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II, G

A l'aide de ces tables il sera toujours facile de ramener à un titre inférieur un alcool quelconque. Le procédé le plus exact serait de prendre le degré de l'alcool primitif et sa température, et d'ajouter assez d'eau distillée, pour que le mélange marque le degré cherché pour la température indiquée. Ex. : nous avons de l'alcool à 85oc. à la temp. de -}- 22° (c.-à.-d. de l'alcool marquant 83° à -\- 45°), qu'il s'agit de réduire à 56°. Nous ajoutons peu à peu de l'eau dist. Si le mélange a une temp. de + 20°, il devra marquer à l'aréomètre environ 58° pour que l'alcool obtenu soit bien à 56° pour la temp. de-j- 15°. Mais cette méthode demande de longs tâtonnements parce qu'il est toujours nécessaire de tenir compte de la température, qui varie avec les proportions du mélange.

Il est préférable de chercher par le calcul la proportion d'eau à ajouter. Ex :

soit qu'il s'agisse de préparer avec de l'alcool à 90° 4 kilog. d'alcool à 56°. Nous voyons dans la table précédente que 100 gr. d'alcool à 90° contiennent en poids 85 p. d'alc. absolu et 15 p. d'eau. Cherchons d'abord quel poids il faudra prendre de cet alcool pour avoir 47 p. d'alcool absolu (47 p. exprime la quantité d'alcool absolu contenu dans 100 p. d'alcool à 56°). Pour trouver ce poids, nous n'aurons qu'à poser la proportion suivante : 85 : 100 : : 47 : #;ou autrement : si 100 gr. contiennent 85 p. d'alcool, quel sera le poids nécessaire pour en contenir exactement 47 ? Nous trouvons ainsi

que x = -7F- — 55,3 environ. Donc 55 gr. 30 d'alcool à 90° étendus de

44 gr. 7 d'eau donneront un mélange qui, pour 100 gr., contiendra 47 p. d'alcool absolu, par conséquent qui sera de l'alcool à 56°. — Nous en voulons faire 4 k°», c.-à.-d. 40 fois plus, nous n'aurons qu'à multiplier 55,3 par iO et 44,7 par 40 pour connaître exactement le poids de l'alcool et le poids de l'eau à mélanger. Tout ce calcul s'applique nécessairement à la température de 15°; mais la table que nous avons donnée ci-dessus permet de l'appliquer à toute autre température.

En somme, pour établir par le calcul les proportions d'alcool et d'eau à mélanger, on n'aura qu'à multiplier par le poids qu'on veut obtenir le poids d'alcool absolu contenu dans le degré qu'il s'agit de préparer, et à diviser le produit par le poids de l'alcool absolu contenu dans le degré qu'on réduit :

ri = 2212 ; une simple différence entre le poids total à préparer et

le résultat précédent (4000 — 221 2 = 1788) donne le poids de l'eau à ajouter.

Le calcul en volumes est exactement le même en remplaçant les chiffres

qui expriment les poids par ceux qui expriment les volumes : il s'agit de

préparer 4 litres d'alcool à 56° avec de l'alcool à 90°. Il faudra prendre

d'alcool : — q„— — 21U,49 environ, et l'eau nécesssaire pour compléter

4 litres, c.-à.-d. 1 lit. 51.

Act. phys. — Gubler divise en trois périodes l'action générale de l'alcool sur l'organisme depuis le moment où il a étédngéré jusqu'à celui qui précède immédiatement son élimination ; 1° action topique : cette action, analogue, quoique moins intense, à celle que produit l'alcool sur les surfaces privées d'épidémie (coagulation du sang et de la sérosité albumineuse ; sensation de chaleur cuisante, avec pâleur des tissus, suivie de phénomènes de réaction, tels que rougeur, inflammation, eschare), stimule la muqueuse stomacale et les papilles nerveuses périphériques ; — 2° action sympathique : l'excitation transmise aux centres nerveux se traduit par une circulation plus intense et une augmentation de chaleur ; — 3° action générale ou diffuse : après son absorption, l'alcool agit directement sur les centres nerveux et les glandes sécrétoires, dont il altère ou exaspère les fonctions.

A petite dose, l'alcool ingéré se trouve modifié dans ses effets

Ferrand. — Aide-mémoire. . 5

topiques par les liquides et les substances diverses auxquelles il se trouve mélangé dans l'estomac; il ne produit alors qu'une excitation générale de la muqueuse, active ses fonctions et ses sécrétions, et favorise définitivement la digestion. A dose plus forte, il produit une demi-ébriété, qui se manifeste par de la gaieté communicative, de la vivacité d'esprit et de l'activité musculaire. Plus tard, les phénomènes produits deviennent plus intenses et une sorte de fièvre s'empare du buveur. L'ivresse se manifeste avec des caractères variables suivant les individus, mais toujours accompagnée de l'oubli de toute dignité, de tout intérêt et de toute pudeur, qui la caractérise. Les nausées et les vomissements sont fréquents et suivis d'un irrésistible besoin de sommeil. Le réveil est quelquefois suivi des symptômes qui se sont manifestés avant que l'ébriété fût complète, mais dans un ordre inverse.

Quand la quantité ingérée est considérable, il en résulte des accidents toxiques graves, caractérisés par des symptômes épileptiformes, coma, analgésie ou anesthésie, contraction ou dilatation de la pupille, lenteur des mouvements du cœur et de la respiration, le tout pouvant se terminer par la mort. — Les lésions cadavériques sont, dans ce cas, des rougeurs, des ecchymoses de la muqueuse stomacale, congestion rénale, hyperémie des poumons, hémorrhagies méningées; cœur et gros vaisseaux remplis de sang noir liquide, mélangé de petits caillots et de gouttelettes huileuses. Ces altérations ont le plus grand rapport avec celles que produisent les gaz irrespirables.

L'élimination de l'alcool se fait en partie par la respiration et par la peau, sans qu'il soit altéré-, le reste doit subir une oxydation, qui le transforme en acide acétique et plus tard en acide carbonique. D'après Gubler, il pourrait se faire que l'alcool se transformât d'abord en hydrogène protocarboné, hydrogène et oxyde de carbone, avant d'être brûlé ; mais cette hypothèse a besoin d'être vérifiée par des expériences directes. — Il est certain que, pendant la première période des effets alcooliques, l'acide carbonique éliminé diminue, soit que l'alcool s'oppose en partie au travail d'élimination des matières usées, soit que l'affinité plus grande de l'acide carbonique pour l'alcool le maintienne momentanément dans la circulation.

L'usage habituel de l'alcool produit fréquemment un empoisonnement chronique, connu sous le nom de Delirium tremens, état de faiblesse générale, de tremblement et d'imbécillité., qui rend les sujets qui en sont atteints impropres à tout travail intellectuel ou physique.

Usages. — A l'extérieur, pur ou dilué, comme stimulant, irritant, astringent, tonique, dans le pansement des plaies récentes, des entorses, des ecchymoses, etc. ; dilué, en injections pour la cure de l'hydrocèle ; en vapeurs, contre les névralgies, rhumatismes, engorgements chroniques froids. — ■ A l'intérieur, comme stimulant diffusible, hémostatique ; dans ces dernières années, on l'a vanté outre mesure dans le traitement des affections inflammatoires et fébriles et contre la phthisie. Son utilité, dans ces différents cas, est fortement contestée par un grand nombre de médecins.

Chim. et toxic. — L'alcool est un liq. incolore, très-volatil et mobile, d'une odeur agréable, d'une saveur chaude et acre, qui devient agréable par le mélange avec l'eau; bouillant à 78°, d'une conservation indéfinie; soluble en toutes proportions dans l'eau, et dissolvant lui-même un grand nombre de corps : métalloïdes, alcalis caustiques, alcaloïdes, sels, huiles volatiles, quelques huiles fixes, résines, etc. Son pouvoir dissolvant s'étend à un plus grand nombre de corps par son mélange avec l'eau. — Le mélange de l'eau et de l'alcool donne lieu à un dégagement de chaleur et à une contraction du liquide. — Il est facilement inflammable ; sa flamme, bleuâtre quand il est mélangé d'eau, prend diverses teintes quand l'alcool est mélangé de sels, même insolubles dans ce liquide : verte sur l'acide borique, jaune sur le chlorure de sodium, violacée sur le chlorure de potassium, rouge sur le chlorure de lithium, purpurine sur le chlorure de strontium, etc. Les acides suroxygénés, permanganique, chromique, azotique, chlorique, oxydent rapidement l'alcool , souvent en déterminant son inflammation. — L'alcool mêlé à la neige peut produire un froid qui atteint jusqu'à — 37°.

Empoisonnements. — Ls recherche de l'alcool après la mort est rarement nécessaire, parce qu'il est rare qu'il y ait doute sur la nature du poison. Néanmoins voici les procédés indiqués : on recueille les matières de l'estomac que l'on distille au B.-M. Les premières portions, soumises à une nouvelle distillation, donneront l'alcool. — S'il s'agit de le rechercher dans les organes où il a pu se fixer après absorption, — foie, poumon, cerveau, sang, — on délayera les matières dans un peu d'eau, et l'on distillera dans le vide en ayant soin d'entourer le récipient d'un mélange réfrigérant. Si la quantité d'alcool est très-faible, sa présence sera manifestée par le moyen suivant : le produit distillé sera reçu dans une dissolution de 1 gr. de bichromate de potasse dans 30 gr. acide sulfurique . il se produit une teinte verte.

L'ivresse est facilement combattue par l'administration de 5 à 13 gouttes d'ammoniaque dans un verre d'eau ou de 10 à 30 gr. d'acétate d'ammoniaque. Si l'alcoolisme est intense, faire vomir et évacuer, administrer de l'ammoniaque; frictions, insufflation d'air.

Fais, et mél. — L'aréomètre donne le degré; il est toujours nécessaire de tenir compte de la température pour avoir des indications exactes ; mais l'alcool peut être mélangé d'esprit de grain, d'esprit de bois, d'huile de ■pommes de terre : dans ce cas, une petite quantité évaporée sur la paume de

ALCOOLATURES

la main laisse une odeur particulière désagréable, qui indique suffisamment qu'il doit être rejeté. — S'il conlient des sels, il laisse un résidu par l'cvaporation ; des matières organiqties : additionné d'une petite quantité de solution d'azotate d'argent, il prend à la lumière une coloration rouge; de V acide suif urique : étant évaporé au 1/10 de son vol., il rougit le tournesol et précipite par les sels de baryte.

Alcool rectifié.

Remplissez aux 3/4 le bain-marie d'un alambic d'alcool de vin à 85°. Distillez les deux cinquièmes de la q. primitive. On a alors l'alcool rectifié qui doit marquer 88 à 90°. Le reste de l'alcool est distillé jusqu'à ce que l'eau de la cucurbite entre en ébullition; le produit est moins élevé en degré et peut être employé dans div. opérations.

Alcool à 95°.

Pr. Alcool de vin à 85». . . 3000 gr. Garb. de pot. desséché . 400 Laissez digérer 2 jours à une douce

chaleur, en agitant de temps en temps.

Puis distillez au bain-marie tout l'alcool. Le produit marque ordinairement 9o" à -f- 15°. — Pour obtenir l'alcool absolu, il faut faire digérer l'alcool à 95° avec 300 gr. de chaux vive en poudre par litre et distiller de nouveau. (God.)

Potion de Tood.

Pr. Eau-de-vie 60

Teint, de cannelle 8

Sirop simple 30

M. — On élève quelquefois la qantité

d'eau-de-vie jusqu'à 100 et 120 gr.

ALCOOLATS.

Les alcoolats sont constitués par de l'alcool chargé de principes odorants. Pour les obtenir, on fait macérer dans l'alcool les substances convenablement divisées, pendant un temps plus ou moins long, et l'on soumet le tout à la distillation au B.-M. Il faut que l'alcool soit d'un degré tel qu'il puisse dissoudre aisément les principes volatils qui doivent se retrouver dans le produit. Il doit aussi être de très-bonne qualité, pour ne pas altérer la finesse des arômes.

Pour les parfums fugaces, on emploie en parfumerie un procédé indirect qui permet d'obtenir certains alcoolats. On dis pose des couches de fleurs, séparées par des morceaux d'étoffes de laine imprégnés d'huile d'olive, et l'on comprime légèrement le tout. Toutes les vingt-quatre heures on renouvelle les fleurs jusqu'à ce que l'huile soit suffisamment chargée; alors on lave les étoffes à l'alcool et Ton distille au B.-M. Ou bien, au moyen d'un mélange réfrigérant, on congèle l'huile qui se sépare naturellement de l'alcool qui surnage.

Les alcoolats sont en général des médicaments stimulants. Un grand nombre ne sont employés que comme aromates, ou destinés à l'usage externe.

ALCOOLATURES.

Les alcoolatures sont des dissolutions dans l'alcool des principes actifs des substances végétales, tels qu'ils existent dansées plantes fraîches; ce sont donc de véritables teintures, faites avec les plantes fraîches. Ces médicaments ont une grande

valeur, parce qu'il arrive que des plantes actives perdent par la dessiccation la plus grande partie de leurs propriétés.

Leur préparation est très-simple : on contuse la plante, récoltée avant la floraison, et on la fait macérer pendant au moins 10 jours avec P. E, d'alcool à 90". 11 est nécessaire que l'alcool soit à un haut degré, parce qu'il est considérablement affaibli par Peau que contiennent les plantes. On ne peut admettre comme mode de préparation logique celui qu'on a proposé, et qui consistait à mêler, à un poids donné d'alcool, le suc provenant de P. E. de plante fraîche. 11 peut arriver que les principes actifs, généralement peu solubles dans l'eau, ne soient pas entraînés par le suc et échappent à l'action dissolvante de l'alcool.

ALCOOLÉS.

Ce sont de simples dissolutions alcooliques. La manipulation se réduit à un mélange, ou exige seulement l'aide du mortier. Les alcoolés ont généralement pour base un acide, un alcaloïde, une huile volatile.

AL.CORNOQUE. Bowdichia Virgilioïdes , Humb. et Bonp. — Légumineuses.

On a employé l'écorce comme amère et astringente et contre la phthisie. Le liber estémétique; il contient une résine qui teint ia salive en jaune. — Poudre ; 2 à 8 gr. — Inusité.

ALKÉKENGE. Coqueret ; Phy salis Alkekengi, L. — Solanées.

Les baies d'alkékenge ressemblent un peu à des cerises et ont une saveur aigrelette et sucrée. Elles sont renfermées dans le calice acrescent, de couleur rouge, et d'une saveur très-amôre. — On a vanté la plante comme fébrifuge, et l'on reconnaît à ses fruits des propriétés diurétiques; ils font partie du sirop de chicorée composé.

L'amertume paraît due, au moins en partie, à la présence d'une matière résinoïde et cristalline, non alcaline, la phy saline, isolée par Dessaigne et Chautard.

AL.L.IAIRE. Sysimbrium Alliaria, Endl. — Crucifères.

Cette plante contient dans ses div. parties une huile essentielle, dont l'odeur se manifeste quand on les froisse, analogue à l'essence d'ail. Elle a en effet des propriétés semblables, mais à un moindre degré. — Excitant, rubéfiant, béchique, antiscorbutique, vermifuge, diaphorétique. — bifusé : 20 p. 1000.

ALOÈS. Àloe, L. — Liliacées.

Sous ce nom on désigne le suc épaissi de diverses espèces

d'aloès. Selon son origine, son mode d'extraction, la plante qui Ta fourni, il prend des caractères un peu différents. On l'extrait des feuilles, dont le parenchyme médullaire, formé de grandes cellules, est rempli d'un liquide mucilagineux très-abondant. Voici les divers modes d'extraction connus : 1° Les Hottentots font des incisions aux feuilles sur pied, et recueillent le suc qui s'écoule sur d'autres feuilles placées sur le sol. 2° Ailleurs on coupe les feuilles, que l'on place debout dans des tonneaux; le suc se rassemble au fond. 3° Les feuilles, hachées, sont exprimées; le liquide, dépuré par le repos, est desséché au soleil. 4° A la Jamaïque, les feuilles, coupées en morceaux, sont placées dans un panier que l'on plonge dans l'eau bouillante; après un certain nombre d'opérations semblables, l'eau étant assez chargée est abandonnée au repos; la solution, décantée, est évaporée et l'extrait coulé dans des calebasses. 5° Dans quelques pays on fait simplement bouillir les feuilles dans l'eau.

Les différents aloès sont fournis par VA. socotrina, Lam. ; l'A. vulgaris , Lam.; VA. spicat a, Thunb; VA. linguœformis , Thunb, etc . Dans le commerce on compte principalement quatre espèces d'aloès :

1° U aloès socotrin vient de l'île Socotora. Couleur rougehyacinthe ou grenat; cassure unie, glacée, conchoïdale; poudre jaune d'or; odeur agréable, analogue à la myrrhe; saveur trèsamère; complètement soluble dans l'alcool. Cet aloès est tantôt transparent, tantôt opaque et traversé par qques veines translucides; on en a vu des échantillons semi-liquides. — Il est aujourd'hui à peu près inconnu dans le commerce.

2° L'aloès du Cap vient de Bonne-Espérance et se vend aujourd'hui généralement sous le nom d'A. socotrin. Couleur brune-noirâtre, à reflets verdâtres; opaque en masse, translucide en lames minces et de couleur rouge foncée ; cassure brillante, vitreuse; poudre jaune verdâtre, saveur très-amère. — On trouve aussi de l'aloès du Cap en masses opaques que l'on substitue au suivant. Il est toujours reconnaissable à son odeur particulière forte, tenace, peu agréable. Il est peu soluble dans l'eau.

3° 'L'aloès des Barbades vient de la Jamaïque et de Barbade; couleur un peu hépatique, qui noircit à la longue ; cassure terne, inégale, grenue; odeur assez forte, rappelant l'iode; poudre jaune rougeâtre sale, brunissant à la lumière; il est plus soluble dans l'eau que l'aloès du Cap et plus estimé que cette dernière sorte; on le désigne généralement sous le nom d'aloès hépatique.

4° L'aloès caballin ne paraît pas être une sorte distincte. D'après les uns, c'est le résidu des autres sortes commerciales ; d'après d'autres, il serait préparé sur les côtes d'Espagne et au Sénégal, par décoction des feuilles. Son odeur est quelque peu empyreumatique. 11 ne s'emploie que pour les préparations vétérinaires.

Comp. — Les feuilles d'aloès contiennent deux sucs très-différents dont le mélange constitue l'aloès commercial; l'un, trèsmucilagineux, contenu dans la partie centrale, est presque insipide; l'autre, contenu dans un tissu cellulaire spécial, voisin de la superficie, est coloré en jaune et d'une grande amertume : il paraît être le seul actif.

Beaucoup de travaux ont été publiés sur cette substance. E. Robiquet en a retiré une matière colorante, Yaloétine, qu'il considérait comme le principal corps constituant de l'aloès. Smith et Stenhouse y ont découvert Yaîoïne. D'après Graves, on obtient facilement cette substance de la manière suivante : On prend 30 gr. aloès sucotrin ou des Barbades concassés; on les jette dans l'eau bouillante, et on agite constamment pendant 20 minutes. Après refroidissement, on acidulé le liq. par l'ac. chlorhyd. ; on filtre, on évapore au B. -M. jusqu'à consistance de sirop épais, et on abandonne au repos dans un lieu frais. Après qques jours, les cristaux sont séparés et purifiés parde nouvelles cristallisations au moyen de l'eau bouillante. — L'aloïne est en cristaux jaune-citron, d'une saveur d'abord sucrée, puis très-amère, soluble dans l'alcool, l'éther acétique, les alcalis. Elle est peu purgative, et ne paraît acquérir cette propriété que par une oxydation. En dissolution, elle se transforme rapidement à l'aide de la chaleur en une substance résinoïde que l'on ne peut plus ramener à l'état d'aloïne.

G. Kosmann a trouvé que l'aloès -était constitué par deux résines électro-négatives, unies à un hydrure de carbone qui se transforme en glucose par l'action des acides ou des alcalis.

Act. phys. — A petites doses (5 à 6 centigr.) il agit comme amer, tonique, stimule l'estomac et facilite la digestion. A dose plus forte, il cause de faibles coliques et des selles diarrhéiques. Son usage prolongé produit une congestion du gros intestin et peut occasionner une fluxion hémorrhoïdale. Chez la femme, son action se porte aussi sur l'utérus qu'il congestionne, en sorte qu'il agit comme un véritable emménagogue. On ne doit pas l'administrer aux femmes enceintes, ni aux personnes atteintes de maladies de la vessie. L'aloès est aussi anthelmintique.

Comme topique, il est fréquemment usité dans la médecine

vétérinaire, et rendrait peut-être de grands services dans la médecine humaine. Il est certain que la pulpe de feuilles fraîches d'aloès calme instantanément les violentes douleurs de la brûlure et favorise singulièrement la guérison.

Un fait très-remarquable, c'est que certaines substances, telles que le sulfate de quinine, les ferrugineux, augmentent beaucoup ses propriétés purgatives; l'extrait de jusquiame modère son action sur le gros intestin.

Doses. — 2 à 15 centigr. comme tonique, 15 centigr. à 1 gr. et plus, comme purgatif, en poudre ou en pilules. Teinture cornp.: 5 à 30 gr.

Poudre.

Pilez grossièrement dans un mortier de fer, desséchez à l'étuve, puis achevez la pulvérisation par trituration et passez au tamis de soie. (Cod.)

Teinture.

Pr.Aloès du Cap en poudre gros. 100

Alcool à 60» 500

F. macérer 5 jours; filtrez.

Teinture d'aloès composée. Elixir de longue vie.

Pr. Aloès du Cap

Racine de gentiane. .

— de rhubarbe. .

— de zédoaire . .

Safran

Agaric blanc

Thériaque

Alcool à 60» ... . .

Versez l'alcool sur toutes les subst.

convenablement divisées, laissez macérer pendant 10 jours, exprimez, filtrez.

— Contient 20 centigr. d'aloèî par 10 gr. (Cod.)

Pilules d'aloès simples.

Pr. Aloès du Cap pulv .... 30

Conserve de roses 15

M., div. en pilules de 15 centigr. et argentez. Chaque pil. contient 10 centigr. d'aloès.

Pilules d'aloès et de savon. Pilules

aloétiques savonneuses.

Pr. Aloès du Cap 'pulv. ... 10

Savon médicinal 10

M., divisez en pil. de 20 centigr.

Pilules d'aloès et de gomme-gutte.

Pilules écossaises ou d'Anderson.

Pr. Aloès Barbade pulv. ... 20

Gomme-gutte pulv. ... ï20

Huile volatile d'anis ... 1

Miel blanc 10

M., faites des pilules de 20 centigr.

Chacune contient 8 centigr. d'aloès et 8 centigr. de gomme-gutte. (Cod.)

Pilules ante-cibum. Grains de vie; Pilules de Clerambourg .

Pr. Aloès du Cap pulv. ... 10 gr. Extrait de quinq. Huanuco. 5

Cannelle pulv 2

Sirop d'absinthe 3

M. et div. en 100 pilules. Chacune contient 10 centigr. d'aloès et 5 centigr. d'extrait de quinquina. (Cod.)

Pilulae aloes compositae. (Phar. Dan.) Pr. Aloès 12

Extrait de gentiane .... 6

Huile volatile de Carvi. . 1

Poudre de guimauve . . Q. S.

(Cod.)

Pilulae aloes et myrrhas. (Bfit. Pharm.)

Pr. Aloès socotrin 56,7

Myrrhe 28,3

Safran sec 14,2

Conserve de roses .... 70,9 (Cod.)

Pilulae aloeticae ferrais. ( Pharm. Germ.)

Pr. Poudre d'aloès 1

Sulfate de protoxyde de fer

desséché 1

M. et faites à l'aide de l'alcool une masse que vous div. eu pilules de 12 centigr. (Cod.)

Suppositoires.

Pr. Aloès finement pulv. ... 5

Beurre de cacao 45

Faites fondre le beurre de cacao, et quand il sera suffisamment refroidi , mélangez l'aloès. Faites 10 suppositoires contenant chacun 50 centigr.

d'aloès.

Pilules angéliques. P. de Francfort,

P. aloétiques rhéo-agaricées.

Pr. Aloès 30

Suc dép. de roses pâles. . 30

— de chicorée ... 15

— de bourrache . . 15

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