DÉVELOPPEMENT DES PELLICULES
déterminée il ne donne de bons résultats que pour des plaques ayant la pose normale ou légèrement en dessous. Il sera toujours d un usage dangereux dans le cas de surexposition.
Remarques générales. — Bien des amateurs, dans le choix d'un révélateur, se préoccupent avant tout de savoir s'ils se tacheront les doigts avec celui qu'ils auront adopté. C'est là une préoccupation très louable assurément; mais nous voudrions les prémunir contre l'emploi de certains bains qui les satisfont complètement, mais qui néanmoins peuvent leur occasionner des accidents encore plus sérieux que les taches. Dans nombre des formules que nous venons de donner, on voit employer la soude ou la potasse caustiques et quelquefois dans des proportions très fortes. Ces alcalis ont une action énergique sur la peau et il nous a paru nécessaire de signaler le fait à l'opérateur pour qu'il prenne ses mesures en conséquence. Eviter autant que possible le contact des bains ou se laver de suite à l'eau pure ou, mieux encore, légèrement acidulée.
On a signalé également à plusieurs reprises, chez certains opérateurs, diverses éruptions provenant du contact des doigts avec le liquide révélateur contenant de l'acide pyrogallique, del'hydroquinone, de l'amidol, du métol.Ces accidents, d'ordre herpétique ou eczémateux tiennent vraisemblablement à une prédisposition individuelle car ils ne se produisent pas chez tout le monde.
Il est prudent de se servir de doigtiersde caoutchouc ou, ce qui est préférable, d'éviter tout contact avec le révélateur en développant dans une cuvette de verre.
DÉVELOPPEMENT DES PELLICULES. — Lcs Opérations
DU DÉVELOPPEMENT
sont les mêmes que pour les plaques. Éviter seulement de toucher les pellicules avec les doig-ts, ce qui pourrait amener des soulèvements.
Eviter ég-alement que les pellicules n'adhèrent au fond de la cuvette, ce qui peut se produire facilement avec les pellicules sensibilisées des deux côtés. On doit, dans ce cas particulier, verser le révélateur dans la cuvette, et n'introduire la pellicule qu'après.
Le séchage des pellicules demande certaines précautions. On les épong-e à plusieurs reprises dans du papier-fdtre blanc, puis on les suspend à l'air libre au moyen de pinces en bois. Dans ce cas, on met deux pinces aux angles inférieurs dans le but de les empêcher de se rouler.
On peut aussi, après les avoir épongées, les piquer sur vme planche à dessin face en dehors. Enfin on peut les faire sécher dos à dos comme on fait pour les épreuves photographiques, exception cependant pour les préparations sensibilisées des deux côtés.
Les pellicules doivent toujours être gardées à plat sous une légère pression.
Pour éviter l'enroulement de la pellicule et assurer sa planité, on n'a trouvé jusqu'à présent que le passage à l'eau glycérinée.
Eau 500
Alcool 500
Glycérine 50
On laisse séjourner une heure, et l'on fait sécher ensuite.
Pour assouplir les pellicules, on prépare le vernis suivant :
Aqua vernis. On dissout flans 1.000 d'eau chaude 2 grammes de carbonate de soude et 8 grammes de borax. Après dissolution, on filtre et on ajoute 2 grammes de glycérine, puis la quantité d'eau
DU FIXAGE
voulue pour faire 3 litres. On laisse reposer quelques jours : on filtre ensuite pour éliminer le dùpôl qui s'est formé. (Matliet.)
Analyse QUALITATIVE DES révélateurs. — Par suite d'une erreur ou d'un oubli, on peut ignorer la nature d'un révélateur.
Le Dr Schnauss indique le procédé suivant pour permettre de reconnaître le révélateur.
On prépare :
Eau , 1000
Acétate de cuivre 60
On met quelques centimètres cubes de cette solution dans un tube à essai, puis on y ajoute quelques gouttes du liquide à examiner. La solution, qui est bleue, donne l'une des réactions suivantes :
Eydroquinone Jaune
Hydroxylamine Décoloration
Iconogène Vert
Acide pyrogallique Prccipitégris
En cas de coloration trop intense du liquide à essayer, on l'étend d'eau.
Le fixage a pour but de dissoudre le sel d'argent
On a abandonné généralement le cyanure de potassium, qui est d'un usage fort dangereux, et l'on se sert d'une solution d'hyposulfite de soude.
Du fixage
non impressionné par la lumière.
Eau
HyposuKite de soude
Le cliché doit rester dans cette solution jusqu'à ce
DU DÉVELOPPEMENT
que la couche soit débarrassée des dernières traces de bromure d'argent qui donnent au dos de la plaque son aspect blanchâtre.
Il est même recommandé de laisser le cliché dans l'hyposulfite quelques minutes encore après qu'il paraît complètement fixé. Ce séjour a pour but de permettre la dissolution complète des sulfures d'argent qui sont peu solubles.
Observations. — Le fixage doit toujours s'effectuer à l'abri de la lumière blanche sinon, on risque de voir se produire des colorations jaunes qu'il sera très difficile de faire disparaître par la suite.
Le bain d'hyposulfite peut servir très longtemps, malgré la coloration qu'il prend peu à peu sous l'influence des traces de réducteurs qui sont apportées par chaque plaque.
Procédés facilitant la. conservation de l' hyposulfite de soude.
\° Ajouter 50 grammes de bisulfite de soude par litre d'hyposulfite, puis conserver à la lumière.
Les sulfures transformés par la lumière en mono • sulfures noirs se précipiteront, et il suffit, avant l'emploi, de décanter ou de filtrer sur l'amiante;
2" Rendre la solution légèrement acide au moyen de l'acide citrique ou de l'acide acétique.
Grâce à la faible quantité d'acide sulfureux, qui est mise en Hberté et qui agit sur la gélatine, toute trace de coloration est enlevée.
Elimination de l'hyposulfite de soude. — Dans le cas où l'on ne pourrait prolonger suffisamment le lavage on peut passer le négatif déjà lavé pendant quelques minutes dans une solution d'eau de javel.
ALUXAGE
Eau 1000
Eau de Javel (hypochlorite de chaux) 7
Après un séjour de dix minutes, on lave énergiquement et l'on met sécher.
Fixage provisoire des clichés. — Cette opération
peut avoir son utilité principalement en voyag-e pour éviter le lavag-e qui n'est effectué que rarement dans de bonnes conditions et qui occasionne une perte de temps sérieuse à cause de la longueur de sa durée.
Voici le procédé indiqué par M. Reeb.
Au sortir du développement on plonge le cliché bien égoutté dans 'a solution suivante :
Eau 1000
Acide tartrique 20
On l'y laisse une demi -minute en agitant doucement la cuvette. On lave rapidement et on met sécher.
Le cliché n'est plus sensible à la lumière. On peut activer le séchage par un passage de cinq à dix minutes dans l'alcool.
Ce procédé peut être employé avec tous les révélateurs, sauf avec le bain de fer. On peut employer également l'acide acétique ou l'acide citrique.
Alunage. — Après un lavage de quelques instants, on termine les opérations par le passage au bain d'alun.
Eau iOOO
Alun de potasse 8
Ce bain a pour but de durcir la gélatine, de la tanner en quelque sorte, et de faciliter ainsi sa conservation.
Observations. — La couche de gélatine doit être
DU DÉVELOPPEMENT
débarrassée complètement de toutes traces d'hyposulfite de soude; sinon, il se formerait un Icg-er voile de soufre précipité.
Toujours procéder au fixag-e avant l'alunage. En effet, si une plaque incomplètement débarrassée de l'alcali estplacée dans l'alun, il peutse former un dépôt d'alumine qui provoquera quelquefois le soulèvement de la couche et produira des taches blanchâtres qui jauniront postérieurement et perdront absolument le négatif.
C'est pour cette raison que nous n'employons pas le bain combiné d'hyposulfite et d'alun qui est indiqué par quelques opérateurs. En effet, en outre de l'inconvénient que nous venons de sig'naler, le bain se décompose, et il y a production de soufre qui se dépose sur la plaque en couche très fine.
Au lieu d'employer l'alun, on peut se servir d'une solution aqueuse étendue de formol ou formaline (aldéhyde formique). — Ce produit, employé déjà en microphotographie pour fixer certaines préparations, a la propriété d'insolubiliser complètement la gélatine, à tel point que l'on peut ensuite la chauffer impunément sans la faire fondre.
La solution commerciale contient^environ 4^ p. loo de formol : on l'emploie étendue de lo fois son volume d'eau.
Le cliché fini, lavé, est placé dans cette solution pendant 10 minutes. — On lave de nouveau et l'on met sécher.
Lavage du négatif. — Il s'agit maintenant de procéder au lavage de la couche, afin d'éliminer complètement l'hyposulfitede soude qui amènerait fatalement l'altération du cliché après un temps plus ou moins long. Les clichés sont mis dans des cuves à laver mu-