‹ Aide-memoire pour l'analyse chimiqueChapitre 23 sur 30 · GAZ ABSOBBABLES PAU UNE DISSOLUTION DE POTASSE · texte numérisé non relu

GAZ ABSOBBABLES PAU UNE DISSOLUTION DE POTASSE

A. Ne fumant pas à l’air.

Gaz ammoniac.

Gaz sulfureux.

Gaz carbonique.

Chlore.

Gaz

non inflammables..

B. Fumant à l'air.

Gaz chlorhydrique.

Gaz bromhydrique.

Gaz iodhydrique.

Gaz fluosilicique.

Gaz chloroborique.

Gaz fluoborique.

(Gaz suif hydrique.

Cyanogène.

Gaz cyanhydrique.

Parmi les gaz énumérés dans le tableau précédent, il en est qui ne peuvent pas se trouver ensemble, parce qu’ils se combinent ou qu’ils se décomposent mutuellement. Ainsi l’oxygène est incompatible avec le bioxyde d’azote; le chlore est incompatible avec le cyanogène, le gaz sulfureux humide, l’oxyde de carbone, le bioxyde d’azote, les carbures d’hydrogène, l’ammoniaque, l’hydrogène, l’hydrogène phosphoré, arsénié ou antimonié, l’acide bromhydrique ou iodhydrique; l’ammoniaque est incompatible avec tous les gaz acides; le cyanogène est incompatible avec l’hydrogène sulfuré, le chlore et l’ammoniaque.

On recueille le mélange gazeux qu’il s’agit d’analyser sur le mercure, dans de petites éprouvettes ou dans de

petits tubes qu’011 puisse fermer avec le pouce, et d’une longueur double de celle des tubes ordinaires à réactions.

Si le mélange 11e contient que des gaz du premier groupe non absorbables parla potasse, on peut fortbien le recueillir sur l’eau. Parmi ceux du deuxième groupe, l’acide sulfhydrique, le cyanogène et l’acide carbonique peuvent aussi, à la rigueur, se recueillir sur ce liquide; toutefois, comme ils sont un peu solubles dans l’eau, on en perd toujours si l’on 11e les recueille pas sur le mercure.

PREMIER GROUPE

Gaz non absorbables par une dissolution de potasse.

Séparer les gaz du deuxième groupe en les absorbant par une dissolution de potasse, et faire les expériences suivantes sur la partie non absorbable :

1° Plonger dans le gaz une allumette brûlante, pour voir si sa combustion est activée [oxygène et protoxyde d’azote ), si elle s’éteint [azote et bioxyde d’azote), ou si le mélange s’enflamme [oxyde de carbone , gaz des marais, gaz olé fiant, hydrogène, hydrogène phosphore, arsénié ou an(imonié).

2° Dans le cas où le gaz est inflammable, observer de quelle couleur est la flamme [hydrogène, bleuâtre, pâle, peu éclairante ; oxyde de carbone , bleue; gaz oie fiant, blanc jaunâtre, très éclairante ; gaz des marais, bleuâtre, peu éclairante). Si le gaz produit une explosion par

ANALYSE DES MÉLANGES GAZEUX. 113

l’approche de l’allumette enflammée, cela indique la présence de Y oxygène et de Y hydrogène, ou de Y oxygène et d’un gaz hydrogéné.

3° Observer si le gaz, en brûlant, répand des fumées blanches ( hydrogène phosphoré , flamme très vive et très éclairante, avec fumées blanches et épaisses d’acide phosphorique ; hydrogène arsénié , flamme jaune livide, bordée de bleu , avec fumées blanches d’acide arsénieux, en même temps qu’il se développe une odeur alliacée, et qu’il se dépose sur les parois du tube un précipité brun marron; hydrogène antimoniê , flamme bordée de bleu, avec fumées blanches d’oxyde antimonique , et dépôt noir sur les parois du tube).

lx° Observer si le gaz, après la combustion, trouble l’eau de chaux, par suite de la production de l’acide carbonique [oxyde de carbone, gaz des marais, gaz oléfiant) .

5° Observer si le gaz devient rutilant par l’introduction de l’air : présence du bioxyde d'azote.

S’il ne devient pas rutilant, observer si cet effet se produit par l’introduction du bioxyde d’azote : présence de l’oxygène.

6° Agiter le gaz avec une solution de nitrate d'urgent, pour voir s’il se produit un précipité noir (hydrogène phosphoré, arsénié ou phosphoré).

7° Agiter le gaz avec une solution de chlorure mercurique. Hydrogène phosphoré, précipité jaune; hydrogène arsénié , précipité jaune brunâtre; hydrogène antimonié, précipité blanc.

ll!l ANALYSE QUALITATIVE.

8° Mélanger le gaz (sur l’eau) avec son volume de chlore. S’il est absorbé, à la lumière diffuse, en produisant de l’acide chlorhydrique, et sans qu’il trouble ensuite l’eau de chaux, il renferme de Y hydrogéné libre ; s’il produit (avec un peu moins de son volume de chlore) des gouttelettes huileuses qui nagent sur l’eau, et communiquent à l’eau une odeur éthérée, il contient du gaz olé fiant ; s’il dorme avec le chlore humide, au soleil, de l’acide chlorhydrique et de l’acide carbonique troublant l’eau de chaux, il peut renfermer du gaz des marais ou de Y oxyde de carbone.

9° Introduire dans le mélange gazeux une solution de chlorure cuivreux (ou de sulfate cuivreux) dans l’ammoniaque : Y oxygène et Y oxyde de carbone l’absorbent, le premier en bleuissant la solution.

Voici les caractères distinctifs des gaz du premier groupe :

Gaz non inflammables entretenant la combustion.

Oxygène. — Il est inodore et sans saveur, rallume avec vivacité une allumette présentant encore quelques points d’ignition, rend le bioxyde d’azote rutilant; il est absorbé par le phosphore, par les sulfures alcalins, par une solution ammoniacale de chlorure cuivreux, et par une solution ammoniacale de sulfite cuivreux.

Protoxyde d’azote. — Il est légèrement odorant et d’une saveur sucrée ; rallume une allumette présentant quelques points d’ignition, mais avec moins de vivacité

ANALYSE DES MÉLANGES GAZEUX. 115 que l’oxygène, et ne rend pas le bioxyde d’azote rutilant. Chauffé au rouge dans une cloche courbe, avec du potassium ou du sulfure de baryum, il laisse un résidu d’azote dont le volume est égal à celui du protoxyde employé.

Gaz non inflammables empêchant la combustion.

Bioxyde «l’azote. — Il est incolore et devient rutilant au contact de l’air ou de l’oxvgène pur, en se transformant en vapeurs hyponilriques dont l’odeur est suffocante. Il est absorbé par les sels ferreux, et leur communique une couleur brune ou noire.

Azote. — Il est incolore, insoluble dans l’eau, l’alcool et les dissolutions des sels ferreux; il éteint les corps en combustion, ne rougit pas le tournesol, et ne trouble pas l’eau de chaux.

Gaz inflammables troublant l'eau de chaux apres la combustion.

Oxyde «le carbone. — Il est incolore, inodore, presque insoluble dans l’eau ; il brûle avec une belle flamme bleue, est absorbé par une solution ammoniacale de chlorure cuivreux, est absorbé à une température élevée par le potassium, et donne avec le chlore humide de l’acide chlorhydrique et de l’acide carbonique.

<»az «les marais. — Il est incolore et inodore, brûle avec une flamme bleuâtre, peu éclairante, n’est pas absorbé par l’acide sulfurique fumant, et donne par le chlore humide, au soleil, de l’acide chlorhydrique et de l’acide carbonique.

lit} ANALYSE QUALITATIVE.

Gaz oléfiant. — Il est incolore et d’une odeur désagréable, brûle avec une flamme blanc jaunâtre très éclairante, et donne avec le chlore un liquide huileux, d’une odeur étliérée (liqueur des Hollandais). Il est absorbé par l’acide sulfurique fumant.

Gaz inflammables ne troublant pas l'eau de chaux après la combustion.

Hydrogène. — Il est inodore (les substances étrangères lui donnent ordinairement une légère odeur), insoluble dans l’eau, et brûle avec une flamme bleuâtre, pâle, peu éclairante. Il produit de l’acide chlorhydrique sans acide carbonique, lorsqu’on le mêle à la lumière diffuse avec son volume de chlore.

Hydrogène piiosphoré. — Il est incolore et d’une odeur alliacée ; il est inflammable, et brûle, par l’approche d’un corps en combustion, avec une flamme très vive et très éclairante, en répandant des fumées épaisses d’acide phosphorique, sans odeur; il brûle aussi au contact du chlore gazeux. Quand on y fait entrer quelques gouttes d’acide nitrique, il devient spontanément inflammable à l’air; agité avec de l’acide chlorhydrique fumant, il perd cette propriété en déposant un peu de phosphure d’hydrogène solide, de couleur jaune. Il précipite le nitrate d’argent en noir, et le chlorure mercurique en jaune.

Hydrogène arsénié. — Il est très vénénCUX, incolore, d’une odeur nauséabonde, fort repoussante; il brûle avec une flamme livide bleuâtre, en répandant une

ANALYSE DES MELANGES GAZEUX

odeur d’ail et des fumées d’acide arsénieux. Il précipite le nitrate d'argent en noir, et le chlorure mercurique eu jaune brun. La chaleur rouge le décompose en gaz hydrogène et en arsenic métallique. ( Voy . p. è7, l’appareil de Marsh.)

Hydrogène autimoniC. — Il est incolore, d UUC odeur nauséabonde, et brûle avec une llamme bleuâtre sans répandre d’odeur, mais en donnant des fumées d’oxyde d’antimoine. Il précipite le nitrate d’argent en noir, et le chlorure mercurique en blanc. La chaleur rouge le décompose en gaz hydrogène et en antimoine métallique. ( Voy. aussi p â5.)

DEUXIÈME GROUPE

Gaz absorbables par une dissolution de potassç.

L’analyse qualitative des gaz de ce groupe peut s’effectuer sur la solution potassique par laquelle on les a absorbés; car, à part l’ammoniaque, ils donnent avec elle des sels qu’on reconnaît cà l’aide des réactions indiquées dans la Première Partie. Quelquefois, cependant, il est plus facile de reconnaître par des réactions spéciales certains d’entre les gaz du deuxième groupe, recueillis sur le mercure. Le chlore est le seul d’entre les gaz cités qui soit coloré.

Voici par quelles expériences on découvre les gaz du deuxième groupe :

1° Laisser échapper un peu de gaz dans l’air pour voir s’il répand des fumées acides. [Gaz chlorhydrique ,

bromhydrique , iod/njdrique , fluosilicique , chloroborique, fluoborique. Ces gaz se dissolvent promptement dans l’eau.

2° Dans le cas où il y a des fumées, introduire dans le mélange quelques bulles de chlore, pour voir s’il y a coloration ( qaz bromhydrique ai iodhydrique).

3° Dans le cas où il n’y a pas de fumées acides, introduire dans le gaz du papier de tournesol humecté, pour voir s’il rougit ( qaz suif hydrique, cyanhydrique , sulfureux ou carbonique) ; si le papier ne rougit pas, y introduire un papier rouge pour voir s’il bleuit {ammoniaque).

k° Essayer si le gaz est combustible {hydrogène sulfuré, brûlant avec une flamme bleue et répandant une odeur sulfureuse; gaz cyanhydrique , brûlant avec une flamme bleuâtre, et donnant du gaz carbonique qui trouble l’eau de chaux; cyanogène, brûlant avec une flamme pourpre, et précipitant l’eau de chaux après la combustion).

5" Agiter le gaz avec l’eau de chaux, après avoir fait absorber par l’eau seule les autres gaz acides; s’il y a un trouble, gaz carbonique.

6° Agiter le gaz avec une solution d’acétate de plomb ; le gaz sulfhydrique précipite en noir.

7° Introduire dans le gaz une baguette de verre enduite de suroxyde de plomb puce humide : le gaz sulfureux est absorbé.

Voici les caractères distinctifs des gaz du deuxième groupe :

ANALYSE DES MÉLANGES GAZEUX

Gaz non inflammables ne fumant pas à Voir.

Gaz ammoniac. — Il est incoloi’6, tl une odeur forte et suffocante; il présente des réactions alcalines très prononcées avec le tournesol et le curcuma, répand d’épaisses fumées par le contact de l’acide chlorhydrique, et est absorbé par l’eau en quantité considérable.

Gaz siiiiiircis \ — Il est incolore, et a 1 odeur forte et piquante du soufre en combustion. Il est fort soluble dans l’eau; la solution, traitée par le chlore ou l’acide nitrique, donne de l’acide sulfurique, reconnaissable par les sels barytiques. Mêlée avec de l’acide chlorhydrique, elle donne, avec le zinc, du gaz hydrogène et du gaz sulfhydrique, qui noircit les sels de plomb. Il est absorbé par le suroxyde de plomb puce, avec lequel il donne du sulfate plombique.

Gaz carbonique . — Il est incolore, rougit légèrement le tournesol et éteint les corps en combustion. Il précipite l’eau de chaux en blanc, insoluble dans l’eau, soluble dans un excès d’acide carbonique.

Chlore. — Il est jaune verdâtre et d’une odeur suffocante. L’eau en dissout environ trois fois son volume à la température ordinaire. Il détruit entièrement les couleurs végétales et les blanchit. Il se dissout entièrement dans la potasse, même après avoir été chauffé. La solution donne, avec les sels d’argent, la réaction des chlorures (p. 18) ; toutefois, une certaine quantité d’argent reste dans la liqueur sans être précipitée. L’arsenic et l’antimoine en poudre fine brûlent dans le gaz avec ignition.

Gaz non inflammables fumant à l'air. Ils sont extrêmement acides et fort solubles dans l’eau.

Gaz chlorhydrique. — Il OSt incolore; Sa dissolution donne les réactions caractéristiques des chlorures, surtout avec des sels d’argent (p. 18). Le gaz n’est pas coloré quand on y introduit un peu de chlore.

Gaz itromh^driquc. — Il est incolore ; sa dissolution donne les réactions des bromures, surtout avec les sels d’argent (p. 19). Lorsqu’on introduit du chlore dans le gaz, celui-ci se décompose en acide chlorhydrique et en vapeurs rouges de brome.

Gaz iodhydrique. — Il est incolore; sa dissolution donne les réactions des iodures, surtout avec les sels d’argent (p. 20). Lorsqu’on introduit du chlore dans le gaz, celui-ci se décompose en acide chlorhydrique et en vapeurs violettes d’iode, qui bleuissent l’empois d’amidon .

Gaz fiuosiiiciquc. — Il est incolore et donne, avec l’eau qui l’absorbe, un dépôt de silice gélatineuse et une dissolution d’acide fîuosilicique, qui précipite en blanc cristallin le chlorure barytique.

Gaz fluoitoriquc. — 11 est incolore et le plus fumant de tous les gaz; il noircit et carbonise le papier. L’eau qui l’absorbe le décompose en acide fluorhydriqueeten acide borique, qui se dépose en paillettes, si l’on emploie peu d’eau. ( Voy . les réactions des borates, p. 6.)

Gaz chioroborlquc. — Il est incolore et donne une solution renfermant de l’acide chlorhydrique et de l’acide borique.

ANALYSE DES MÉLANGES GAZEUX

Gaz inflammables.

Gaz sulfhydriquc. — Il est incolore et (l’une odeur fétide d'œufs pourris; il brûle avec une flamme bleue, en répandant une odeur sulfureuse et en produisant ordinairement un dépôt de soufre. Il noircit l’argent et précipite en noir les sels de plomb. Le chlore et l’acide sulfureux humide le décomposent en produisant un dépôt de soufre.

Cyanogène. — Il est incolore et d’une odeur pénétrante particulière qui affecte les yeux ; il brûle avec une flamme pourpre, et précipite l’eau de chaux après cette combustion; il n’est presque pas absorbé par l’oxyde de mercure. En se dissolvant dans la potasse, il la colore en jaune, puis en brun noir; il se comporte de même avec une solution d’ammoniaque; les solutions renferment du cyanure. L’eau en dissout un peu plus de quatre fois son volume, et en prend l’odeur caractéristique.

Gaz cyanhydrique. — Il est excessivement vénéneux, et cause des vertiges quand on le respire en très petite quantité; il présente une odeur d’amandes amères, est absorbé par l’oxyde de mercure rouge humide, et se dissout dans la potasse sans la noircir, en donnant du cyanure. ( Voy . les réactions des cyanures, p. 21.)

Page 1