ACIDE OXALIQUE
altérée pendant qques jours; la torpeur des membres inférieurs peut persister pendant plusieurs mois.
Chim. et Toxic. — L'acide oxalique crist. (C203,HO -|- aq) est sous la forme de prismes incolores, très-acides, sol. dans l'eau et l'alcool. La chaleur les volatilise en partie, en partie les décompose. — Il se combine aux bases de manière à former des oxalates neutres, des bi-oxalates, des quadroxalates, des sous-oxalates. Les oxalales alcalins sont solubles; la calcination les transforme ainsi que les oxalates terreux en carbonates, sans dépôt de charbon; les autres laissent soit du métal, soit de l'oxyde. L'ac. sulfurique conc, chauffé avec l'ac. oxal. ou un oxalate sec, dégage des vol. égaux d'oxyde de carbone et d'ac. carbonique. Si l'on absorbe ce dernier par la potasse, l'autre gaz peut être enflammé et reconnu à sa flamme bleue. — Tous les sels de chaux, môme la solution de gypse, précipitent les oxalates neutresou additionnés d'ammoniaque en blanc ; le précipité, soluble dans l'ac. chlorhyd. ou azotique, est complètement insoluble dans les acides oxalique ou acétique. — Une solution d'acide oxalique colore en vert foncé, même à froid, une solut. de sesquichlorure d'or ; c'est de l'or métallique, qui se dépose bientôt en petites écailles.
Empoisonnements. — A l'autopsie, on trouve la muqueuse, depuis la bouche jusqu'à l'estomac, généralement blanche ;. quelquefois, lorsque la mort a été rapide, l'estomac et le duodénum sont très-rouges. Le sang et tous les tissus pourvus d'un système capillaire très-apparent ont en général une coloration vermeille. (Tardieu.)
La recherche de l'acide oxalique, dans les organes et leur contenu, n'offre pas de sérieuses difficultés. Il faut seulement tenir compte de l'alimentation antérieure, qui a pu introduire dans l'estomac des oxalates d'origine végétale, et aussi de la disparition possible de l'acidité, par suite de l'administration de contre-poisons chimiques. — Si la réaction est franchement acide, on coupera les organes digestifs en petits morceaux, qui, mélangés avec les mat. contenues ou provenant des vomissements, seront évaporés au B.-M. lentement, jusqu'à dessiccation. Le résidu sera épuisé par l'alcool à 85° ; la nouvelle solution, évaporée de la même manière, laissera un dépôt qui, traité par l'eau chaude, lui abandonnera tout l'ac. oxalique qu'il contient. Cette solution, par l'acétate de chaux, donnera un précipité, qui, lavé à l'alcool et à l'eau, puis desséché, présentera les réactions caractéristiques de l'oxalate de chaux : chauffé à sec ou avec ac. sulfuriq. concentré = dégagement d'oxyde de carbone ; broyé avec alcool et un peu d'ac. sulfurique = acide oxalique en solution, apte à produire les div. réactions indiquées.
On peut encore exprimer les mat., les laver à l'eau dist. et réunir les liq. ; ajouter un excès d'acétate de plomb jusqu'à cessation complète de précipité. Celui-ci, recueilli et lavé, est mis en suspension dans l'eau et soumis à un courant d'HS lavé, jusqu'à persistance d'odeur sulfhydri que manifeste ; tout l'ac. oxalique reste dans la liq. après séparation du dépôt de sulfure de plomb.
Si l'on a administré à la victime de la magnésie ou de la craie, l'ac. sera à l'état d'oxalate de ces bases. Les mat. seront alors traitées par l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique qui dissoudra ces sels La solution, add. de chlo-
ACIDE PHENIQUE
rure de calcium et d'ammoniaque, donnera un précipité complexe de sels calcaires contenant tout l'ac. oxalique; traité par l'acide acétique étendu, ce précipité lui abandonnera tous les sels calcaires autres que l'oxalate.
Les urines des personnes qui ont absorbé ce l'ac. oxalique, contiennent bientôt de l'oxalate de chaux, qu'il est facile de reconnaître par un examen microscopique. On recueille un peu d'urine, on la laisse déposer, et une goutte du dépôt est placée entre deux verres sur le porte-objet. L'oxalate de chaux affecte la forme de petits cristaux ocfaédriques réguliers, ressemblant beaucoup à la face postérieure d'une enveloppe de lettre
Contre-poisons. — Ce sont spécialement l'hydrate de magnésie, la craie, l'hydrate de sesquioxyde de fer, en un mot, les corps inertes capables de le saturer en donnant naissance à un composé insoluble ; d'ailleurs, mêmes moyens que contre les acides énergiques.
Fais, et mél. — Il peut contenir de l'ac. azotique, provenant d'une purification insuffisante ; de l'acide tar trique, du sel d'oseille, du sulfate de potasse, du sulfate de magnésie, de l'alun, mélangés dans un but de fraude. — L'ac. oxalique brûlé sur une lame de platine ne doit pas laisser de résidu ; il est entièrement soluble dans l'alcool : ces deux réactions excluent les sels ; l'acide tartrique, en brûlant, développe une odeur particulière de sucre brûlé; l'acide azotique le colore en jaune et lui donne l'odeur nitreuse.
Fig. 17. — Cristaux octaédriques d'oxalate de chaux.
Poudre.
Prép. c. la Poudre d'ac. arsénieux.
Pastilles. (Soubeyran.)
Pr. Ac. oxalique pulv. ... 4
Sucre blanc 250
Essence de citron gtps. . n° 12
Mucilage de gom. adrag. Q. S.
Faites des tablettes de 60 centigr.
ACIDE PHENIQUE. Acidum phenicum ; acide carbolique; phénol, hydrate de phényle; — G12H50,HO.
Prép. — On sature par une sol. de potasse l'huile de houille bouillant entre 150 et 200°. Après cristallisation, le sel formé est décomposé par l'ac. chloryd., et l'acide phénique , séparé et purifié par des distillations successives.
Act. phys. — Son action sur les tissus est puissamment astringente, et même corrosive et caustique ; il tanne la peau et les muqueuses et les rend imputrescibles. C'est un puissant antiseptique et désinfectant. On Fa proposé pour le traitement d'un grand nombre d'affections externes (en solutions diversement concentrées suivant les indications), et aussi pour l'usage interne (l p. 1000 d'eau), contre la diarrhée chronique, les vomissements. — On en garnit aussi des flacons de poche, par mesure de précaution contre les piqûres d'insectes et les morsures de vipère. 11 n'est pas certain que son action soit comparable à celle de l'ammoniaque.