PROCÉDÉ DE TEINTURE
Silicate de soude
Bière
Eau
Après dessiccation on recouvre la plaque d'une couche mince de la solution suivante :
On peut employer également les plaques du commerce débarrassées de leur bromure d'argent par le fixage dans Thyposulfite de soude et un bon lavage. Les vieux négatifs peuvent être utilisés après avoir fait disparaître l'image dans la solution de Farmer :
Prussiate rouge de potasse 40
HyposuHite de soude. 10
Eau 100
Préparer au moment de l'usage seulement et renouveler la solution lorsque sa coloration passe au vert bleu. Terminer par un bon lavage.
Les plaques gélatinées préparées par l'un ou l'autre procédé sont sensibilisées dans le bain suivant :
Bichromate d'ammoniaque 3
Eau 100
La durée de séjour varie de 3 à 5 minutes. On lave pour enlever l'excès de bichromate et l'on met sécher.
Après l'exposition on lave à fond pour enlever toute trace de bichromate et l'on met sécher. On trempe alors dans le colorant choisi.
Voici les produits recommandés par [M. Gros.
Rouge. — Carmin ammoniacal, fuschine, éosine.
Jaune. — Berberis, acide picrique et picrates alcalins.
Bleu. — Bleu de Prusse et bleu d'aniUne. On termine par un lavage et l'on met sécher.
Gélatine demi-dure
3io
i>U POSITIF
PhotocoIIographie
Ce procédé appartient à la classe des photo tirages. Nous le décrirons néanmoins car il est seul à la portée des amateurs. Il peut leur permettre de tirer économiquement, à un grand nombre d'exemplaires, des épreuves à demi-teintes qui seront admirablement rendues et auront un caractère tout à fait artistique.
Principe du procédé. — Une couche de gélatine bichromatée est insolée derrière un négatif. Sous l'influence de la lumière, cette couche s'insolubilise d'autant plus que les différentes parties du négatif sont plus claires. Une fois le bichromate éliminé par un lavage, si l'on recouvre la planche (i) d'encre d'imprimerie, celle-ci ne prendra que dans les parties insolées et proportionnellement à leur degré d'insolation tandis qu'elle sera repoussée par les parties qui auront été préservées de la lumière. En appliquant alors une feuille de papier et en faisant passer sous une presse, l'encre adhérera et formera une image dans laquelle toutes les valeurs seront exactement rendues. Il suffira d'encrer à nouveau et de remettre une autre feuille de papier pour obtenir une nouvelle épreuve et ainsi de suite.
Ce procédé, très simple en théorie, présente en pratique certaines difficultés d'exécution; cela tient à la nature même du procédé, qui est basé essentiellement sur les propriétés hygrométriques de la gélatine insolubilisée. 11 faudra donc suivre à la lettre les indications que nous donnons.
(1) Dans la pratique, la couche do gélatine bichromatoe ne prend le nom de planche qu'après insolation et séchage, c'est à-diro au moment où elle est susceptible d'être encrée.
PllOTOCOLLOGRAPHlE
3ll
Installation. — La pièce dans laquelle on opérera, et qui renferme l'étuve et la presse, devra être maintenue à une température sensiblement constante de i5 à 18 degrés. C'est là une des conditions les plus importantes à réaliser.
Etuve, — L'étuve est destinée à sécher les préparations photocollographiques à l'abri de la lumière et de
Fig. 57. — Etuve pour sécher les préparations photocollographiques (Voirin).
la poussière. Elle consiste ordinairement en une caisse dont le fond renferme un bain de sable contenu dans une enveloppe de tôle, ceci à l'effet d'avoir une chaleur uniformément répartie. Le dessus de la caisse est à charnières et se compose d'un simple cadre
DU POSITIF
portant une toile rouge permettant à l'air chaud de s'échapper, tout en empêchant la lumière et les poussières de pénétrer (%. 67).
Le devant de la caisse porte une ouverture garnie d'un verre jaune qui permet de surveiller la marche d'un thermomètre placé à l'intérieur sans qu'il soit besoin, pour cela, de soulever le couvercle. Pendant l'opération du séchage, l'étuve, en effet, ne doit jamais être ouverte sous peine de voir se produire des stries ou des inégalités sur les couches soumises brusquement à l'arrivée de l'air froid.
On place à l'intérieur de l'étuve des supports métalliques portant des vis de réglage qui permettent de mettre les plaques rigoureusement de niveau.
Il est bon, avant la cuisson, de placer dans cette étuve du chlorure de calcium pour la maintenir constamment débarrassée de toute humidité.
Presse. — Il existe des modèles fort différents de presse. Celle qui nous sert à la Salpêtrière est construite par M. Voirin et consiste essentiellement en un plateau métallique qui porte la planche et la fait passer sous un rouleau d'acier dont on règle la pression à volonté.
La figure 58 donne d'ailleurs une idée très complète de l'appareil.
Châssis. — Tous les châssis munis de glaces fortes peuvent servir à condition que l'on puisse donner une pression suffisante pour assurer le contact intime entre la planche et le phototype négatif. Néanmoins, à cause de l'épaisseur de la dalle de verre qui porte la couche, on préfère employer comme châssis de simples cadres de bois d'une hauteur suffisante. On place au fond une glace forte, puis le négatif et la planche photocollographique. Deux barres transversales mobiles
PHOTOCOLLOGRAPHIE
permettent, au moyen de coinsenbois, de donner une pression très énergique.
fig. 58. — Presse photocollographique.
Le fond du châssis est formé d'une planchette coulissante empêchant la lumière d'impressionner la face postérieure de la plaque, tout en permettant de surveiller la venue de l'image.
Encres. — On se sert d'encres et de vernis lithographiques. On emploie également des encres de couleur qui sont fabriquées spécialement et portent le nom de
A. LoNDE. Photographie. 18
BU POSITIF
teintes photographiques. Certaines encres de couleur sont assez fluides pour servir sans être rebroyées. L'industrie livre trente teintes de ce genre.
Encre noire. — On l'étend d'une petite quantité de vernis et on opère le mélange sur un marbre au moyen du couteau à palette jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de g-rains.
On varie la quantité de vernis à ajouter en se basant sur ce principe qu'il faut l'augmenter pour un cliché heurté et la diminuer pour un cHché manquant d'oppositions.
Rouleaux. — On emploie deux rouleaux, l'un en
Fig. 59. — Rouleau de cuir.
cuir analogue à celui des lithographes, il se manie des deux mains, grâce à des poignées en cuir (fig. 69)* l'autre en gélatine, et muni d'une seule poignée, se manœuvre d'une main (fig. 60).
Le rouleau de cuir sert à encrer la planche et celui de gélatine à répartir l'encre convenablement pour avoir les demi-teintes.
Suivant la vitesse de rotation que l'on donne à ces rouleaux, on déposera ou on enlèvera de l'encre.
PIIOTOGOLLOGRAPHIE '6 I 5
Préparation du rouleau de cuir. — Lorsque le rouleau est neuf et n'a point encore servi onTenduit tous les jours de vernis lithographique et on ^le roule sur le inarbre pendant un certain temps. Il se fait ainsi
Fig. 00. — Rouleau de gélatine.
peu à peu. Le rouleau de gélatine n'a pas besoin d'être préparé, et il peut servir de suite.
Nettoyage des rouleaux. — Après chaque séance de travail, les rouleaux et le marbre doivent être nettoyés avec soin. On enlève l'encre du rouleau de cuir en grattant celle-ci dans le sens du cuir avec le couteau à palette. Le rouleau de gélatine est nettoyé à l'essence de térébenthine.
Glaces. — On se sert de glaces épaisses fabriquées spécialement par l'industrie pour cet usage; elles sont doucies à la face supérieure et les côtés biseautés de façon à faciliter le montage sur le plateau de la machine et l'adhérence de la gélatine.
Papiers. — On emploie les papiers fortement satinés, les papiers couchés et enfin les papiers de luxe.
3iG
DU POSITIF
Ces derniers exigent seulement un encrage plus fort et une pression plus grande.
Gélatine. — On utilise deux sortes de gélatine, la dure et la tendre, soit séparées soit mélangées. La tendre donne plus de demi-teintes mais tirera moins ; la dure est plus résistante mais elle convient mieux aux travaux n'ayant que peu de demi-teintes. Par un mélange convenable des deux gélatines, on pourra obtenir des résultats satisfaisants dans les diverses hypothèses de la pratique.
Préparation de la plainche PHOTOCOLLOGRAPmQUE. Nettoyage des glaces. — Elles sont passées d'abord dans de l'eau additionnée d'acide sulfurique ou de potasse puis lavées avec soin.
Préparation préalable. — Pour assurer l'adhérence de la couche, on frotte les plaques avec un linge enduit de tripoli et humecté d'acide azotique étendu d'eau, puis avec de la ponce en poudre et de l'ammoniaque.
On prépare ensuite la solution suivante :
Bière •••• 300
Eau ••50
Silicate du commerce 45 à 60
On mélange et on bal en neige. On filtre dès que la mousse est touibée. On essuie alorsles plaques avec un chiffon de papier buvard imbibé d'ammoniaque, on blaireaute, puis on recouvre de la solution précédente le côté douci de la plaque. On facilite 1 etendage au moyen d'une baguette de verre; on laisse égoutler puis sécher à l'abri de la poussière.
On prépare ainti un certain nombre de plaques, mais il ne faut pas les garder plus d'une quinzaine de jours. Avant de s'en servir, on les lave à grande eau et on les rcmul à sécher.
Préparation de la couche sensible. — Voici la formule qui nous sert habituellement :
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Gélatine * 70
Eau 1000
Bicliromale d'ammoniaque 5
— de potasse 10
On fait d'abord gonner la gélatine dans de l'eau courante deux ou trois heures avant de l'employer. On l'égoude et on la fait fondre au bain-marie dans la plus petite quantité d'eau possible. On la maintient pendant une demi-heure à une température de 50 à 60 degrés. Il no faut pas dépasser ce degré sous peine de voir la gélatine se décomposer.
On dissout, d'autre part, les bichromates dans une petite quantité d'eau et, après les avoir mélangés, on les verse dans la gélatine. On ajoutera la quantité d'eau voulue pour arriver à la quantité indiquée dans la formule. On tiltrera au moyen d'un appareil à filtration chaude (fig. 61).
Pendant le temps de la préparation de la gélatine bichromatée, l'étuve a été chauffée à la température de 4o degrés et les glaces placées de niveau sur les vis calantes. Lorsque la température de la gélatine atteint 45 degrés, on verse sur chaque plaque la quantité reconnue nécessaire. On l'étend au moyen d'une baguette de verre recourbée et jusqu'aux bords de la plaque. On enlève avec soin les bulles d'air ou les poussières qui occasionneraient autant de taches, et ceci au moyen de l'extrémité de l'agitateur.
On ferme l'étuve, et l'on maintient à 4o degrés pendant deux heures environ. On éteint le feu, .puis on laisse l'étuve prendre la température ambiante. A ce moment on l'ouvrira pour sortir les plaques.
Insolation. — Il est nécessaire d'avoir au préalable bordé les négatifs avec des bandes de papier d'étain très mince, de façon à bien délimiter la partie à insoler. On met le négatif dans le châssis; on applique la plaque face contre la couche du négatif, puis, après avoir assuré un contact aussi parfait que possible en-
PHOTOCOLLOGRAPHIE
tre les deux surfaces, on expose au jour^ On peut se servir avec avantage du photomètre pour apprécier la pose (i). Mais, en rèçle générale, on est assuré que l'impression est suffisante lorsque, sur le dos de la couche, on voit nettement l'image avec tous ses détails.
Une fois l'exposition terminée, on met la plaque face en dessous sur un drap uni et on expose pendant quelques minutes à la lumière diffuse. Cette insolation favorise l'adhérence de la couche. On plonge alors la plaque dans une cuve à rainures verticales et on fait passer de l'eau courante jusqu'à ce que tout le bichromate soit éliminé. La couche ne doit plus alors présenter de coloration jaune.
Cette opération demande, en général, plusieurs heures. On l'accélère en employant de l'eau légèrement tiède. On fait ensuite sécher à l'abri de la poussière.
A partir de ce moment, dans la pratique, on appelle planche la couche de gélatine susceptible de prendre l'encre.
Tirage de la. planche. — Mouillage. — Cette opération a pour but de mettre la planche dans l'état conveiable pour prendre ou repousser l'encre d'imprimerie. Le bain, de rnouillage est composé de la manière suivante :
POUR GÉLATINES
POUR GÉLATINES