‹ Aide-mémoire général et alphabétique des ingénieurs (volume 2)Chapitre 263 sur 286 · SON · texte numérisé non relu

SON

natre en comptant 5 battements pour aoe seconde^ et si on évalue les distances en lieues marines de 20 au degré, la vitesse du son est de^ lieue pour 4 secondes ou 20 battements.

On porte la vitesse du son dans Veau à 1453°", — dans \e mercure à 1484| dans le noyer j le laiton et le chêne k 3624, — dans le cuivre rouge à 4080 j dans le cbarme, l'orme^ Tanne et le bouleau à 489 6> — dans le tilleul et le cerisier à 5100, dans le saule et le pin à 5440, — dans le fer, Facier et le verre, à 5664,-^dans le sapin à 6180, où elle est ainsi 18 fois plus grande que dans l'air* Mais ces résultats sont on peu incertains.

Sous terre, le son se transmet d^antant mieux h travers le sol (}uc les terrains sont plus denses et plus secs, et ceux dont la cohésion a été' rompue par des explosions on qui sont humides^ ne le transmettent que trés-imparfailement. A Montpellier, dans un terrain de sable tréfr-dur et tré&-adhéreot, coupé par des bancs de roc vif, on entend les coups de pioche du mineur jusqu^à 15 et 20°" et les coups de dame jusqu'à 60 ou 70™^ et lorsque les mineurs travaillent avec une pelle ou un grand ciseaa plat sans piocher^ on les entend encore à 8 ou 10™. A Melz^ devant le fort Bellecroix, et à Arras^ de* ¥ant la citadelle^ on n'eotend pas le travail du mineur à plus de 20 on 25 mètres. Le moyen le plus commode pour percevoir les sons souterrains consiste à appuyer Toreille en plein contre un des montants ou contre une des semelles de la galerie si elle est boisée^ ou enfin contre le roc sec si elle ne Test pas.

Le son peut être concentré i Paide de surfaces concaves, et la voile étendne d'nn navire reodue concave par nne légère brise est un trèsbon collecteur de sons. A une distance de cent milles marins de la côte duBrésil^ on a entendu d'un certain point du pont d'un navire ]e carillon de toutes les cloches de Son-Salvador, mises en branle à l'occasion d'une réjouissance publique.

Au reste et sans appareil spécial, le canon tiré à Florence s'entend quelquefois du vieux château du Monte-Rolondo, près Livourne, à 92OD0°' ou 20 lieues^; et lorsqu'on tire le canon h Livourne, on rentend quelquefois de Porto-Ferrajo, à 2*0 lieues \. EnBn^ à l'époque où les Français faisaient le siège de Gènes, le bruit de leur canonnade était entendu de Livourne à la distance de 147000» on 36 lieues |.

Or, non-seulement le son se réfléchit comme la Inmiére et peut ainsi, à l'aide d'appareils convenables, être concentré sur certains p(MBls, mais encore il paraîtrait, d'après quelques expériences réeenles de M. Sondhau$$, qu'il se réfracte. M. Sondhauss e expéri-* menlé avec des réservoirs lenticulaires formés tantôt de la membraoe d'une ves»e, tantôt de baudrnche et même de papier d'environ 0».30 diamètre et de 0«».06 à 0^.07 de flèche; et il a constaté que le bruit d'une montre placée à une dislance convenable sur l'axe

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de la lentille pouvait être entendu sur le prolongement de cet axe de Pantre côté de celle-ci, et qu'il cessait d'être perçu par une oreille placée en dehors de cet axe. En (rayersant la lentille^ le son ne change ni d'acuilé ni de timbre.

On ne paraît pas avoir sufGsamment cherché à tirer parti de remploi du son comme moyen de correspondre à distance. A ce titre, je crois utile de rappeler ici quelques expériences déjà anciennes Tl 84 1) de M. Daniel CoUadon.

 Paicie d'un appareil hjdro-acouslique décrit tome Y des savants étrangers^ M. Coltadon a pu, malgré le bruit de vagues assez fortes, entendre à la distance de 13500°^ le son d'une cloche du poids de 65 kilog. vibrant sous l'eau.

Les vases formés de lames métalliques trés-minces et fermés par le bas, lui paraissent les appareils hydro-acoustiques les pins convenables, mais tous les corps solides plongés en partie dans Peau et contre lesquels on appuie la tête pour écouter^ peuvent transmettre à l'oreille les sons qui se propagent sous Peau.

Une grosse cloche de métal entièrement submergée donne, sous Pinfluence d'un choc, un son qui dure plusieurs secondes, et en plongeant à peu de distance de la cloche une barre que Pon tient en même temps avec la main, on ressent un mouvement vibratoire très-violent qui est transmis à la barre.

Les intonations parlées peuvent se transmettre à quelque distance sous Peau; mais si la personne qui parle est placée sous une cloche de plongeur, on n'entend que des sons confus sans pouvoir distinguer les articulations, à une distance de quelques mètres.

Le choc d'une chute d'eau ou celui des palettes d'un bateau à va* peur de cent cheyaux et plus, en marche, ne produisent sous Peau qu'un bruit faible et confus à 50™. A 1000"" on n'entend aucun bruit distinct.

Quoique les sons transmis à Paide de l'appareil de M^ CoUadon soient beaucoup plus brefs que ceux qui sont transmis par Pair, cependant on reconnaît avec la plus grande facilité non-seulement le degré d'acuité du son et sa valeur musicale, mais encore le timbre du corps frappé; très-souvent on peut deviner sa nature et jusqu'à un certain point ses dimensions et la manière dont il est frappé. Le bruit d'une chaîne agitée sous Peau se distingues! bien qu'on reconnaît lorsqu'une barque, distante de 3 à 4000 mètres^ lève son ancre.

Les écrans diminuent Pintensité du son transmis, mais cette influence n'est pas absolue et si les vibrations sont énergiques, elles se transmettent au delà des obstacles solides qu'ils rencontrent. Dans une expérience faite avec une grosse cloche, on a compté chaque coup frappé, dans une maison bâtie au bord de Peau sur un terrain remnlayé, à une distance de 3000 mètres de la cloche^ quoiipie

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