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RETOUCHE CHIMIQUE

teintes, ce qui est à craindre avec les procédés précédents.

Un autre procédé, qui diffère beaucoup des précédents, a été indiqué par M. Duchouchois. Il n'est pas basé sur la dissolution d'une partie de l'argent qui compose l'image mais bien sur la translucidité et le changement de couleur du négatif. Celui-ci est plongé pendant cinq minutes dans un bain très dilué d'acide nitrobromhydrique (eau régale dans laquelle l'acide chlorlijdrique est remplacé par l'acide bromhydrique). Le cliché paraît tout d'abord renforcé; mais si, après lavage et séchage, on l'expose au soleil, il devient plus transparent et sa coloration passe au noir bleu.

Effectuer toutes les opérations à une lumière faible et ne sortir le cliché du laboratoire pour l'exposer au soleilque lorsqu'il est complètement sec ; sans cela, les modifications de teinte se produiraient inégalement.

Si l'on avait dépassé l'etfetcherché, on peut développerànouveau après l'insolation, ou renforcer au bichlorure de mercure. On termine par un bon lavage, sans qu'il soit nécessaire de fixer à nouveau.

Retouche chimique. — L'emploi des réducteurs a permis à M. Fourtier d'indiquer un procédé de retouche chimique qui est très original. Il consiste à passer, sur un cliché encore mouillé et au moyen d'un pinceau, le réducteur que l'on fait agir sur les parties trop intenses. Ce procédé réussit également très bien sur les épreuves positives au bromure d'argent.

M. Fourtier a employé également ce procédé pour enlever complètement certaines parties d'un cliché, le fond par exemple dans un portrait. On recouvre les parties à protéger d'une couche épaisse d'un corps gras comme la vaseline, puis on plonge dans une

A. LoNDE, Photographie. 14

DU DÉVELOPPEMENT

cuvette renfermant le réducteur qui doit être énergique puisque nous supposons que l'on veut enlever toute l'image. Celui-ci n'agit que dans les parties à nu, et au bout de quelques minutes toute trace d'image a disparu. Après un bon lavage, on enlève la vaseline avec une flanelle, puis avec de la terre de Sommière, qui a la propriété d'absorber les corps gras.

Nous croyons que le procédé de M. Fourtier pourrait être amélioré en supprimant la vaseline et en la remplaçant par un vernis quelconque qu'on étendrait au pinceau et qu'on enlèverait ensuite avec un dissolvant approprié.

On pourrait employer en particulier le bitume de Judée dissous dans la benzine.

Multiplication du négatif. — La production du négatif a été un progrès capital en photographie car elle a permis la multiphcation indéfinie des images positives. Mais il est des cas cependant où il y a intérêt à multipher le négatif lui-même qui est unique.

Ceci peut se produire lorsqu'il s'agit d'un cliché de valeur que l'on ne peut refaire et dont le bris serait irrémédiable. D'autrepart, dans les impressions photomécaniques, la mise en châssis, qui doit être faite avec des pressions considérables pour obtenir le maximum de netteté, occasionne de fréquents accidents. En dernier Heu, pour certains tirages àgrand nombre, onaug-mente la production en multipliant le nombre des clichés.

Donc, soit pour l'amateur soit pour leprofessionnel, il y a intérêt à pouvoir obtenir d'un négatif un autre négatif.

Contretypes par positif . — On tire par contact du négatif original une épreuve positive sur verre. Parle même procédé et par une nouvelle opération,

CONTRETYPES

en prenant cette fois le positif, on obtiendra un nouveau négatif en tous points semblable à l'orig-inal.

En pratique, ces opérations ne présentent pas de difficultés sérieuses ; il faut seulement une certaine habileté de la part de l'opérateur pour ne pas chang-er le caractère de l'orig-inal.

En effet, par la durée de l'exposition, 'par la conduite du développement, on peut amener des modifications considérables dans le résultatobtenu (r).

C'est du reste un des procédés employés pour obtenir d'un négatif médiocre un cliché bien supérieur.

Toutes les fois que l'on aura un cliché de valeur, il faudra, par mesure de sécurité, en prendre une épreuve positive sur verre qui permettra de réparer un malheur, s'il survenait.

Contretypes directs . — M. Bolas a indiqué, il y a de nombreuses années, un procédé original qui permet d'obtenir d'un seul coup un négatif d'un négatif.

On prend une plaque sensible ordinaire que l'on passe pendant cinq minutes dans le bain suivant :

Eau dOO

Bichromate de potasse • 3

On lave un instant et l'on fait sécher.

On expose alors cette plaque sous le négatif à reproduire. L'exposition à la lumière diffuse doit durer jusqu'à ce que l'image se détache en brun foncé.

On sort la plaque, et on l'expose face èn dessous sur un drap noir, à une vive lumière pendant deux à trois minutes. Cette opération a pour but d'insolu-

(1) C'est un fait d'expérience que rien n'est plus délicat que d'obtenir par cette méthode un contre-type deméme valeur et de même caractère que l'original.

DU DÉVELOPPEMENT

biliser la couche de g-élatine bichromatée qui est au contact du verre et de faciliter ainsi son adhérence.

La plaque est alors développée en plein jour, soit au bain de fer soit à l'hydroquinone.

L'image, qui apparaît positive d'abord, se renverse et l'on obtient un nég-atif.

Après lavag-e, on fixe dans le cyanure de potassium qui nous paraît, dans ce cas, supérieur à l'hyposulfite de soude.

Ce procédé, qui paraît si simple à exécuter, donne lieu à certains insuccès. Le plus grave est le détachement de la couche qui se produit presque immanquablement lorsque Ton a de grandes parties unies, comme les vêtements par exemple.

Attribuant cet insuccès au défaut d'adhérence de la g-élatine sur le verre, nous avons fait des essais sur différentes pellicules, puis sur le papier et les plaques souples de M. Balagny. Les mêmes accidents se sont produits. M. Balagny, auquel nous avions montré nos divers essais, a d-^puis repris cette étude sans y apporter d'autres modifications que l'emploi de plaques souples préparées spécialement par MM. Lumière. Si ce procédé peut donner de bons résultats pour les paysages ne présentant pas de grandes masses sombres, on éprouvera dans la pratique et dans la plupart des autres hypothèses de nombreux insuccès.

La méthode précédente donne des images de même taille, résultat précieux dans certains cas, mais il peut être intéressant, dans la pratique, d'obtenir un contre-type agrandi ou réduit.

Voici le mode opératoire qui dérive complètement de la méthode générale indiquée par M. Biny.

On fait l'exposition à la chambre comme d'habi-

MÉTHODE IIUILLARD

luJe, puis on développe en ayant soin cle pousser le développement à fond de manière que rimai>e soit bien visible au dos. On lave la plaque pour éliminer toutes traces du révélateur et, la plaçant alors sur un morceau de carton ou d'étoffe noire, on l'expose à la lumière diffuse jusqu'à ce que l'on aperçoive un changement de teinte appréciable sur les bords de la plaque qui avaient été préservés de toute action de la lumière par les feuillures ou les taquets des châssis. Cette coloration est violette, rose ou grise, suivant la nature des plaques employées.

On rentre dans le laboratoire et l'on traite la plaque par le bain suivant :

Eau 1000

Bichromale dépotasse 6 à 10

Acide nitxiqiie 10 k 15

L'image s'efface peu à peu, la plaque blanchit et finalement il ne reste qu'une légère empreinte formée par le chromate rouge d'argent produit.

On lave alors de la façon la plus soignée de manière à éliminer toute trace de bichromate. Cette opération demande au moins une heure ou deux.

On développe alors de nouveau et le nouveau négatif inverse apparaît; on fixe et on lave comme d'habitude.

La pratique a montré que ces divers procédés étaient délicats et qu'il était nécessaire de porter son attention sur le choix des plaques, leur développement à fond et le lavage après bichromatage.

Méthode Huillard. — Un de nos collègues, M. Huillard, très habile amateur, a parfaitememt étudié cette question complexe et il a indiqué un mode opératoire qui est absolument complet et sûr et présente divers perfectionnements indiscutables. Les deux points importants à signaler sont les suivants :

nu DÉVELOPPEMENT

i" Emploi des couches sensibles à couche mince et à grain fin. Les plaques « Ilford spéciales » à tons noirs conviennent parfaitement.

2° Emploi d'une solution de sulfite de soude anhydre à lo o/o pour éliminer complètement toutes traces de bichromate de potasse et de chromate d'argent. L'action est beaucoup plus rapide que le lavage à l'eau antérieurement indiqué et la disparition des composés qui pourraient être nuisibles pour les opérations ultérieures est parfaite.

Cette méthode s'appliquant aussi bien à l'obtentention des contretypes soit positifs soit négatifs ou par contact ou à la chambre (en agrandissement ou en réduction), elle nous paraît devoir être décrite tout au long.

Nous partons d'un négatif dont nous voulons obtenir le contretype également négatif, mais qui sera inversé.

i""^ Opération. — Poser soit par contact soit à la chambre, suivant les cas, une plaque au gélatino-bromure à couche mince (i).

Développer le positif dans un bain énergique. M. Huillard recommande le suivant :

Eau 1000

Sulfite de soude anhydre 4

Hydroquinone 1

Soude caustique 2

Le développement doit être passé à fond. Rincer vivement.

2^ Opération. — Plonger de suite la plaque dans un bain d'acide acétique à 2 o/o de façon à arrêter de façon brusque le développement.

(1) Il est bon d'ocrer les plaques pour éviter tout halo.

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