INSTALLATION POUR LE VOYAGE
une glace épaisse. En faisant usag-e d'une cuvette de verre, rien ne s'oppose donc à l'éclairage du cliché par transparence.
On trouve dans le commerce des meubles à développer analogues.
2" Installation pour déplacement de quelque durée. — Le
transport du meuble à développer ne serait guère pratique pour un déplacement de quelques jours, tant à cause de son poids que de son volume; dans ce cas, nous pouvons signaler un matériel portatif, également combiné par Dessoudeix et qui, sous un très petit volume, renferme la plupart des accessoires nécessaires, savoir : la lanterne, le réservoir d'eau, un évier, un panier à lavage pour les clichés et tout un jeu de cuvettes. Avec deux récipients quelconques que l'on trouve partout, et dont l'un sert à recevoir les eaux venant de l'évier et l'autre à contenir le panier laveur, on peut travailler avec assez de facilité. Les divers objets dont nous venons de parler s'emboîtent les uns dans les autres et ne tiennent plus qu'une place très réduite.
3° Installation pour le voyage. — Ici se pose une question très importante : Doit-on développer ses clichés au cours d'un voyage, ou faut-il remettre cette opération au retour?
L'une et l'autre solution nous semblent trop exclusives. On sait que le développement est une opération très délicate qui devient fort comphquée si le nombre des clichés est considérable; il faut du matériel, des produits en provision et surtoutde l'eau en abondance pour assurer un bon lavage et, par suite, la conservation des clichés. Il faudra, pour développer au cours
Dit LABORATOIRE
d'un voyage, un matériel très complet, encombrant et pesant par suite, yl priori, c'estun surcroît de bagages considérable, et les vrais voyageurs hésiteront à s'en charger; de plus, il y a un danger permanent, au point de vue de la réussite, à opérer à l'aventure dans un local aménagé tant bien que mal et le plus souvent avec des eaux qui peuvent être plus ou moins impropres pour les usagés photographiques. En résumé, le développement des clichés ne nous paraît pas devoir être fait d'une manière régulière au cours d'un voyage.
Remettre au contraire cette opération au retour paraît beaucoup plus logique, mais on court ainsi de grands risques. En changeant de pays, de latitude, les conditions opératoires se trouvent profondément modifiées, et inconsciemment on peut commettre des erreurs de pose, erreurs dont on ne s'apercevra qu'au retour.
Nous croyons donc qu'il faut adopter une solution mixte. Réserver en principe le développement pour être effectué au retour dans les meilleures conditions, mais avoir un matériel très sommaire, pour pouvoir de temps en temps développer un cliché afin de s'assurer que l'on ne commet pas d'erreurs graves dans la détermination du temps de pose.
Dans ce cas il suffira d'emporter une lanterne triangulaire phante, qui est peu encombrante, deux cuvettes en cartons durci, l'une pour le développement et l'autre pour le fixage, puis les produits nécessaires en petite quantité. On développera sur un coin de table avec les récipients, verres, plats et cuvettes que l'on trouve généralement partout. Comme le lavage de ces clichés peut souvent laisser à désirer, on fait dans le cours du voyage un certain nombre de clichés en double et dans les mêmes conditions rigoureusement ;
DU CHOIX DE l'eau
l'un est développé comme témoin et l'autre est réservé pour le retour (i).
Du choix de l'eau pour les opérations photographiques. —
L'eau nécessaire pour les usages photog-raphiques doit être absolument pure et bien des insuccès doivent être attribués certainement à sa mauvaise qualité. Pour la préparation de plusieurs produits, ainsi que nous l'indiquerons maintes fois dans ce travail, il sera nécessaire d'employer de l'eau distillée.
Les eaux de puits ou de rivière contiennent g'énéralement des matières organiques et des sels calcaires, il sera bon de filtrer ces eaux et, au besoin, de les débarrasser de la chaux par Fébullition (2). Cette dernière opération chassera également l'oxygène qui est en dissolution et qui pourrait altérer rapidement les solutions d'acide pyrogallique, d'hydroquinone et autres réducteurs de même nature.
(!•) Nous parlerons, du resle, plus loin, d'un procédé de fixage provisoire des clichés qui permet de remettre au retour l'opération si importante du lavage.
(2) Voy. P. Guichard, l'Eau dans Vindmirie, purification, filtralion, stérilisation. Paris, 1895, pp. 78 et 252.
A. LoNDE. Photographie.