‹ Aide-mémoire de pharmacieChapitre 74 sur 376 · CALEBASSE D EUROPE · texte numérisé non relu

CALEBASSE D EUROPE

très-mobile, transparente ; odeur très-agréable, rappelant la rose quand elle se volatilise spontanément à l'air; saveur piquante et fraîche. — A l'extérieur, irritant local, en frictions dans le

— Cajeput.

rhumatisme et la goutte ; à l'intérieur, puissant excitant ; paralysies, coliques, affections vermineuses et convulsives. — 1 à 5 gouttes dans une infusion ou sur du sucre.

CALAGUALA. Polypodium Calaguala, Ruiz. — Fougères.

Rhizome rougeâtre dont l'origine n'est pas certaine, et qui appartient peut-être aune autre espèce que celle indiquée. Vanté en Amérique comme antisyphilitique et antirhumatismal; — inusité en France.

calament. Calamintha officinalis, Mœnch. — Melissa Calamintha, L. — Labiées.

Plante aromatique et amère, à huile essentielle, douée des pro» priétés excitantes de ses congénères. — Infusé : 5 p. 1000.

calebasse d'europe, Gourde ou Cougourde. Lagenaiia vulgaris, Ser. — Gucurbitacées.

La chair est amère et purgative; les semences en émulsion sont tempérantes et rafraîchissantes. — ■ Les semences du poti-

ron (Cucurbita maxima) et du giraumon (C. Pepo) sont employées comme vermifuges, à la dose de 60 gr., broyées avec 500 gr. d'eau. On administre ensuite de l'huile de ricin : c'est une ancienne pratique, remise à la mode.

Le fruit du Calebassier des Antilles (Crescentia Cujete, Solanées), aussi nommé Calebasse ou Caîabasse, sert à préparer de nombreux médicaments toniques et pectoraux, inconnus en Europe.

CAMOMILLE ROMAINE. Anthémis nobilis , L. — Composées.

La plante croît naturellement dans les bois, sur les pelouses, mais on préfère en pharmacie les fleurs doublées par la culture. Odeur forte, agréable ; saveur chaude, amère. — L'analyse de la Camomille est incomplète; on y a trouvé plusieurs substances amères mal définies, et des traces d'acide tannique. Elle fournit aussi une huile essentielle bleue, avec odeur particulière forte et un goût brûlant.

Act. phys. — Agit comme tonique, fébrifuge, antidyspeptique par son principe amer, et comme excitant, stimulant dif— fusible par son principe aromatique. Son usage est fréquent comme stomachique, conlre les crampes d'estomac et les coliques. A haute dose, elle est vomitive. — Poudre : 1 à 4 gr. Infusé : 5 : 1000 ; Esssence : 1 à 5 gouttes.

La Camomille commune ou d'Allemagne, Matricaria Chamomilla, L. ,a une odeur agréable et des propriétés analogues à laprécédente. On lui substitue fréquemment la Camomille des champs, Anthémis arvensis, L., qui lui est inférieure.

La Camomille puante, Maroute, Anthémis Cotula, DC, a une odeur désagréable, fétide. Antihystérique, emménagogue, fébrifuge. — Peu usitée.

Fondre de camomille.

Prép. c. la Poudre de roses rouges.

Huile de camomille.

Pr. FI. sèches de camomille rom. 100

Huile d'olive . . 1000

F. digérer 2 h. au B.-M. couvert, en agitant de temps en temps; passez avec expression, filtrez.

Eau distillée de camomille.

Prép. c. l'Eau dist. de tilleul.

Huile volatile de camomille.

Prép. c. 1 Huile vol. de fl. d'oranger.

Extrait de camomille.

Prép. c. V Extrait de digitale. — Rendement : 22,5/100.

Sirop de camomille.

Prép. c. le Sirop de coquelicot.

CAMPHRE. Huile volatile concrète du Laurus Camphora, L. — Lauracées. == C20H16O2.

11 arrive en Europe en petits grains impurs provenant d'une première extraction opérée en Chine et au Japon : on coupe en

morceaux le bois des camphriers, on le fait bouillir avec de l'eau dans des appareils recouverts dechapiteaux garnis à l'intérieur de paille de riz. Le camphre se sublime et se dépose sur cette paille. — En Europe, on le raffine en le mélangeant avec un peu de chaux et le sublimant au bain de sable dans des matras à fond plat. On obtient ainsi des pains de 1 à 2 kilos propres à être livrés au commerce. — Blanc, fragile, onctueux au toucher , cassure brillante et cristalline; saveur chaude et piquante; odeur forte et pénétrante. — Très-peu soluble dans l'eau (2 à 3 p. 1000), très-soluble dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, les huiles grasses et volatiles.

Pour le pulvériser facilement on l'additionne de quelques gouttes d'alcool ou d'éther, ou encore on le pile dans un mortier avec un peu d'eau et l'on passe au tamis de crin. —La solution alcoolique additionnée d'eau laisse déposer le camphre en flocons pulvérulents. Le lait l'émulsionne bien -, une petite quantité de carbonate de magnésie facilite sa suspension dans Feau. — Le camphre liquéfie les graisses, des résines et des gommes-résines, — Des parcelles de camphre, projetées à la surface d'eau bien propre, éprouvent des mouvements giratoires, qui cessent aussitôt qu'on touche la surface liquide avec un corps gras, et même avec une aiguille qu'on a passée dans les cheveux.

Les alcalis n'ont pas d'action sur le camphre; l'acide acétique le dissout simplement. L'acide sulfurique concentré le décompose en tannin artificiel et charbon; l'acide chlorhydrique gazeux est absorbé (144 vol.), et le camphre ainsi modifié se transforme en un liquide incolore. — D'autre part, le même acide transforme l'essence de térébenthine en un produit cristallin, qui a toutes les apparences du camphre naturel (camphre artificiel). L'acide azotique le transforme en acide camphorique (C20H16O8), et eu huile de camphre (G20H16O), identique au liquide qui s'écoule des incisions faites au camphrier quand il est jeune. C'est un liquide jaune pâle, à odeur de camphre; sa formule indique le mélange d'un hydrocarbure (C20H16) isomère avec l'essence de térébenthine et du camphre (C20R16O2).

Le Camphre de Bornéo provient du Dryobalanops Camphora, Golebr. — Guttii'ères.

Il exsude naturellement du bois, et se réunit sous l'écorce en petites masses cristallines de grosseur variable. Sa formule =* G20Hi8O2 (Bornéol). Il est plus dense que l'eau et moins volatil que le précédent. L'arbre, quand il est jeune, donne par incision un liquide jaune pâle, à odeur térébenthinée, qui paraît

être formé de 94 0/0 d'huile vol. {bornéène = G20H16) et de 6 0/0 de résine.

Enfin, le camphre existe dans les essences d'un grand nombre de plantes : Labiées, Amomées, gingembres, cannelliers, Synanthérées. Toutefois il n'est pas identique avec le camphre du Japon, car celui-ci déviant à droite la lumière polarisée, le camphre des Labiées est inactif, celui de la matricaire dévie à gauche.

Act. phys. — Il a, à dose faible, de grands rapports d'action avec les autres substances aromatiques, et paraît tempérant, sédatif, diaphorétique; à dose excessive, il produit une irritation locale de la muqueuse, suivie de nausées, vomissements, et même de spasmes, convulsions, éclampsie et mort. Nous avons vu 8 gr. de camphre émulsionné, donnés en lavement à un chien de grande taille, produire très-rapidement des accidents tétaniques répétés, tout à fait comparables à ceux qui suivent l'ingestion de la strychnine; pourtant les crises allèrent en s'éloignant et en diminuant d'intensité, et l'animal ne mourut pas (Ferrand).

Il est spécialement éliminé par les voies respiratoires, et ne passe ni dans le chyle, ni dans l'urine. D'après Gubler, c'est ainsi qu'il protégerait la vessie contre l'action irritante des cantharides, de la scille et du garou, en s' opposant à leur passage par les reins.

S'emploie comme stimulant général; comme antispasmodique dans les névroses; comme antirhumatismal et antigoutteux; comme antiputride et anaphrodisiaque. On l'associe à un grand nombre d'autres médicaments.

Dose : 0, 05 à 1 gr. à l'intérieur, sous diff. formes.

Mél. et fais. — Rarement falsifié; on y a mélangé du sel ammoniac, qui, par l'addition de chaux et trituration, dégage de l'ammoniaque, dont l'odeur est facile à reconnaître.

Poudre de camphre.

Réduisez le camphre en poudre au moyen d'une râpe à sucre, passez au tamis de crin. — Extemporanément en triturant dans un mortier, après avoir humecté d'éther ou d'alcool rectifié.

(Codex.) Eau camphrée.

Pr. Camphre 10

Eau distillée 1000

Pulv. le camphre à l'aide de quelques gouttes d'alcool, délayez-le dans l'eau; laissez en contact 48 h. en agitant fréquemment. Filtrez. — A saturation , 100 gr. de cette liq. renferment 33 centigr. de camphre. (Cod.)

Eau-de-vie camphrée.

Pr. Camphre 100

Alcool à 60» 3900

F. dissoudre et filtrez. (Cod.)

Alcool camphré. Esprit de camphre.

Pr. Camphre 100

Alcool à 90" 900

F. dissoudre et filtrez. (Cod.)

Teinture éthérée de camphre. Ether

camphré.

Pr. Camphre 10

Ether alcoolisé à 0,76 90

F. dissoudre dans un flacon bouché.

(Cod.)

C/INNELLE BLANCHE

Linimentam eamphorœ compositum.

(Brit. pharm.)

Pr. Camphre 70,87

Huile vol. de lavande. . . 3,14 Ammoniaque concentrée . 130,40 Alcool rectifié 354,65

Mixtura camphorata. (Pharm. belge.)

Pr. Camphre. 4

Alcool 1

Eau dist 195

Passez à travers un linge.

Pommade camphrée (Raspail.)

Pr. Axonge 100

Poudre de camphre .... 30 Faites fondre au B.-M.

Lavement vermifuge de Haspail.

Pr. Eau 1000,0

Aloès 0,15

Tabac 0,15

Asa-fœtida 0,10

Huile camphrée 40,0

Bougies camphrées.

Pr. Graisse de mouton 500

Cire 10

Camphre pulv 150

Faites fondre le camphre dans la graisse et coulez le tout dans un moule cylindrique (en papier fort) ayant environ 1 centimètre de diamètre. On coupe les cylindres de la longueur de 4 centimètres pour l'anus, et de 6 à 8 pour l'utérus. Hémorrhoïdes , affections utérines.

Elles font partie de la médication de Raspail. (Dorv.)

camphrée DE MONTPELLIER. Camphorosma Monspeliaca, L. — Chénopodacées.

Plante à laquelle on attribue une odeur de camphre fugace, et qu'on a préconisée contre l'asthme, le catarrhe, les maladies de peau, le rhumatisme, l'hydropisie. Infusé : 10 : 1000. ~ Inusité.

canne DE PROVENCE. Grand roseau; Arundo Donax,L. — Graminées.

Rhizomes d'un jaune luisant à l'extérieur, blanchâtres et spongieux à l'intérieur, irréguliers, d'une saveur sucrée; inodores, bien que donnant à l'analyse une mat. résineuse amère et aromatique, vanillée. — Antilaiteux vulgaire, conjointement avec la pervenche. — Infusé : 20 : 1000.

CANNELLE BLANCHE. Canella alba, Murr. — Guttifères.

Ecorce roulée, épaisse, sans épiderme, en longs morceaux jaunâtres à l'extérieur, blancs à l'intérieur, ayant beaucoup d'analogie avec VEc. de Winter. — Elle contient : huile vol., résine, entractif amer, Cannelline (glucoside cristallisable, nonfermentes-

Vinaigre camphre.

Pr. Camphre. . 10

Acide acétique cristallisable . 10

Vinaigre blanc 400

Pulv. le camphre dans un mortier de porcelaine à l'aide d'un peu d'acide acétique concentré; ajoutez peu à peu le vinaigre, mettez le tout dans un flacon à Témeri, agitez de temps en temps, et après quelques jours filtrez. (Cod.)

Huile camphrée.

Pr. Camphre râpé 100

Huile d'olive .-....-.. 900 Div. le camphre dans l'huile; filtrez après dissolution. (Cod.)

Huile de camomille camphrée.

Pr. Camphre râpé 100

Huile de camomille 900

F. dissoudre et filtrez. (Cod.)

Pommade camphrée.

Pr. Camphre divisé 30

Cire blanche 10

Axonge 90

Faites liquéfier l'axonge et la cire, ajoutez le camphre, remuez jusqu'à ce que le camphre soit dissous et la pommade presque refroidie. (Cod.)

Linimentum camphorae. (Brit. pharm.)

Pr. Camphre 28,35

Huile d'olive 103,75

iiï

CANNELLE DE GEYLAN

cible). — Ses propriétés sont stimulantes, voisines de celles de la cannelle de Geylan et du girofle. — Entre dans quelques préparations officinales.

Poudre de cannelle blanche.

Prép. c. la Poudre de cannelle.

cannelle DE CEYLAN. Cinnamomum ZeylanicurriyBreyne ; Laurus Cinnamomum, L. — Lauracées (fig. 25).

4L sï/tP&r^czr'

Fig. Ta. — Cannelle de Ceylan.

Ecorces privées d'épidémie et roulées sur elles-mêmes ; en longs tuyaux qui en contiennent déplus petits, scarieux, lisses, fauves. — Od. agréable ; saveur chaude, sucrée, puis brûlante. — Ren-

CANNELLE DE GEYLAN

ferme : huile vol., tannin, mat. azotée, mat. colorante, résine, amidon, ligneux, acide cinnamique.

Stimulant, carminatif, antispasmodique; tonique propre à relever les forces, et à favoriser le flux mensuel ; elle entre dans la composition d'un grand nombre de médicaments toniques, purgatifs et autres.

L'essence de cannelle, préparée à Ceylan avec les débris d'écorces, des feuilles et d'autres parties du cannellier, est presque entièrement constituée par 1 hydrure de cynnamyle (G18H802) .

— Dose : 1 à 3 gouttes.

La Cannelle de Chine est fournie par le Cinnamonumaromaticum, Nées; Laurus Cassia, L., qui croît à Malabar, en Chine et Ccchinchine. Les tuyaux sont simples et beaucoup plus épais que les précédents. — Od. moins agréable et moins forte ; saveur moins chaude. — Cette espèce, beaucoup plus employée comme condiment, est bien inférieure à la cannelle de Ceylan. Mêmes propr. générales.

La Cannelle giroflée des Moluques ou Ec. de Culilawan, Cinnamomum Culilawan, Blume, — Lauracées; est originaire de Java, où elle est employée comme masticatoire et comme aromate. Mêmes propriétés. — Inusitée.

La Cannelle giroflée ' du Brésil, Dicypelium caryophyllatum, L. — Lauracées; formée de bâtons contenant un grand nombre d'éc. minces, roulées et serrées; brunes, à forte od. de girofle.

— Mêmes propriétés.

Foudre de cannelle.

Pr. Cannelle de Ceylan. . . . Q. V.

Pulv. grossièrement; séchez à l'étuve modérément chauffée; achevez la pulvérisation par contusion dans un mortier de fer, passez au tamis de soie.

(Cod.)

Teinture de cannelle.

Pr. Cannelle de Ceylan en poudre demi-fine 100

Alcool à 8'0° Q. S.

Opérez par déplacement comme pour la teinture de quinquina, de manière à obtenir 5 p. de liqueur pour 1 p. de substance. (Cod.)

Eau distillée de cannelle.

Pr. Cannelle de Ceylan concassée 1000

Eau Q.S. .

F. macérer 12 h. et distillez pour obtenir :

Produit distillé 4000-

(Cod.)

Huile volatile de cannelle.

Pr. Cannelle de Ceylan grossièrement pulv 5000

Eau 20000

F. macérer 2 j. et distillez 5000 de produit; décantez l'eau et reversez-la dans la cucurbite par la tubulure; redistillez 5000 de liq. et reversez dans la cucurbite de la même manière; continuez ainsi jusqu'à ce que l'huile vol. ne paraisse plus augmenter. Enfin laissez déposer 24 h., décantez l'eau qui surnage et renfermez l'huile dans un flacon bouché. (Cod.)

Alcoolat de cannelle. Esprit de cannelle. Pr. Cannelle de Ceylan .... 1000

Alcool à 80», ....... 8000

Pulv. grossièrement la cannelle ; faites macérer avec l'alcool pendant 4 j., puis distillez au B.-M. pour retirer toute la partie spiritueuse. (Cod.)

Sirop de cannelle.

Prép. c. le Sirop de fl. d'oranger.

CANTHAR1DE

pharm.) . . 113,40 . . 85,05 . . 85,05 . . 42,52

Vin de cannelle. Vin cordial.

Pr. Cannelle

Vin de malaga

Laissez macérer (Ber).

Pulvis aromaticus. (Brit.

Pr. Poudre de cannelle.

— de muscade

— de safran .

— de girofles .

— de cardamome . . 28,35 Sucre en poudre 708,72

Mêlez.

Pnlvis aromaticus. (Pharm. germ.) Pr. Poudre de cannelle. ..... 5

— de petit cardamome. . 3

— de gingembre 2

Mêlez.

Tinctura cinnamomi composita. Tinctura aromatica. (Pharm. Bad. — Bav.

— Belg. — Boruss. — Dan.)

Pr. Cannelle

Semences de petit carda -

morne

Girofles

Racine de galanga

— de gingembre ....

Alcool rectifié 480

Alcoolat de cannelle composé. Esprit

de vie de Matthiole.

Pr. Cannelle 30

Galanga. . . .

Marjolaine. . , Menthe ....

Cubèbe . . .

Bois d'aloès .

Gingembre. .

Zédoaire. . .

Girofle. . . . Muscade. . .

Macis. . .

Acore ....

Thym. . . .

Serpolet . . .

Sauge. . . .

Romarin. . .

Roses rouges., Santal citrin. .

Petit cardamome.

Anis ......

Fenouil

Zeste de citron 45

Alcool à 80» c 3000

Distillez toute la partie spiritueuse.

(Dorv.)

Potion cordiale des Hôpitaux.

Pr. Vin rouge 125

Sirop simple 25

Teint, de cannelle 10

Sirop de cannelle vineux.

Pr. Vin de cannelle 10

Sucre 15

Eau de Botot

Pr. Anis

Girofle

Cannelle

Ess. de menthe Eau-de-vie ....

Laissez macérer huit jours, filtrez et ajoutez :

Teinture d'ambre 4,0

Dentifrice très-usité. (Cad.) Des auteurs y ajoutent de la cochenille.

"Voici une bonne modification de l'eau de Botot :

Pr. Girofle 50

Cannelle 50

Badiane . 50

Cochenille 25

Crème de tartre 25

Essence de menthe 25

Alcool à 80» c 8000

On coneasse les aromates et on les met dans l'alcool, ainsi que l'huile volatile. D'autre part, on triture la cochenille avec la crème de tartre à l'aide d'un peu d'eau; on ajoute ce mélange au premier; on laisse en contact dix jours et on filtre. (Dorv.)

Elixir antiapoplectique des Jacobins de Rouen. Eau apoplectique.

Pf. Cannelle 60

Santal citrin 60

— rouge 30

Anis vert . 40

Genièvre 60

Sem. d'angélique 25

Contra-yerva 25

Galanga. 10

Impératoire 10

Réglisse 10

Bois d'aloès 10

Girofles 10

Macis 10

Cochenille 5

Alcool à 85°. . 3840

(Guib.) Stomachique.

GANTHARIDE, Mouche d'Espagne; Cantharis vesicatoria, Geoff. Meloe vesicatorius, L. — Insectes coléoptères (fig. 26).

Insectes longs de 15 à 20 millim., larges de 4 à 6; antennes noires ? filiformes, à 11 articles; tête plus grosse que le corselet;

CANTHÀRIDE

Fig. 26. — Cantharide et ses œufs deur naturelle; 6, grossis.

gran-

élytres flexibles, finement guillochés, aussi longs que l'abdomen; couleur générale vert-doré. — Od. forte, désagréable, persistante, même quand Pinsecte est desséché et ver- ^*\ >****" \ % moulu. — On les récolte le matin avant le lever du soleil, en secouant les arbres (frênes, lilas, troènes), au pied desquels on a étendu des draps; on les tue par immersion dans le vinaigre bouillant ou en les exposant à sa vapeur ; on fait sécher, et Ton conserve en vase clos. La majeure partie vient d'Ukraine et de Yalachie.

— Elles sont rapidement attaquées par différents insectes et acarus; la vermoulure conserve en partie les propriétés vésicantes. La présence du camphre, du carbonate d'ammoniaque, du mercure dans les vases qui les contiennent, ne paraît pas assurer leur conservation. — 11 faut les choisir entières et récentes.

Gomp. — Huile grasse, verte; matière jaune; acide urique; acide acétique ; phosphates de chaux et de magnésie ; cantharidine. (Robiquet.) Huile volatile. (Orfila.) Matière rouge altérable. (A. Fumouze.)

On obtient la cantharidine en traitant les canth arides par le chloroforme (W. Procter) et purifiant l'extrait obtenu par le sulfure de carbone (Mortreux et A. Fumouze), qui enlève les mat. grasses et colorantes. Plusieurs cristallisations permettent de l'obtenir tout à fait pure. — C'est une substance neutre? bien qu'azotée, Ci°H604 (Robiquet), G6H7AZ06 (Liebig). Les parties molles de l'insecte en contiennent beaucoup plus que les parties dures (Berthoud et Fumouze); en lames micacées, insol. dans l'eau; sol. dans l'alcool, l'éther, les huiles, la benzine, etc. C'est à elle que sont dues les propriétés vésicantes des cantharides; elle est volatile à la temp. ordinaire, fusible à -j- 210° et se sublime en partie.

Act. phys. — Appliquées à l'extérieur, les cantharides produisent au bout d'une ou deux heures une sensation de chaleur qui devient cuisante, et s'accompagne de rougeur et tuméfaction. Puis l'épiderme est soulevé par des vésicules contenant

150 CANTHA-RIDE

de la sérosité, et ces vésicules se réunissent souvent pour former une grosse phlyctène qui occupe toute la surface altérée. La rapidité d'action dépend et de la délicatesse de l'épiderme, et de la vitalité locale. Il arrive qu'un contact même très-prolongé ne produit aucun résultat. (Gubler.) Après ce premier effet produit, la cantharidine absorbée, portée dans la circulation, se manifeste de la même manière que lorsqu'elle a été ingérée par l'estomac.

Ingérée, la cantharide provoque une sensation de brûlure à l'estomac suivie de nausées et vomissements; la cantharidine passe dans la circulation. Quand la dose est forte : soif, fièvre, peau chaude et sudorale, ardeurs d'urine, priapisme, douleur dans le bas-ventre. La miction est douloureuse, l'urine contient de l'albumine et du sang; hydrophobie, ptyalisme, sensibilité extrême du ventre; puis délire, convulsions, tétanos, coma et mort. Quand le sujet résiste, la fièvre tombe peu à peu, la température s'abaisse et le malade épuisé reste dans la résolution.

Gomme agent thérapeutique, la cantharide est le plus employé et le plus sûr des vésicants. La cantharidine, qui n'avait pas d'emploi jusqu'à ces derniers temps, a été utilisée à la confection de vésicatoires propres, actifs et peu coûteux, dont l'action sur la vessie paraît nulle, grâce à l'exclusion des corps gras, qui sont les véhicules nécessaires de la cantharidine. (Dusart et Ferrand.) A l'intérieur, contre la paralysie vésicale, le diabète, comme un stimulant actif ; comme aphrodisiaque et antiherpétique. C'est un médicament incertain et dangereux.

Doses. — Poudre : 2 à 5 centigr. Teinture: 1 à 10 gouttes.

Toxic . — A l'autopsie, nombreuses ecchymoses dans l'estomac et l'intestin; reins, uretères, vessie enflammés; muqueuse de la vessie épaissie, ramollie, friable, quelquefois avec ecchymoses et phlyctènes ; le pénis est roidi, comme gangrené.

La recherche du corps de délit est assez facile, quand les cantharides ont été administrées en poudre. On délaye les matières avec un peu d'alcool et on les étend sur un verre pour les examiner au microscope; on aperçoit alors quelques points brillants d'un vert mordoré provenant des élytres. L'intestin sera vidé, insufflé et suspendu avec un poids à la partie inférieure ; après dessiccation, on le coupera en petits morceaux qu'on examinera successivement. Il faudra ensuite recueillir les menus débris d'insecte et tenter de reproduire avec eux une vésication, pour bien prouver leur nature et leur origine. D'ailleurs la présence de ces déhris, coïncidant avec les symptômes observés pendant la marche de l'intoxication, est un indice certain. — Quand l'empoisonnement a eu lieu par la teinture, l'extrait, etc., la recherche offre plus de difficulté. On ne peut penser à isoler la cantharidine ; il faut se contenter de traiter par l'éther toutes les matières; l'ex-

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