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CHAPITRE XV

Le perfectionnement des organes atteint chez les Mammifères son plus haut degré.

Vertébrés à température constante; amniens et al lantoïdiens ; pourvus de mamelles sécrétant un liquide au moyen duquel le jeune utilise les matériaux nutritifs assimilés par la mère; respiration pulmonaire ;

circulation double; cœur à quatre cavités ; température constante ; possédant un crâne articule au rachis par deux condyles occipitaux ; couverts de poils; membres disposés , en général, pour la marche ; vivipares ( sauf les Monotrèmes).

Appareil digestif. — La bouche et la cavité pharyngienne antérieure sont logées dans la tête; une partie de l’œsophage et la partie postérieure du pharynx dans le cou; le reste de l’appareil est contenu dans le tronc, qu’une cloison musculaire, le diaphragme, divise en thorax et abdomen; l’œsophage le traverse, puis pénètre dans l’estomac ; l’intestin grêle est divisé en duodénum, jéjunum et iléon, très sinueux et enveloppé par le péritoine. L’intestin est plus long chez les Herbivores que chez les Carnivores. La valvule iléo-cæcale sépare l’iléon du gros intestin. Celui-ci se divise en cæcum, côlon et rectum. Le cæcum est situé au-dessus de la valvule, le côlon se divise en côlon ascendant, côlon descendant et côlon transverse, la partie contournée qui le termine est l’S iliaque; le rectum est droit et se termine par l’anus.

La bouche est limitée par des muqueuses, soutenues ou non par des os. Le plafond en est formé par un os ( palatin ) indépendant de la base du crâne ; le plancher et les parois latérales (joues) sont membraneux. En avant, des replis charnus (lèvres) servent à la préhension des aliments. La langue, insérée sur l’os hyoïde, est très musculaire et très sensible.

Les maxillaires sont creusés d’alvéoles pour les dents. Il y a une dentition dite de lait, précédant la dentition définitive. On compte à la mâchoire trois sortes de dents : les incisives, tranchantes, situées en avant (sur un os prémaxillaire) ; les canines, aiguës, insérées sur les maxillaires mêmes; les molaires, à large couronne et ayant deux ou trois racines. Les

molaires de la première dentition sont dites 'prémolaires. Pour chaque mâchoire et d’un même côté, l’Homme, par exemple, présente deux incisives, une canine et cinq molaires, soit trente-deux dents, car la dentition est identique sur les deux maxillaires. Il n’en est pas toujours ainsi : la mâchoire inférieure peut être armée d’une manière autre que la mâchoire supérieure ; aussi dans une formule dentaire représente-t-on toujours la dentition de chacune des mâchoires, d’un même côté. Pour l’Homme, on aura deux termes identiques, qu’on

écrira : I— ! *— ce qui signifie, à la mâchoire su-

périeure, 2 incisives, 1 canine, 2 prémolaires, 3 molaires, et de même à la mâchoire inférieure. La

formule 0—7- représenterait celle d’un Mammi- 3. 1. 3. 4.

fère ayant au maxillaire supérieur 4 incisives, 1 canine, 3 prémolaires et 4 molaires, et à la mâchoire inférieure 3 incisives, 1 canine, 3 prémolaires et 4 molaires.

On compte trois paires principales de glandes salivaires. Le conduit des parotides est le canal de Sténon, celui des sous-maxillaires est le canal de Wharton, et celui des sublinguales, le canal de Bartholin et celui de Rivinus.

La variété des formes de l’estomac est grande, sa complexité remarquable chez les Herbivores. La région pylorique et la région cardiale sont, chez ces animaux, divisées chacune en deux parties. La portion pylorique, qui joue dans la digestion stomacale le rôle prépondérant, semble n’être qu’un appendice. La communication de l’œsophage à cette région s’établit par la gouttière œsophagienne , qui s’entr’ouvre quand les aliments non mâchés y arrivent. Ils peuvent s’entasser dans une vaste poche

cardiale, la panse. De la panse, les aliments passent dans le bonnet , dont la muqueuse est fortement plissée ; de là, ils remontent dans la bouche, où ils subissent une longue mastication, et une salivation qui les rend tellement fluides, qu’à leur arrivée à la gouttière, ils ne peuvent plus ouvrir celle-ci, mais la suivent et pénètrent ainsi dans le feuillet , à muqueuse très abondante en papilles. De là, ils passent dans la région terminale, la caillette , fermée, comme chez tous les Mammifères, par une valvule pylorique.

La muqueuse de l’intestin grêle est plissée de valvules conniventes, c’est dans cette partie que débouchent le canal cholédoque et le canal de Wirsung. La vésicule biliaire fait parfois défaut; en ce cas, le canal cholédoque s’accole au canal de Wirsung et tous deux se jettent dans une poche commune, Y ampoule de Water.

Le cæcum manque ou est très réduit chez les Carnivores, il est au contraire très développé chez les Herbivores; il présente chez les Rongeurs une valvule spirale et parfois porte un appendice mince, dit appendice vermiculaire .

Appareil circulatoire. — Le cœur présente deux oreillettes et deux ventricules, l’une de ses moitiés est veineuse, l’autre artérielle. Des arcs aortiques embryonnaires, le premier gauche persiste. Cette aorte emmène hors du ventricule gauche le sang hématosé. A sa sortie du ventricule, elle donne deux artères coronaires , qui serpentent sur le cœur même; elle monte dans le péricarde, se recourbe à gauche [crosse de raorte).e t descend, traverse la cavité thoraco-abdominale sous les noms d ’ aorte thoracique et d’aorte abdominale , puis se divise en trois branches, les iliaques primitives et une artère sacrée qui longe le sacrum. De la crosse, partent, vers la tête, les carotides primitives et les sous-clavières. Chacune des

premières se divise en deux branches, l’une externe [carotide externe) y dont un rameau ( artère temporale ) se ramifie sur la face et dans les organes de mastication, d’olfaction, d’audition [a. maxillaire interne ). La branche interne [carotide interne) irrigue l’œil et la partie antérieure du cerveau. Le reste de l’encéphale et la moelle épinière reçoivent une branche de la sous-clavière, la vertébrale . La sous-clavière nourrit le bras, elle donne l’artère axillaire qui passe dans le creux de l’aisselle, Yhumérale qui traverse le bras dans sa longueur et se divise au coude en une radiale et une cubitale. L’aorte thoracique se distribue à l’œsophage, aux espaces intercostaux, aux bronches, elle nourrit les poumons. De l’aorte abdominale part le tronc cœliaque, qui va aux viscères, se divise en artères stomachique et hépatique allant au foie et à l’estomac, artère splénique irriguant la rate, mésentérique, rénale, spermatique ou ovarienne .

Les iliaques primitives se divisent en une iliaque interne ramifiée dans le bassin et une iliaque externe qui traverse la cuisse [a. fémorale), le creux du jarret [a. poplitée) et là se ramifie en une tibiale et une pédieuse d’une part, une péronière et une tibiale postérieure de l’autre.

V artère pulmonaire est le principal vaisseau de la petite circulation, elle naît du ventricule droit, se bifurque au-dessous de l'aorte, et ses rameaux se ramifient encore dans chaque organe respiratoire.

Quatre veines pulmonaires ramènent le sang hématosé au cœur, elles débouchent dans le ventricule gauche par quatre orifices.

Toutes les veines se réunissent dans deux troncs principaux, la veine cave inférieure et la veine cave supérieure . La première résulte de la fusion des veines iliaques primitives, correspondant aux artères

Aorte.

de ce nom. On peut ajouter qu’à chaque artère correspond une veine au moins qui raccompagne sur tout son trajet. La veine cave supérieure résulte de Tunion des troncs brachio-céphaliques veineux, ceux-ci résultent de même de la fusion d’une veine

jugulaire descendant de la tête avec une veine sowsdavière venant du bras. La veine azygos met en communication les deux veines caves relie est située le long de la colonne vertébrale.

Nous résumons dans le tableau suivant les principales artères et les principales veines d’un Mammifère supérieur (1) :

Artères.

Pulmonaire.

Abdomi-

nale.

Tronc

brachio-

/• Carotide ( Carotide interne.

( primitive droite. ( Carotide externe.

Axillaire.

; Crosse

Thora-

cique.

\ céphalique I Sous-clavière J \ droite.

I Carotide primitive gauche, r Sous-clavière gauche.

\ Coronaires.

( Œsophagiennes.

< Inter- j Dorsales.

\ costales, i Spinales.

/ Diaphragmatiques.

Tronc i Stomachique.

\ Hépatique, cœliaque. / 0 5,

^ ' Splenique.

1 Humérale.

1 Radiale.

\ Cubitale.

Mésenté-

t Supérieures.

( Inférieures.

riques.

, Rénales.

Spermatiques ou utéro-ovariennes.

Lombaires.

[ Sacrée.

Iliaques \ primitives.

» Iliaque interne (hypogastrique).

| ! Fémorale.

Iliaque externe.

| Poplitée.

Tibiale antérieure.

[ Tronc tibio-péronier

(1) Pour des détails complets à ce sujet, consulter Paul Lefert, Aide mémoire d'anatomie à V amphithéâtre .

Veines.

Veines pulmonaires.

/ Tronc \ brachio-

/ Supérieure céphaliqu e

# ^ I A PA î f

Iliaques

i primitives. ) ...

I l Iliaque externe.

\ Inférieure .

Sous-clavière / Humérales, et ] Cubitales,

axillaire. ( Radiales.

Jugulaire interne.

Tronc brachio céphalique gauche.

( Iliaque interne. . Hypogastrique.

Fémorale.

[ Poplitée.

Tibiale.

Veine porte . . .

i Sus-hépatiques.

[ Rénales.

Diaphragmatiques.

| Grande mésaraïque.

j Splénique.

Chez les Mammifères, l’appareil lymphatique présente deux canaux principaux : l’un amène dans la veine sous-clavière gauche la lymphe de la moitié gauche du corps, c’est le grand canal thoracique ; l’autre déverse dans la sous-clavière droite la lymphe de la moitié droite du corps, c’est la grande veine lymphatique.

Appareil respiratoire. — L’appareil respiratoire est composé de deux poumons suspendus dans la cage thoracique et dans lesquels se ramifient indéfiniment les bronches.

L’artère pulmonaire pénètre dans le poumon audessous de la bronche primaire, qu’elle suit sur son côté dorsal, tandis que la veine pulmonaire suit le côté ventral. La trachée, rectiligne, est un tube membrano-cartilagineux cylindrique, placé en avant de l'œsophage; le larynx lui fait suite, sa cavité est tapissée d’un épithélium vibratile; le pharynx suit le larynx, il sert aussi au passage des aliments; enfin l’air pénètre dans le larynx par les cavités nasales, qui se composent des narines ou naseaux, à parois dilatables, et des fosses nasales à parois fixes, communiquant avec des cavités creusées dans les os

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