PAPIER AU PLATINE
On fabrique actuellement deux sortes de papier : le premier qui nécessite un développement subséquent, le second qui donne au contraire des images directes qu'il suffit de fixer.
Premier procédé, par développement (procédé Willis). — Les châssis doivent être chargés à la lumière jaune et examinés également à cet éclairage, ce papier étant plus sensible que les papiers que l'on emploie habituellement.
Le tirage doit être poussé jusqu'à ce que l'image commence à apparaître.
On la retire, puis on la passe à la surface d'un bain d'oxalate neutre de potasse à saturation. Cette opération doit se faire d'un seul coup pour éviter les bulles d'air et les manques, car l'image apparaît instantanément. Si cet accident seproduisait ou si l'intensité n'était pas assez grande, on peut repasser une deuxième fois dans le bain.
Le bain d'oxalate doit être à la température de 70 à 80 degrés; cependant si les épreuves sont trop tirées, on peut opérer avec un bain moins chaud. Au contraire, si elles paraissent insuffisantes, on chauffera davantage. Grâce à ce correctif, on remédie facilement aux erreurs d'exposition. Pour opérer d'une façon rationnelle, on classerales épreuves d'après leur intensité, les plus venues les premières et les moins venues les dernières. Le bain de développement étant contenu dans une cuvette en tôle placée elle-même sur un fourneau à gaz, la température montera d'autant plus que l'on avancera dans la série des opérations, et de cette manière le développement pourra s'effectuer dans de bonnes conditions.
Aussitôt après le développement, les épreuves sont passées dans le bain suivant;
A. LoNDE. Photographie. I7
290 DU POSITIF
Eau ; 1000
Acide chlorhydrique 100
L'acide dissout le sel de fer qui communiquait au papier sa teinte jaune et celui-ci devient parfaitement blanc. On change ce bain trois fois et on lave ensuite abondamment.
Le lavage se fait rapidement et il estterminé lorsque l'eau de lavage ne présente plus de réaction acide, ce dont on s'assure au moyen du papier de tournesol bleu qui ne doit pas virer au rouge.
Deuxième procédé, direct (Pizzighelli). — L'exposition se fait de la môme manière, mais il faut pousser le tirage jusqu'à ce que l'image soit exactement à point. Il vaut môme mieux rester un peu en dessous qu'au delà, car ce papier jouit d'une propriété très curieuse; sous l'influence de l'humidité, l'image continue à monter. En cas de tirage insuffisant, il suffira d'attendre quelque temps avant le développement.
Onpeutmôme simplement, en soufflant surl'épreuve, faire monter soit l'ensemble, soit tel ou tel point particulièrement.
Il suffit ensuite de passer l'épreuve dans le bain d'acide chlorhydrique, comme nous l'avons indiqué précédemment. Le reste des opérations est le même.
llemarcjiie. — lia été constaté qu'il était préférable, pour obtenir de bons résultats, d'avoir des négatifs un peu fermes ; il faudra donc, lorsque l'on voudra faire des tirages au platine, pousser davantage au développement l'intensité générale.
Insuccès. — En dehors des défauts de préparation que l'on peut constater en développant un fragment de papier qui n'aura pas vu le jour et qui devra devenir complètement blanc et ne présenter aucune tache, on saura que les principaux insuccès proviennent des