CHAPITRE IX
DU DÉVELOPPEMENT
Le développement de l'image latente s'effectue sous rinfluencede certains corps qu'on nomme réducteurs.
Le nombre en est assez considérable. Nous indiquerons seulement ceux dont l'usage asanctionnc l'emploi, par suite de leurs qualités absolument reconnues.
Nous éviterons de donner un nombre trop considérable de formules afin de ne pas dérouler le débutant, celui-ci les essayant les unes après les autres et n'arrivant à en posséder aucune.
Avant de commencer cette étude, nous voudrions aborder une question primordiale, c'est celle de l'action de la lumière sur les surfaces sensibles.
Sans entrer dans la théorie de cette action, qui est encore fort discutée, il est bon de connaître tout d'abord la loi suivante, qui est due à Janssen :
L'action de la lumière n'est pas indéfiniment proportionnelle à la durée de cette action. — U en résulte que, si pendant une certaine période les intensités de l'image sont proportionnelles aux durées d'exposition, il n'en est plus de même au delà d'une certaine limite. La lumière agit en sens inverse et tend à détruire son action primitive de telle sorte qu'à un moment donné celle-ci sera totalement effacée et la plaque prête à recevoir une nouvelle impression.
L'application de cette loi est de la plus haute importance, car elle a conduit à l'emploi de la méthode de la surexposition, qui est si précieuse dans la reproduction des objets à contrastes prononcés.
RÉDUCTEURS
Dans cette hypothèse^, si l'intensité des parties éclairées augmentait indéfiniment pendant la durée d'exposition reconnue nécessaire pour obtenir les parties les plus sombres, il serait impossible d'obtenir les détails dans ces diverses parties simultanément, les premières devant atteindre une intensité bien plus considérable.
En fait, il n'en est pas ainsi ; à un certain moment, les parties les plus éclairées cessent d'augmenter d'intensité; elles en perdent même et pendant ce temps les parties les moins éclairées, pour lesquelles la limite de renversement est beaucoup plus loin, continuent de monter ; c'est ce qui explique pourquoi, par une augmentation convenable du temps de pose, on peut arriver à avoir également bien les détails des parties claires et des parties sombres.
" Les agents du développement sont au nombre de cinq :
1° Le rédiictear, dont la fonction est de séparer le sel d'argent impressionné de sa combinaison avec le brome pour former le sel d'argent, qui constituera l'image ;
2° Le conservateur^ qui empêche ou tout au moins retarde la combinaison du réducteur avec l'oxygène de l'eau ;
3° Les alcalis, destinés à s'emparer du brome devenu libre et à le transformer en bromure soluble :
4° Les retardateurs, qui modèrentl'action générale ;
5° Les accélérateurs, qui ont pour but d'activer la venue de l'image.