid. à l'état métallique. Cette réaction se produit immédiatement à chaud. — Le nitrate de mercure donne des réactions analogues. — L'acide formique se produit en général par l'oxydation des matières organiques hydrocarbonées au moyen d'un mélange d'ac. sulfuriq. et de peroxyde de manganèse.
ACIDE IODRYDRIQUE 45
Alcoolat de fourmis composé. Eau de
magnanimité.
Pr. Fourmis rouges 720
Alcool à 82» 1080
Faire macérer 6 jours, distiller à siccité et faire infuser dans ce produit : . Cannelle 90
Cubèbes 15
Girofles 22
Zédoaire 38
Petit Cardamome .... 22 Distillez de nouveau à sicoité. (Wurt.) 4 à 8 gr. comme cordial, stomachique, diurétique. — A l'extérieur, en frictions, comme antirhumatismal. (Dorv.)
ACIDE GALLïQUE. Acidum gallicum; = C14H6CM°,2HO.
Prép. — Des noix de galle, concassées et humectées d'eau, sont abandonnées à l'air pendant un mois, fréquemment remuées et tenues constammt humides. On exprime fortement; on lave le résidu à l'eau bouillante ; on filtre. L'acide cristallise coloré; on le redissout dans S p. d'eau bouillante, en présence du charbon animal lavé? on filtre et on laisse refroidir. — Il se dépose en aiguilles soyeuses incolores. (Codex.)
Act. phys., usages et doses. — Propriétés analogues à celles du tannin, seulement moins énergiques. 11 ne précipite pas les mat. protéiques, et doit être en conséquence préféré pour l'usage interne. — Astringent assez puissant, utile contre la diathèse hémorrhagique et l'albuminurie; c'est aussi un bon diurétique, toutes les fois qu'il y a un peu d'hyperémie rénale. — 30 centigr. à 1 gr. par jour en poudre, en pilules ou en capsules.
Chim. — Soluble dans 100 p. d'eau froide et dans 3 p. d'eau bouillante; très-sol. dans l'alcool, moins dans l'éther. Il colore en bien les solutions de fer au maximum. Il ne précipite ni la gélatine ni les sels à base d'alcaloïde. Il réduit le perchlorure d'or et le nitrate d'argent. Chauffé à -f- 215°, il se dédouble en acide carbon. et en ac. pyrogallique qui se sublime.
ACIDE IODHYDRIQUE. Acidum iodhydricum; acide hydriodique. = HI.
Prép. — On obtient cet acide en dissolution en faisant passer un courant de HS dans de l'eau tenant de l'iode en suspension. Cette solution se décompose rapid* en abandonnant de l'iode.
Act. phys. — Analogue à celle des autres composés à base d"iode. Il a été conseillé en inhalations (12 à 20 gouttes pour 1 verre d'eau) contre les affections strumeuses. — Inusité.
Chim. — Gaz incolore, fumant à l'air, d'une odeur irritante, très-soluble dans l'eau. Sa dissolution saturée, soumise à l'ébullition, abandonne d'abord du gaz, puis distille à 128°; elle garde alors une densité de 1,07, jusqu'à la fin. = HI,UHO. L'acide iodhyd. dissout l'iode en se colorant en brunrouge. — Il est décomposé par le chlore et le brome qui séparent l'iode, et par le mercure et la plupart des métaux qui séparent l'hydrogène. — Il est solidifiable par le froid.
Les iodures ont beaucoup de rapport avec les chlorures et bromures,
46 ACIDE LACTIQUE
mais sont moins généralement solubles; plusieurs sont volatils. Les iodures solubles donnent avec l'azotate d'argent un précipité jaune clair, insoluble dans l'ac. azotique étendu, et presque insoluble dans l'ammon.; avec le bichlorure de mercure, un précipité rouge, soluble dans un excès de chacun des réactifs et dans l'acide chlorhydr. — L'eau chlorée, ajoutée avec précaution à une solution d'iodure , de même que l'acide azotique, dégagent l'iode de sa combinaison, et un peu d'empois d'amidon ajouté à la liq. la colore en bleu. — Les iodures, chauffés avec acide sulfuriq. et bioxyde de manganèse, dégagent des vap. violettes d'iode. — Ils précipitent en noir le nitrate ou le chlorure de palladium.
ACIDE IODIQUE. = 105,IIO.
Cité pour mémoire ; n'a guère reçu d'emploi qu'à l'état d'iodate de strychnine. — On le prépare en oxydant l'iode au moyen de l'acide azotique, ou par le chlorate de potasse et l'acide azotique. Il est en cristaux blancs nacrés, déliquescents, solubles dans l'alcool, décomposables par la chaleur. — Les iodates alcalins sont solubles ; ils donnent avec le nitrate d'argent un précipité soluble dans l'ammoniaque, insoluble dans l'acide azotique, ce qui les distingue des bromates.
ACIDE lactique. Acidum lacticum; = G6H606.
Prép.— On dissout 200 p. de lactate de chaux dans Q. S. d'eau dist. et l'on ajoute peu à peu 35 p. d'acide sulfuriq. à 1,84. On agite. Pour faciliter le dépôt du sulfate de chaux, on étend le tout d'un quart de son vol. d'alcool; on filtre la liq.; on concentre au B.-M. — On peut encore décomposer le lactate de zinc par HS, séparer le sulfure de zinc, et évaporer à consistance sirupeuse. (Codex.)
Act. phys. — Si l'on considère que l'acide lactique est un des principes constituants du suc gastrique, que sa production est une des fonctions de la membrane de l'estomac, que cette membrane, indépendamment de -l'influence vitale, mise en contact avec les matières neutres, peut continuer à les transformer en acide lactique, on concevra que le rôle physiologique de ce corps est des plus importants. Son action peut donc être très-puissante dans le traitement des dyspepsies par manque de sécrétion acide. Son emploi est encore trop restreint en raison des services qu'il peut rendre; mais il doit nécessairement devenir plus général, après les recherches remarquables de Dusart et R. Blache sur l'assimilation rapide du phosphate de chaux tribasique par l'intermède de l'acide lactique. — On l'emploie à la dose de lOcentigr. à 2 gr. en potions, limonade, sirop.
Chim. — Il se forme spontanément par suite d'une véritable fermentation ; il résulte de l'action de la caséine sur le sucre de lait. En saturant le produit par le carbonate de chaux, on obtient, après une purification convenable,