TRANSLATION DES OUVRIERS
Dès que la profondeur atteint 300 mètres, ce qui suppose 20 minutes pour la descente et 45 pour la montée, il faut opérer la translation des ouvriers par des moyens mécaniques : bennes ou cages d'extraction, échelles mobiles ou appareils à tiges oscillantes (fahrkunst, ivarocquère), et enfin cages guidées, dans le puits d'extraction, ou dans un compartiment séparé ou encore dans un puits spécial.
Souvent, le puits principal d'exploitation est divisé en quatre compartiments pour Yexhaurc, l'extraction, l'ae'rage et les échelles.
Dans les exploitations importantes, et surtout lorsqu'il y a à redouter des accidents par éboulements, dégagements de gaz nuisibles ou délétères, venues d'eaux souterraines, incendies, etc., il est prudent de ménager une double communication avec le jour pour la translation des ouvriers. Dans ce cas, les deux issues doivent être séparées par un intervalle d'au moins 40 mètres, afin qu'un accident quelconque ne puisse simultanément déterminer leur obstruction.
L'issue supplémentaire est, dans la plupart des cas, simplement garnie d'échelles fixes.
Résultats comparatifs de translations à la profondeur de 360 mètres
Données
Par bennes ou tonnes
Par cages guidées
^Nombre d'ouvriers descendus à la fois.
Vitesse par seconde, en mètres
Durée de la descente, en minutes
Temps d'arrêt, en minutes
Durée totale d'une descente, en minutes.
Temps employé à monter et descendre,
en minutes
Nombre d'ouvriers descendus par heure
170 AIDE-MÉMOIBE I>U MINEUR
Certaines exploitations très actives emploient pour la descente et la montée des hommes les appareils à tige oscillaurte (fahrkunsten Allemagne, man-engine en Angleterre, waro&~ quère en Belgique). Ce sont des échelles verticales à mouvement alternatif qui se meuvent le long du puits ; celui-ci porte sur ses parois des paliers disposés de 3 en 3 mètres. L'ouvrier monte, pour ainsi dire, par grandes enjambées.
L'appareil peut être double, et les deux échelles ont un mouvement alternatif en sens contraire; de sorte que les hommes passent successivement de l'une à l'autre pour s'élever.
La warocquère à balancier hydraulique donne 8 mouvements par minute, ce qui correspond à une vitesse detranslation pour les ouvriers de 24 mètres par minute.
La fahrkunst dé la fosse Kœnigin Maria, à Clausthal, fonctionne jusqu'à 628 mètres de profondeur dans un compartiment, de 2 mètres carrés de section, du puits d'extraction.
Elle est montée à double tige et marche à la vitesse de 9i centimètres, de sorte que la descente d'un homme s'effectue en 13 minutes et 38 secondes ; et la totalité des ouvriers, 300 hommes, est déposée au fond en 73 minutes et 6* secondes.
La machine motrice est à deux cylindres horizontaux conjugués, de m ,784 de course; elle transmet, par engrenages, le mouvement aux varlets et à la maitresse-tige en fer.
Les échelles mobiles constituent le mode le plus rapide de translation, mais elles ont le défaut de demander un entretien minutieux et une attention soutenue de la part des ouvriers chaque fois qu'ils ont à passer sur un palier.
Elles ne sont plus guère employées que dans les mines métalliques dans lesquelles le travail se fait simultanément à divers étages, et où les puits sont rarement dans des conditions 4e dressage permettant l'installation d'un guidage convenable.
Dans les grandes mines, on préfère actuellement le mode de translation par cages guidées. Celles-ci sont munies de para- -chutes qui provoquent un arrêt dès que l'un des organes de suspension vient à manquer. Les parachutes à action graduelle, qui agissent par friction ou par pénétration dans les pièces du guidage, paraissent inspirer plus de confiance que les parachutes à effet instantané.
TRANSLAf ION DES OUVRIERS 471
Les accidents de translation, en dehors de ceux qui sont imputables à la faute des ouvriers, sont dus à quatre causes :
1° Insuffisance des signaux entre le fond et le jour;
2° Inattention du mécanicien chargé de la machine d'extraction ;
3° Rupture des organes de suspension ;
4° Déplacement ou usure des guidages.
Les signaux se font par appels à la voix jusqu'à la profondeur de 100 mètres ; au-delà, on emploie une sonnerie actionnée par une corde et un levier ou par un courant électrique.
Dans la salle des machines, le mécanicien doit connaitre, à chaque instant, sans aucun effort, la position de l'appareil de translation dans le puits.
Nous avons indiqué, dans un chapitre précédent, les diverses précautions à prendre relativement aux câbles de suspension, à leur surveillance et à leur entretien en bon état.
Bibliographie
Reumeaux. — Questions se rapportant à la montée, à la descente et à la circulation des ouvriers mineurs.