ACONIT
des sels dont les propriétés participent de celles de la valériane. (Voir ce mot.)
ACONIT. Aconitnapel ; Aconitumnapellus,L. — Renoncnlacées.
Plusieurs Aconit sont indigènes, mais n'ont pas, à l'exclusion de l'A. napel, d'usage en thérapeutique.
Comp. — On y a signalé deux alcaloïdes : Yaconitine et la napelline, des acides aconitique et malique combinés à la chaux, etc.
On n'emploie généralement que les feuilles à l'état frais; d'après les essais comparatifs qui ont été faits, les racines sont beaucoup plus actives.
Act. phys. — On attribue à la plante fraîche, maintenue sur la peau, des propriétés presque vésicantes. 11 est certain que dans la bouche elle produit de la chaleur,et de l'irritation suivie d'engourdissement. — C'est en somme une plante d'autant plus dangereuse, qu'elle est commune dans les jardins comme plante d'ornement, et que toutes ses parties, depuis les fleurs jusqu'aux racines, sont douées de propriétés toxiques narcotico-âcres. (Voir Aconitine.) Ingéré, surtout à Fétat frais, il cause des ardeurs à l'épigastre; vomissements, coliques et diarrhée, vertiges, paralysie, coma, refroidissement et mort. (Gubler.) La dessication paraît lui faire perdre une grande partie de ses propriétés.
Ses indications sont nombreuses et peu précises. Chaque praticien a sur ce sujet des idées spéciales assez difficiles à définir; de sorte que l'aconit a été préconisé contre un grand nombre d'affections, sans être absolument utile dans aucun cas. Vanté par les uns, combattu par les autres, dans le traitement de telle maladie, il est employé par tous les praticiens, journellement, contre les symptômes les plus divers. Peut-être que le peu de régularité des préparations d'aconit, et la différence considérable qu'elles peuvent présenter, suivant l'état sec ou frais, suivant la partie employée, suivant l'âge même de la plante, expliquent ces divergences. L'aconit est, en réalité, un calmant narcotique fréquemment utilisable. — Rhumatismes , goutte , névralgies , cancer, syphilis, phthisie, maladies de la peau, enrouement.
La racine est, d'après Hottot, la partie la plus active.
Doses. — Poudre (de feuilles) : 5 à 50 centig. Extrait avec le sue : 5 à 30 centigr. Extrait aie. : 5 à 15 centig. Alcoolature : 1 à 2 gr. et plus en potion ou par gouttes. Teinture : 1 à 2 gr. id. Poudre de racine : 25 milligr. à 30 centigr.
ACONITÏNE 65
Poudre.
Prép. c. Poudre de digitale.
Alcoolature.
Pr. Feuilles récentes d'aconit cueillies au commencement de la floraison. . . 1000
Alcool à 90° 1000
Contusez les feuilles, ajoutez l'alcool,
et filtrez après 10 jours de contact.
Extrait d'aconit avec le suc.
Prép. c. Extrait de ciguë.
Rendement, 4/100.
Extrait alcoolique.
Prép. c. Ext. alcool, de digitale.
. Rendement, 22,5/100.
Pr. Alcoolature d'aconit. . . 100
M. à froid.
ACONITÏNE. Aconitina. == C60H47O14Az (d'après Stalschmidt).
Prép. — Faites dig. une partie de racine d'aconit contusée, pendant 8 jours, avec 3 p. d'alcool à 85° aiguisé d'acide sulfurique. Exprimez, filtrez, distill. l'alcool au B.-M. ; laissez refroidir le résidu aqueux de la cucurbite et enlevez l'huile verte surnageante. Evap. à consist. sirup. et agitez avec de l'éther pour enlever le reste de l'huile. Reprenez par l'eau, et neutralisez l'acide par de la magnésie cale, délayée dans l'eau. Agitez le tout avec de l'éther à 65°, qui, évaporé, laisse déposer l'aconitine impure. Purifiez à plusieurs reprises par dissolution dans l'acide sulfurique dilué, et précipitation par l'ammoniaque; décolorez par le charbon, (Codex.)
Ainsi obtenue , c'est une poudre blanche amorphe. Séchée à basse température, elle retient 25/100 d'eau , qu'elle perd en se fondant à -f-85°; à peine sol. dans l'eau, soluble dans l'éther, la benzine, le chloroforme. — On trouve dans le commerce une aconitine parfaitt cristallisée, dont les propriétés sont beaucoup moins énergiques.
Act. phys. — L'aconitine, obtenue parle procédé précédent, est un des plus violents poisons d'origine végétale, et se place sous ce rapport à côté de l'atropine. Placée sur les muqueuses, sur la peau privée d'épiderme, elle produit une sensation de cuisson et de chaleur vive, qui persiste plusieurs heures. Dans la bouche, elle rappelle la saveur acre du pyrèthre ou des cardamomes. Introduite dans l'estomac, elle cause promptement un sentiment de brûlure, qui provoque la salivation. Bientôt après se manifestent des nausées, des troubles de la vue, des vertiges, des coliques ; une sensation particulière de fourmillement à la face, autour du nez. La sensibilité générale est altérée, entre autres le toucher et le goût. Le sujet a des éblouissements, des bourdonnements d'oreilles, de la céphalalgie. Le pouls se ralentit, puis, dans la période voisine de la mort, devient désordonné ; les pupilles se dilatent; il se manifeste quelques mouvements convulsifs, et la mort survient. L'aconitine paraît donc avoir une action spécialisée sur les nerfs sensifeifs , dont elle paralyse