SALEP
l'extraire on abat l'arbre, on écrase la moelle et on la délaie dans
l'eau; le tout jeté sur un tamis est abandonné au repos ; la fécule est séchée à l'ombre, ou granulée au tamis quand elle est en consistance convenable, séchée ensuite au soleil, puis sur un feu très modéré. — Petits grains arrondis gris ou rougeâtres, cornés, qui se ramollissent et se gonflent par la coction (fig. 125). — 11 n'est employé que comme aliment léger, sous forme de potages.
SALEP. Tubercules fournis par un grand nombre à'Orchis et à'Ophrys, entre autres YOrchis rnascula, L. (fig. 126), FO.
Morio, L. — Orchidées.
Venait autrefois de Natolie et de Perse ; on en récolte actuellement en France. On trouve à la base des orchis, quand la végétation extérieure est terminée, deux bulbes ovoïdes arrondis ou palmés, l'un ridé, l'autre ferme et plein. Ce dernier est séché après avoir été plongé qques minutes dans l'eau bouillante. Le commerce le présente sous forme de petits bulbes grisâtres ,[ durs , cornés, demi -transparents; presqu'entièrement formés de matière amylacée qui se gonfle beaucoup dans l'eau bouillante sans s'y dissoudre, et propre à faire des potages légers.
Poudre de salep.
F. tremper le salep pend. 24 h. dans
l'eau froide, essuyez-le avec un linge
rude ; concassez et faites sécher à l'é-
Fîg. 126. — Ôrchis mascula. tuve à une température qui ne dépasse
SALSEPAREILLES 509
pas 50°. Pilez dans un mortier de fer, passez au tamis de soie. (God.)
Chocolat au salep.
Pr. Chocolat 1000
pulv.. ...... 30
Ramollissez le chocolat dans un mortier chauffé , incorporez le salep et moulez. (God,)
SALSEPAREILLES.
Salsepareille du Mexique. Salsepareille de Vera-Cruz>; Smilax medica, Schlecht. — Asparaginées.
Composée de racines retournées sur une souche épaisse, avec tronçons de tige ; tiges subcylindriques, géniculées, un peu épineuses, atteignant)' usqu'à 60 centim. de long; racines repliées une fois sur elles-mêmes, noires eu gris-jaunâtre, très-profondément sillonnées et dures ; la zone ligneuse est souvent plus large que la moelle. — Les bottes ont environ 1 m. de long et sont réunies en balles cubiques pesant 75 à 100 kilog. Ces balles contiennent souvent des pierres, des matières étrangères introduites frauduleusement. — Cette salsepareille cède à Peau environ 15 0/0 d'extrait (Cauvet).
La Salsepareille Tampico, ainsi nommée du port qui nous l'envoie, a beaucoup de rapports avec la précédente, dont elle paraît être une sorte supérieure. L'écorce est jaune vif, orange ou écarlate, dure et sillonnée.
Salsepareille de Honduras. Smilax Sarsaparilla, L.
Bien qu'on l'attribue au S. Sarsaparilla, son origine n'est pas connue. Elle a des caractères variables : tantôt pourvue de souches et tiges, tantôt sans souches, en bottes reliées par quelques tours de l'une des racines. Celles-ci sont brunâtres, tantôt à écorce épaisse beaucoup plus importante que le bois, tantôt à écorce mince à peine plus épaisse que le bois. — Sa couche ligneuse présente un peu moins d'épaisseur que la moelle. — Elle fournit environ 20 0/0 d'extrait.
La Salsepareille Jamaïque anglaise," salsepareille rouge barbue, attribuée au Smilax ofjicinalis, H. et B., vient aussi de l'est du Honduras. Elle se distingue par ses racines barbues, c'est-àdire garnies d'un grand nombre de radicelles. — Elle est trèsestimée et fournit environ 33 0/0 d'extrait.
L'Amérique du Sud fournit aussi diverses salsepareilles, dites de Guayaqidl, Caraque, de Para, de Lima, du Brésil, etc., auxquelles nous ne nous arrêterons pas, le Codex n'admettant comme officinales que les salsepareilles du Mexique et de Honduras.
Comp. — Contient huile volatile, huile fixe concrète, plus ou moins d'amidon et un principe cristallisable (smilacine, salsepa-
SALSEPAREILLES
rine » G9H1S03) analogue à la saponine, et faisant mousser l'eau. La smilacine est neutre, presqu'insoluble dans l'eau froide, sol. dans l'eau bouillante, à laquelle elle communique une saveur acre et amère. On l'obtient en traitant la salsepareille par de l'alcool fort, distillant, décolorant le résidu par un peu de s-acétate de plomb, précipitant le métal par HS, filtrant et faisant cristalliser. — A la dose de 50 centig. cette substance produit de la gêne de l'estomac et des nausées; elle ne paraît pas être le principe actif de la plante. — La salsepareille donne par distillation un hydrolat lactescent, qui s'altère et se putréfie rapidement. Act. phys. — On la préconise comme antisyphilitique, dépuratlve et sudorifique. Gomme on l'associe le plus souvent à d'autres médicaments actifs, il est assez difficile de démêler ce qui lui appartient en propre. Cependant on a observé qu'à haute dose, elle provoque des nausées, des vomissements, la perte des forces et de l'appétit ; à petite dose, la stimulation produite se traduit par des effets inverses. Elle agit donc comme un stimulant des fonctions digestives, et par suite augmente la diurèse et la transpiration, favorise le renouvellement de la masse sanguine et la réparation des tissus ; c'est, comme on le voit, le rôle d'un altérant ou d'un dépuratif. — On l'emploie surtout contre les maladies cutanées et syphilitiques. — Tisane par digestion : 60 : 1000. (A ce propos M. Dorvault fait remarquer avec raison que l'infusé est préférable comme conservant mieux les parties volatiles de la salsepareille.) Extrait : 0,50 à 1 gr. Vin ou Sirops: 20 à 100 gr. — Avant de la faire servir aux diverses préparations ou de la livrer au public, on est dans l'habitude défendre longitudinalement la salsepareille, après un séjour à la cave suffisant pour la rendre souple.
Poudre de salsepareille.
Prép. c. la Poudre de gentiane.
Extrait de salsepareille.
Prép. c. YExtrait alcoolique de digitale. — Rendement : 15/100.
Sirop de salsepareille.
Pr. Rac. de salsepareille . . 1000
Eau Q. S.
Sucre blanc 2000
Enlevez les souches, fendez les brins en long et coupez-les en morceaux de 2 à 3 centim. Criblez pour enlever la poussière; complétez 1000 gr., faites deux digestions successives de 12 h.
chacune, avec de l'eau à 80° en Q. S. pour recouvrir la salsepareille. Passez les liqueurs au tamis de crin, laissez déposer et décantez. Faites évaporer les
liq. en commençant par la dernière, réduisez le tout à 1600 gr. Clarifiez au blanc d'œuf, passez à l'étamine; ajoutez le sucre et cuisez à 3i°B . (Cod )
Sirop de salsepareille composé. Sirop
d- Cuisinier; sirop sudorifiq
ue ; sirop
dépuratif.
Pr. Salsepareille Honduras
fendue et coupée. . .
Fleurs sèches de bour-
rache
— de roses
pâles . .
Feuilles de séné ....
Fruits d'anis vert. . . .
Eau .
Sucre blanc
Miel
SALSEPAREILLES
F. trois digestions successives de la salsepareille pendant 12 h. chacune, avec de l'eau à 80° en quantité suffisante chaque fois pour recouvrir la racine. La dernière liq.,mise à part, sera portée à l'ébullition et jetée sur les autres substances.; faites infuser 12 h. Evaporez les premières liq., et ajoutez vers la fin l'infusion ci-dessus, continuez l'êvaporation jusqu'à réduction à 2000 gr. Clarifiez au blanc d'œuf, passez à l'étamine, ajoutez le sucre et le miel et cuisez à 32°Be. (Cod )
Decoctum sarsae compositum. (Brit.
Pharm.) Pr. Salsepareille Jamaïque. 70,87 Sassafras en copeaux . 7,09
Gayac râpé 7,09
Réglisse frais 7,09
Ecorce de mézéréun. . 3,89 Eau dist. bouillante. . 850,20 Pour obtenir : décocté, 575 gr.
(Cod.)
Essence concentrée de salsepareille.
Vin de salsepareille concentré.
Pr. Ext. aie. de salsepar. . 90
— aq. de réglisse. . . 2 5
— aq. de bourrache . 15 Extrait de gaïac .... 18
Vin rouge 1750
Essence de sassafras . . 4
Faites dissoudre, laissez déposer, filtrez.
Une cuillerée, matin et soir, dans un verre d'eau.
Bouchardat donne la formule suivante :
Salsepar 500
Sassafras 60
Alcool à 56 c 1000
On filtre après deux jours de digestion, et on ajoute sur le marc : eau bouillante, .000. Faites digérer un jour, passez, réunissez les deux liqueurs, filtrez et ajoutez sirop de sucre, 1000. — Deux à cinq cuillerées par jour dans l'eau. (Dorv.)
Elixir antigoutteux de Villette. Elixir
de salsepareille et de quinquina composé.
Pr. Quinquina gris .... 125
Coquelicot 60
Sassafras 30
Rhum 5 litr.
Faites digérer 15 jours, passez, ajoutez à la colature :
Racine de gaïac 60
Faites digérer de nouveau pendant 15 jours, et ajoutez un sirop fait avec :
Salsepareille 125
Sucre 1250
(Guib.)
Une à deux- cuillerées deux ou trois fois par jour.
La liqueur antigoutteuse du Dr Laville paraît être composée d'après l'analyse de O. Henry, de : vin d'Espagne, 800; alcool rect , 100; eau, 85; principe actif de la coloquinte, 2,5 ; quinine et cinchonine, 5; matière colorante, inerte, 3; sels calcaires id. , 4,5. O. Henry regarde aussi les pilules préventives de la goutte du Dr Laville comme formées de : silice, 3; soude, 2,6; prod. extractif de l'alkékenge, 9,5; poudre végétale verte inerte, 7,5. (Dorv.)
Rob Eoyveau-Laffecteur. {Presse médicale belge.)
Pr. Salsepareille 40
Saponaire 50
Squine . 8
Sassafras 8
Gaïac s
Santal jaune 8
Ecorce de buis . ... 10
Ecorce de garou 10
Brou de noix sec 9
Mercuriale ....'.... 25
Cynoglosse. 30
Buglosse. 30
Bourrache 30
Chardon bénit 10
Fumeterre 10
Houblon 5
Scolopendre 5
Polytric 5
Chiendent 10
Séné .' 40
Beccabunga 10
Agaric blanc. ...... 10
Racine de pissenlit .... 10
— de chicorée .... 10
Roses pâles ....... 40
Semences d'anis,
— de persil,
— de fenouil,
— de cumin,
— de carvi,
— de carotte,
— de nigelle, aa, 5
Eau de pluie Q. S.
Ces plantes doivent être cuites en vases clos, et Jes vapeurs aqueuses qui s'en dégagent, enlevées à l'aide de tuyaux communiquant avec une cheminée d'appel. On évapore ensuite le décocté au B.-M. jusqu'à ce qu'il marque 6° Baume. On y ajoute du miel et du sucre pour l'amener à 37". On laisse alors le sirop déposer jusqu'à ce qu'il soit limpide.
Pelletan donne à ce Rob à peu près la même composition qu'au sirop de Cuisinier. (Dorv.)
SANDARAQUE. Résine du Thwjaarticulata,DesL— Conifères.
Elle est attribuée aussi au Callitris quadrivalvis Rich., arbre du Maroc (D. Cauvet). En petites larmes allongées, jaune-pâle, fragiles, à cassure vitreuse, d'odeur faible. Elle n'est pas usitée en pharmacie; dans les arts on s'en sert pour la fabrication de certains vernis; on la vend en poudre pour donner du corps au papier entamé par le grattage des taches d'encre.
La sandaraque sert à frauder le mastic, dont elle se distingue par son insolubilité dans l'essence de térébenthine, sa faible solubilité dans l'éther, et sa pulvérisation sous la dent, tandis que le mastic s'y ramollit et reste aggloméré.
Foudre de sandaraque.
Prép. c. la Poudre de benjoin.
Le sang est toujours alcalin ; D = 1,050 à 1,057. Au microscope, examiné au moment de sa sortie des vaisseaux, il se montre formé d'un liquide incolore (plasma) et de globules, rouges (hématies) et blancs (leucocytes).
Abandonné à l'air, il se coagule complètement dans l'espace de vingt minutes. Cette coagulation est favorisée par l'agitation ; elle est retardée par la présence des alcalis en faible quantité, empêchée quand la proportion atteint quelques millièmes. Le sulfate de soude, l'azotate de potasse, le sel marin et quelques autres sels en grand excès maintiennent le sang à l'état liquide.
Le caillot se rétracie peu à peu en abandonnant un liquide appelé serum. Le caillot lavé sous un filet d'eau dans un nouet de taffetas de soie perd ses éléments liquides et colorants ; la substance fibriliaire et blanche qui reste dans le nouet est la fibrine.
Le sang normal contient en outre : de la créatine, de la créatinine, de la leucine, de l'urée (0,16 par kilog.) de la cholestérine (0,1), de la séroline (0,02), de la glycose, de l'inosite, des chlorures, des phosphates, du fer, potasse, chaux, magnésie et des traces de quelques autres métaux ; les alcalis s'y trouvent à l'état de bicarbonates et de phosphates. Le fer fait partie de la matière colorante des globules.
Composition moyenne du sang (Becquerel et Rodier).
Eau 781,60
Globules 133 »
Albumine 70 »
Fibrine 2,50
Matières ) extractives j 10 »
I salines j
Phosphates 0,35
Fer . 0,55
A l'état vivant, le sang est composé de globules, corpuscules organisés, et du plasma, liquide qui en se coagulant emprisonne les globules pour former le caillot. Le plasma contient une substance particulière (plasmine) qui se dédouble spontanément en fibrine concrète et en fibrine soluble.
— Le sérum, qui se sépare du caillot, a une densité qui varie entre 1,028 et 1,030 ; il est à peine coloré, ou chargé de matières grasses qui lui donnent un aspect blanchâtre. Il contient 5 à 7/1000 de sels à acides organiques, plus de la serine (albumine du sang proprement dite) et de la fibrine dissoute (ensemble 12 p. 1000).
Fig. 127. ^—Différentes formes affectées par les globules rouges examinés au microscope. — a, globules à centre obscur; b, globules à centre clair (ces deux effets sont alternatifs, en éloignant ou rapprochant l'objectif); c, globules vus de trois quarts; d, globules frangés; e, globules empilés; g, globules de sang sphériques et crénelés observés dans l'urine.
— La couenne est la partie supérieure du caillot; elle est à peine colorée, ferme et élastique, et emprisonne la plus grande partie des globules blancs ; les couches inférieures du caillot sont friables et renferment la plus grande partie des globules rouges. L'état de la couenne donne certaines indications pathologiques.
— Les globules sont de deux sortes : rouges et blancs. Les globules rouges (fig. 127) ou hématies sont des disques biconcaves, arrondis sur les bords, sans noyaux, d'un diamètre de 6 à 7 millièmes de millimètre, épais de 2 millièmes de millimètre ; naturellement bruns, ils prennent une teinte rouge vive dans l'oxygène. Us sont formés d'une substance albuminoïde complexe (g lobuline) et d'une matière colorante rouge (hématiae); ils contiennent du fer. Leur proportion dans le sang normal varie de 125 gr. (femme) à 130 et 140 gr. (homme). Cette proportion peut diminuer de moitié dans la chlorose.
Les globules blancs ou leucocytes sont un peu plus gros et un peu moins denses que les globules rouges. On trouve ordinairement 1 leucocyte pour 300 hématies ; mais dans certaines affections leur nombre augmente jusqu'à dépasser celui des hématies (leucocythémie). — L'examen microscopique permet seul d'apprécier grossièrement leur proportion dans le sang.
A?ialyse du sang. — 1° 120 gr. environ de sang sont recueillis à la sortie de la veine et immédiatement desséchés à l'étuve, à 100°. Le poids du résidu fait entre deux verres de montre, comme pour toutes les substances hygroscopiques, indique la perte éprouvée par la dessiccation, soit la proportion d'eau — il est bon de remarquer que le sang s'appauvrit en matières solides à mesure qu'il s'écoule de la veine, de sorte que pour avoir une moyenne il faut faire deux essais, l'un avec le premier sang de la saignée, l'autre avec le dernier. — Le résidu étant incinéré donne le poids des matières minérales.
2° 40 grammes de sang au moins sont reçus dans un verre à précipité auquel s'adapte un capuchon en caoutchouc percé dans son sommet de manière à laisser passer un agitateur en baleine. L'appareil est pesé vide et sec, puis plein de sang ; la différence donne le poids de ce dernier. Après un battage prolongé, la fibrine est recueillie avec soin sur un morceau de taffetas de soie, mise en nouet serré et lavée avec persévérance sous un filet d'eau. Quand elle est devenue blanche ou à peine rosée, elle est séchée à 110°. puis pesée. — On l'extrait du caillot par une méthode semblable.
3° 40 gr. de sang environ sont abandonnés au repos dans un vase plat et couvert ; après quelques heures le sérum est décanté et desséché dans une capsule plate de platine. Le résidu est de l'albumine brute ; il faut défalquer de son poids celui des matières grasses et extractives que l'alcool bouillant lui enlève, et celui des sels qu'il laisse par incinération.
Comme le poids de l'eau a été déterminé déjà, on peut calculer approximativement ce que mille grammes de sang contiennent d'albumine par une simple proportion.
4° Etant connus les poids de l'eau, de la fibrine, des sels et de l'albumine contenus dans 1000 gr. de sang, on admet que la différence représente le poids des globules secs.
Exemple. — En prenant les poids de sang fixés approximativement dans les paragraphes précédents on a obtenu les résultats suivants qu'il s'agit d'interpréter :
1° 1000 gr. de sang contiennent :
Eau 788 gr. 50
2° Le dosage de la fibrine a donné pour un kilogr. de sang : 2 gr., 352. 3° Une troisième partie de sang a fait connaître que~.1000 gr. de sérum contiennent :
Eau 017 gr. 28
Matières ! piques .75,63» g2 n
| m.merales 7,09) D
D'où il est facile de conclure que le sérum correspondant à 788 gr. 50
82 7i? V 788 5 d'eau donnerait -~l—q\^~<ôo-1 — d'albumine brute, = 71 gr., Il qui contiennent :
Matières i orSani(ïues 65>01 l 71 u
Matières ) minéraIes 6?10 | 71,11
Faisons la somme des poids de la fibrine, de la matière organique du sérum et des sels, nous aurons :
2 gr., 352 + 65 gr., 01 + 9 gr., 16 =. . 76 gr. 522,
Le résidu solide d'un kîlog. de sang pesant. . . 211 gr. 50, la différence entre ces deux chiffres — 134 gr. 978, — exprime le poids des globules.
En résumé, ce sang contient pour 1000 :
Eau. . . 788,500
Fibrine 2,352
Albumine, matières extractives 65,010
Globules 134,978
Sels minéraux ..... 9,160
(G. Méhu, Chimie médicale.)
Médecine légale. — Il arrive qu'après un crime, les experts ont à reconnaître la nature des taches trouvées sur des vêtements et sur des instruments ; voici, d'après Gerhardt et Chancel, les caractères des taches de sang.
« Elles se distinguent des taches de rouille par les caractères suivants :
a. Les taches de rouille sont claires et mates, les taches de sang sont plus foncées et brillantes.
b. Si l'on chauffe à 25 ou 30° l'objet suspect à l'endroit où se trouvent les taches, celles qui proviennent du sang s'écaillent et se laissent enlever facilement, tandis que les taches de rouille persistent. Ce caractère est important lorsque les taches se -trouvent sur du fer. { :•
c. Si Ton humecte les taches avec de l'acide chlorhydrique, elles se dissolvent dans le cas de la rouille ; les taches qui proviennent du sang restent inaltérées. Dans le premier cas les réactifs indiquent la présence du fer dans la solution. »
Les taches formées sur le fer par le suc des fruits acides sont foncées, presque noires, hygrométriques, complètement solubles dans l'eau ; la solution additionnée d'un peu d'acide acétique et de cyanure jaune, donne un précipité bleu foncé ; dans les mêmes conditions, les taches de sang donnent un précipité blanc grisâtre, un peu rosé.
« Pour déterminer la nature de taches suspectes, on commence, si c'est possible, par enlever ces taches avec un canif de l'objet sur lequel elles se trouvent, et l'on en examine au microscope une pellicule trèsmince, après l'avoir placée entre deux lames de verre, et imbibée d'une goutte d'huile ; avec un peu d'adresse, on parvient ainsi à découvrir les globules du sang, si la tache provient de ce liquide. »
W. Odling conseille de mettre sur une plaque de verre une parcelle du tissu taché ou, s'il est possible, une parcelle de la tache elle-même séchée et
séparée de l'objet; d'humecter avec un peu de sirop de sucre étendu de 2 vol. d'eau ou de glycérine à D =, 1,028. Après un moment on a un liq. rouge qu'on recouvre avec un verre de microscope et qu'on examine. Si la tache provient du sang on peut facilement découvrir les globules avec leur aspect caractéristique. Quand ils sont contractés, une goutte d'eau suffit pour les dilater (fig. 128).
« Une autre partie des taches enlevées est placée dans un tube fermé par un bout et chauffée à la lampe. Dans le cas du sang, il se dégage les produits de la décomposition des matières animales, parmi lesquels se trouve l'ammoniaque qui ramènera au bleu un papier de tournesol rouge humecté, placé à l'orifice du tube. Les taches provenant d'acides organiques ou de matières colorantes non azotées, dégagent, par la distillation sèche, des produits acides qui rougissent le papier de tournesol bleu.
« Après cet essai, on humecte les taches avec une petite q. d'eau; lorsqu'elles proviennent du sang, leur face extérieure se gonfle bientôt, la tache disparaît peu à peu, et l'eau se colore d'abord en jaune, puis en rouge jaunâtre, enfin en rouge foncé. Cette dissolution s'effectue avec d'autant plus de lenteur que la tache est plus ancienne ; lorsqu'elle date d'un an ou plus, il faut de 4 à 8 heures d'immersion. Après la dissolution de la tache, on examine au microscope la place qu'elle avait occupée ; ordinairement on aperçoit alors un réseau de fibrine, qui doit se colorer en brun-intense par le contact d une goutte d'acide iodhydrique contenant de l'iode libre. « Il s'agit ensuite d'essayer la liqueur rouge, provenant du traitement des taches par l'eau. A l'aide d'un petit tube on dispose sur des verres de
Fig. 128. — Sang.
montre plusieurs gouttes de la liqueur, et l'on examine comment elles se comportent avec les réactifs :
A. A une première goutte, on ajoute environ la moitié de son volume d'acide nitrique; si la tache provient du sang, il se forme alors au contact des deux liquides une masse grise épaisse, due à la coagulation de l'albumine.
B. On traite de même une autre goutte par un peu d'ammoniaque caustique. Dans le cas du sang, la liqueur ne change pas de couleur; au contraire, toutes les matières colorantes qui pourraient être confondues avec le sang (à l'exception du rocou), prennent au contact de l'ammoniaque une couleur violette ou brune. — Ainsi se comportent les taches produites parla matière colorante du cachou, delà gomme-kino, du sang-dragon, du ratanhia, du bois de Brésil, de la cochenille, de l'encre rouge et de diverses baies rouges.
C. On chauffe avec ménagement une troisième goutte sur une lame de verre ; lorsquelle contient les matières solubles du sang, elle se trouble déjà à une température inférieure au point d'ébullition de l'eau et se transforme en une bouillie d'un gris-pâle ; au contact d'une goutte d'alcali caustique, cette bouillie se dissout immédiatement, en donnant un liquide coloré en rouge-brun.
D. On mélange une quatrième goutte avec environ son volume d'une solution aqueuse d'acide hypochloreux. — (Pour se procurer ce réactif, il suffit d'agiter dans un flacon rempli de chlore gazeux une petite quantité d'eau tenant en suspension du bioxyde de mercure, et de filtrer la liqueur lorsque l'atmosphère intérieure du flacon sera décolorée; et que le bioxyde d'abord rouge sera devenu blanc. L'acide hypochloreux reste en dissolution dans l'eau. Il faut éviter un excès de bioxyde de mercure, pour que la solution soit exempte autant que possible de bichlorure de mercure.) Si le liquide contient du sang, il devient immédiatement rouge-brun foncé, tandis que les autres matières colorantes et les sucs de fruits deviennent plus clairs ou se décolorent complètement.
E. Enfin on évapore une cinquième goutte à siccité sur la lame de platine, et l'on incinère le résidu. Quand la solution provient réellement d'une tache de sang, on obtient une cendre couleur de rouille et contenant beaucoup de fer ; cette cendre ne fait presque pas effervescence avec les acides ; l'acide acétique ne la dissout pas complètement ; humectée d'eau, elle présente une forte réaction alcaline. Les matières colorantes qui pourraient être confondues avec le sang ne laissent pas de cendre, ou en laissent une qui est blanche, et que l'acide acétique dissout entièrement avec une vive effervescence.
« Lorsqu'après ces divers essais, on a encore à sa disposition une petite quantité du liquide provenant de la dissolution des taches suspectes, on le porte à l'ébullition, on le filtre pour le séparer du précipité produit, et on le laisse s'évaporer lentement dans un verre de montre ; il ne tarde pas alors à se déposer du sel marin, sous forme de cristaux cubiques sillonnés de stries, ainsi que des groupes cristallins de phosphate de soude composés de tables rhomboïdales. — Si l'on ajoute du nitrate d'argent en excès à la solution du mélange de ces cristaux, il se forme un précipité jaune-clair,
518 SANGDRAGON
composé de chlorure et de phosphate d'argent ; l'addition au précipité d'un peu d'ac. nitrique dilué dissout le phosphate, fait disparaître la teinte jaune, et ne laisse que du chlorure d'argent blanc et cailleboté.
« Les essais précédents suffisent pour démontrer si des taches suspectes sont dues à du sang, à de la rouille ou à des matières colorantes végétales; mais ils ne donnent aucune indication sur l'origine du sang qui les a produites; on ne connaît, du reste, aucun moyen de déterminer avec certitude si une tachr> de sang provient d'un animal ou d'un homme. »
(Voir, pour plus de détails sur l'examen des taches de sang, le Manuel de médecine légale de Briand, Chaude et J. Bouis.)
SANGDRAGON. Résine des fruits du Rotang; Calamus Draco, Willd. — Palmiers.
Pour la préparer, on secoue dans une toile rude les fruits de ce rotang; il se détache une résine qu'on agglomère par la fusion et qu'on roule en boules ou en bâtons. Ces bâtons ou boules, enveloppés de feuilles de Licuala spinosa qu'assujétit une mince lanière de la tige du rotang, constituent les meilleures sortes du commerce (Sang-dragon en roseau). —Le Sangdragon en galettes provient de la résine extraite des fruits par l'eau bouillante; le Sang-dragon en masse est constitué par le marc des opérations précédentes : il contient encore une assez grande q. de résine, mêlée aux débris des fruits.
Résine rouge-brun foncé, opaque, fragile, à cassure luisante; sa poudre est d'un beau rouge vermillon ; odeur légère, balsamique, agréable, qui se perçoit surtout quand on le frotte ; il contient des traces d'acide benzoïque. — Le Dragonnier, Dracœna Draco, L. — Asparaginées ; et le Pterocarpus Draco, L. — Légumineuses, fournissent des résines- très analogues qu'on ne trouve plus dans le commerce.
Act. phys. — Ses propriétés participent des résines et des baumes; il est donc anticatarrhai, antileucorrhéique, hémostatique. On le considère en outre comme un bon astringent. Il est peu usité, mais fait partie de quelques préparations offi-
Mél. et fais. — On trouve du faux sang-dragon fabriqué de toute pièce avec des résines colorées par des poudres végétales ou minérales : En général, la poudre est pâle et grisâtre, l'odeur résineuse, et la solution dans l'éther laisse pour résidu les poudres ajoutées dont on peut reconnaître la nature ; le faux sang-dragon donne, en brûlant, une odeur désagréable, sa cassure est opaque et non luisante.
Poudre de sang-dragon.
Prép. c. la Poudre de benjoin.
SANGSUES
sangsues. Hirudo; — Hirudinées.
Sangsue médicinale ; sangsue grise; Hirudo medicinalis, L.
Sangsue officinale ; sangsue verte; Hirudo officinalis, Moq.
Bien qu'il existe un certain norrbre d'espèces propres à l'usage médical, ces deux variétés sont à peu près exclusivement employées en France; le Codex même ne mentionne que la sangsue grise, admettant peut-être que la sangsue verte n'en est qu'une variété.
La sangsue grise (fîg. 129) est olivâtre; dos marqué de six bandes rousses longitudinales ; abdomen taché de noir et portant de chaque côté une bande noirâtre; anneaux tuberculeux ; elle habite l'Europe et l'Afrique septentrionale.
Fig. 129. — Sangsue grise.
Sangsue verte.
La sangsue verte (fig. 130) est verdâtre; le dos est marqué de six bandes brunâtres ou de couleur de rouille comme dans la précédente; abdomen olivâtre, non maculé et bordé de chaque côté d'une bande noire: anneaux lisses; elle habite les mêmes contrées que la sangsue grise, mais est un peu plus méridio-
SANGSUES
Fig. 131. — Appareil buccal de la sangsue — a, ventouse buccale ; b, ventouse buccale fendue et étalée ; c, mâchoire grossie vue de profil; d, portion de mâchoire très-grossie pour montrer les chevrons denticulaires.
nale. La sangsue, dite landaise, est une sous- variété de cette espèce.
Le corps des sangsues est allongé, subdéprimé, renflé au milieu, obtus en arrière, rétréci en avant, formé de 95 anneaux très-distincts. En se contractant il prend la forme d'une grosse olive. L'extrémité antérieure est taillée en bec de flûte et munie de
trois mâchoires divergentes. Ces mâchoires (fig. 131) ont un bord libre, tranchant, convexe, garni d'environ 60 denticules en forme de V placés à cheval sur le bord. Les mâchoires sont placées dans un enfoncement de la paroi postérieure de la bouche.
Quand la sangsue a rencontré la place qui lui convient, elle y applique sa ventouse antérieure et, par une succion, soulève un petit renflement de la peau ; alors elle fait agir ses mâchoires qui par un mouvement de bascule déterminent trois déchirures linéaires réunies en formes d'étoile à trois rayons. La sangsue ne se détache que lorsqu'elle est gorgée de sang.
Notre cadre ne nous permet pas d'entrer dans le détail de l'anatomie et de la reproduction des sangsues ; nous dirons seulement pour mémoire que ce sont des annélides à sang rouge, à respiration cutanée, androgynes (c'est-à-dire portant un organe mâle et un organe femelle, bien que l'accouplement soit nécessaire pour la fécondation). Les œufs ou plutôt cocons qui en résultent se forment à l'extérieur par une sécrétion de la peau autour de la région des organes sexuels; ils contiennent plusieurs ovules, et la sangsue en sort à reculons. L'éclosion a lieu après 25 ou 28 jours.
Dans le commerce on distingue les sangsues suivant leur provenance et aussi suivant leur grosseur. Les très-petites sont appelés filets, puis viennent les petites, moyennes, grosses et vaches. Les premières et les dernières ne sont pas employées. — Une bonne sangsue absorbe en moyenne 5 à 6 gr. de sang; mais la piqûre, après la chute de la sangsue, laisse écouler environ le double de cette quantité et quelquefois beaucoup plus. Pour qu'elle prenne facilement, on doit laver et essuyer avec soin la place indiquée; parfois ramollir par l'application d'un cata-
SANGSUES 521
plasme ou d'un bain l'épiderme trop dur ; la personne, chargée de l'opération, doit avoir les mains fort propres, et essuyer préalablement les sangsues dans un linge fin. — Un des meilleurs moyens pour les faire prendre en nombre est de les placer dans un petit verre ou un pot qu'on renverse sur la partie indiquée; quelques personnes les appliquent de la même manière en se servant d'une serviette ou d'une pomme creusée à l'intérieur. Enfin pour l'intérieur de la bouche ou le col de l'utérus, on se sert du tube à sangsue.
On favorise l'écoulement du sang par des cataplasmes, des bains, des lotions chaudes, des fumigations ; quelquefois il devient nécessaire au contraire de l'arrêter : on emploie alors la colophane en poudre, l'amadou seul ou saupoudré de colophane ou d'alnn; les lotions d'eau vinaigrée, le perchlorure de fer, le nitrate d'argent. Quand ces divers moyens sont insuffisants, il faut traverser la peau au-dessous de la plaie par une épingle, qu'on entoure d'un fil en décrivant un 8.
Pour conserver les sangsues, il est nécessaire de les maintenir dans un lieu de température moyenne, dans un vase opaque aux 3/4 rempli d'eau, et couvert d'une toile peu serrée. L'eau est renouvelée tous les jours, au moins tous les deux jours, et les sangsues sont lavées avec soin en prenant garde de les manier le moins possible. On a imaginé pour conserver les sangsues en nombre assez considérable divers appareils plus ou moins compliqués, que nous ne pouvons décrire ici.
Quand les sangsues ont été gorgées, elles doivent être rejetées delà pratique médicale. Cependant il arrive qu'on les conserve dans les familles en cas de besoins nouveaux et dans les hôpitaux le dégorgement des sangsues se fait aujourd'hui sur une grande échelle. Plusieurs moyens facilitent cette opération : l'eau salée, le vin étendu d'eau, les cendres leur font rendre immédiatement le sang qu'elles ont absorbé, mais l'emploi de ces irritants en fait perdre une grande quantité. Dans les hôpitaux ou les fait dégorger mécaniquement en saississant les sangsues par la ventouse anale et faisant glisser la sangsue de l'extrémité postérieure à l'extrémité antérieure entre le pouce et l'index. Si la pression est convenablement faite, presque tout le sang est éliminé et les sangsues n'en paraissent pas endommagées. 11 faut ensuite les laisser séjourner dans des bassins de révivification où elles achèvent de digérer le sang qu'elles ont gardé et la fibrine de celui qu'elles ont rendu (car ce sang en est dépouillé) et où elles reprennent une nouvelle vigueur.
— Une bonne sangsue doit être vive, alerte, effilée à la partie anté-