‹ Aide-mémoire général et alphabétique des ingénieurs (volume 2)Chapitre 173 sur 286 · PARATONNERRE · texte numérisé non relu

PARATONNERRE

gentes rayonnant Ters plusieurs points de l'espace. « Tant que Ton ce n'aura pas prouré^ par des expériences^ qu'une pointe unique « agit toujours plus fortement qu'un groupe de pointes disposées en « étoile, on n'aura pas le droit de ranger les paratonnerres à pointes « multiples parmi les conceptions qui ne méritent que le dédain. <c Je conyiendrai néanmoins que, en attendant ces expériences, il « sera sage et très-suffisant de s'en tenir à la forme recommandée « dès l'origine par Franklin. » (M. Àrago.)

Quant aux paratonnerres dirigés obliquement, ils ont aussi leur utilité.

Rayon d'action des paratonnerres. D'après M. Arago, on est autorisé à porter l'amplitude de l'action préservatrice des paratonnerres implantés sur les parties culminantes des édifices au double de la hauteur des tiges au-dessus de leur point d'attache; de sorte que le nombre des tiges à placer sur un comble sera suffisant lorsqu'il n'y aura aucun point du comble dont la distance horizontale à la tige la plus voisine soit plus grande que le double de la hauteur de cette tige au-dessus de sa base.

Vèfficacité des paratonnerres est-elle constatée? Parmi les faits nombreux et intéressants cités par M. Arago en réponse à cette question^ je me borne à résumer les suivants :

L'église du château d'Orsini, en Garinthie^ était frappée de la foudre quatre ou cinq fois chaque année. Un paratonnerre y est établi en 1778; et, depuis cette année jusqu'en 1783, elle ne reçoit qu'un seul coup de foudre qui fond la pointe de son paratonnerre sans produire d'autre accident.

Depuis l'époque de sa construction , l'église de Saint-Michel, à Charlestoiionj était visitée et endommagée par la foudre chaque deux ou trois ans. On se décide à l'armer d'un paratonnerre, et elle n'est pas frappée une seule fois, durant la période de 14 ans qui suit son établissement.

En 1772, Toaldo imprimait que le château royal de Turin^ le Yaleniino, n'était plus frappé de la foudre depuis que Beccaria avait armé ses principaux pavillons de paratonnerres. Il était souvent ravagé avant cette époque.

Le clocher de Saint-Marc, à Venise, était souvent et rudement foudroyé; on n'a pas connaissance qu'il l'ait été depuis 1776. époque où il fut armé d'un paratonnerre.

La tour de Sienne^ souvent foudroyée et endommagée par la foudre, a été munie d'un paratonnerre en 1777. Elle reçut une nouvelle décharge le 18 avril de cette même année, après la pose de l'appareil ; mais la foudre ne produisit aucun dégât.

U y a> dans le DevonshirCj six églises dont les clochers sont élevés. Toutes les six ont été frappées de la foudre dans l'espace de

1244 PA&ÂTONNEaHE.

quelques années. Une seule Ta été sans éprouver de dommages : c'est aussi la seule qui soit armée d'un paratonnerre.

Le 13 juillet 1770, la foudre tombe simultanément à Philadelr phie sur un slo&p et sur trois maisons. L'une d'elles est armée d'un paratonnerre I la pointe en est fondue sur une assez grande lon^ gueur, sans plus de dégAt. Les deux autres maisons et le sloop sont fortement endommagés.

Au mois de juin 181 3, à Pari-Royal^ Jamaïque^ le yaisseao le Norge et un navire marchand sont frappés de la foudre au milieu d'un grand nombre d'autres bâtiments armés de paratonnerres qui ne sont pas atteints. Le Norgn et le navire marchand seuls en étaient privés parmi ceux qui les entouraient.

En janvier 1814^ le tonnerre tombe dans le port de Plymouth : un seul vaisseau, le Milford est frappé, et c'est aussi le seul qui n'est pas armé d'un paratonnerre.

En janvier 1830, dans le canal de Gorfou, trois coups de foudre terribles atteignent le paratonnerre du vaisseau anglais VEtna. Ce bâtiment n'éprouve aucun dommage. Les vaisseaux sans paratonnerres^ le lU(idag<iscar et le MosquetOy placés non loin de VEtna sont également frappés et la foudre y cause des dégftts considérables.

Les bâtiments armés de paratonnerres ne sont-ils jamais foudroyés? Nous venons de voir que des bâtiments armés de paratonnerres avaient été foudrojés^ mais sans dégâts. Voici quelques autres faits empruntés en partie â la même notice, et qui expliquent de diverses manières l'irruption de la foudre sur des bâtiments protégés

Le 17 juin 1774, la foudre tombe à Tenterden (Kent) sur une des quatre cheminées de la maison de M. Haffhnden, quoic^ue Tune d'elles soit surmontée d'un paratonnerre ; mais la cheminée foudroyée est à une dislance de 15 mètres du paratonnerre, et la pointe de celui-ci ne dépasse que de 1™.50 le niveau de la cheminée foudroyée.

Le fait suivant est d'une explication plus difficile, et les adversaires des paratonnerres, ceux qu'on appelle les dissidents ^ le considéreront peut-être comme un démenti donné par la foudre elfe* même à l'illustre inventeur. Le 15 mai 1777^ la foudre frappe le magasin à pondre de Pur/leet, à cinq lieues de Londres, malgré le paratonnerre que Franklinj Catendishj Watson^ etc., y avaient fait établir. Les d^âts sont peu importants. Le conp de fondre atteint un point du bâtiment situé à une distance du pied du paratonnerre moindre qu^sa hauteur; mais la pointe de la tige nUtait pas bien aiguë.

Le 17 juin 1781, un violent coup de foudre atteint la maison des pauvres de Heekingham (Norfolk), malgré les huit paratonnerres

PAR4T0NNEBRE. H45

dont elle dst armée $ mais le point frappé d'abord eàt à 16«.5ê du paratonnerre le plus voisin et à 6™. 60 seuloment en contre-bas de sa pointe. Une large plaque de plomb reeOuTraîtoe point; déplus les conddctears ne se terminaient pas dans un sol suffisamment bomide.

Le 22 juin 1808, la foudre tombe sur le paratonnerre du chft« teau de ÉnonaUy près Zurich. Le premier 4ioup de foudre est suivi presque immédiatement d'un antre qui frappé, à quelques pas du efaâteau, la maison de M. Walder^ munie également d'un paratoû* nerre^ y tue deux enfants et en renverse Crois autres.

Le Journal des Débats du 3 février 1815, citanl le Mtreurs du Rhin^ annonce que le clocher de Cologne, qui a été frappé delà foudre et qui est devenu la proie des flammes, était armé de deux paratonnerres.

Le 4 janvier 1827, la foudre tombe sur le paratonnerre du phare de Gênes, Ce paratonnerre et le conducteur sont brisés en plusieurs points, quoique tout semblât en bon état, quoique le conducteur plongeât dans Teau ^ mais « Peau était contenue dans une ciurne « élanche de peu de capacité, creusée de main d^homme dans la c( roche sur laquelle le poare repose. »

Le 23 février 1829, le magasin à poudre de Bayonne est foudroyé malgré son paratonnerre de 6™. 80 d'élévation dont la pointe fond sur une longueur de 0^.013; mais le conducteur arrivé à 0^.80 près du sol, courait horizontalement à Pair libre, squlenu par cinq poteaux en bois, mauvais conducteurs. Il se terminait en plongeant dans le charbon ordinaire (non de la braise) et ne plongeait que de 2 métrés.

Le 9 juin 1829, la foudre tombe sur la principale aiguille de la cathédrale de Milan, aiguille armée d'un paratonnerre en bon état dont le conducteur plongeait dans un vaste puisard; mais vérification faîte par le professeur Confighach\, il fut constaté que le prétendu puisard était une citerne dallée.

Le 18 avril 1830, la frégate anglaise la Jtinon, faisant route pour l'Inde, est foudroyée à peu de distance des Canaries, malgré son paratonnerre en bon état. La foudre semble abandonner le conducteur et se jette à bâbord, tandis que Textrémité de celui-ci plonge à tribord. On conjecture qu'à oet instant le roulis avait soulevé l'extrémité inférieure du conducteur au-dessus de la mer. Toutefois, l'explication pourra paraître insuffisante, si, suivant l'usage, l'extrémité inférieure du conducteur était réunie è une plaque de métal communiquant sans discontinuité avec le doublage en cuivre du navire.

En 1842, si ma mémoire est fidèle, le paratonnerre de la cathédrale de Strasbourg est foudroyé, et je crois me rappeler que le

Page 1