OBTENTION DES PROJECTIONS
les unes aux autres, on fait des cadres coulissants qui sont très pratiques.
Obtention de projections. — Les diapositives sur verre doivent avoir les qualités suivantes : pureté complète dans les blancs, finesse de couche, transparence dans les noirs.
Ces qualités sont obtenues au plus haut degré dans le procédé à l'albumine, puis dans le collodion humide, le Taupenot, les collodions secs et, en particulier, le procédé Chardon. Malheureusement, ces procédés ne sont plus guère employés; aussi, tout en les signalant, nous arrêterons-nous davantage sur ceux générale - . ment adoptés aujourd'hui et qui, s'ils n'ont pas la même perfection quelles précédents, ont l'avantage d'être plus pratiques et de donner cependant des résultats très satisfaisants.
• Pour obtenir des couches fines et limpides, éliminer naturellement toutes les préparations rapides dont le grain est trop fort et qui ont tendance à voiler facilement; prendre des plaques lentes.
On fait actuellement des plaques spéciales pour projections. Elles sont soit au gélatino-chlorure soit au gélatino-bromure. Quelquefois' même elles sont constituées par un mélange de chlorure et de bromure ou d'autres sels d'argent.
Ces plaques donnent, les unes et les autres, d'excellents résultats. Il est à remarquer seulement que certaines présentent une tonalité toujours identique tandis que d'autres, les plaques au chlorure par exemple, ont une variété de tons très appréciable dans certains cas. Ainsi, suivant la nature du cliché, sa teinte, la durée de l'exposition, l'état du révélateur, sa nature, on obtient des nuances allant depuis le noir franc jus-
DES RÉDUCTIONS
qu'au bistre, en passant par toutes les nuances intermédiaires. Il faut évidemment une étude particulière et un véritable talent d'exécution pour arriver à la teinte voulue. Aussi, pour tous ceux qui ne cherchent pas ces colorations, dont les unes sont artistiques, il est vrai, mais dont les autres sont quelquefois fort désagréables, le procédé est insuffisant parce qu'il est très difficile de faire un travail ré«-ulier comme tons. ^ Aussi leur préfère-t-on d'autres plaques qui ont l'avantage de toujours donner la même tonalité. Parmi celles-ci, nous citerons particulièrement les plaques à tons noirs de Ilford, de M. f^erron, au lactate d'argent de M. Guilleminot; ces dernières ont, en outre, l'avantag-e d'être plus rapides que les g-laces au chlorure, dont le peu de sensibilité est bien g-ênant dans certains cas.
Exposition. — Le mode opératoire diffère lorsque l'on opère par contact ou par réduction.
Examinons ces deux hypothèses successivement.
r Epreuves par contact. — C'est le cas le plus simple mais qui n'est possible que lorsque l'on veut reproduire des petits clichés du format projection ou que l'on se contente de prendre une portion d'un négatif plus g-rand. Le négatif étant dans un châssis positif, on superpose la plaque sensible couche contre couche, on ferme le châssis dans lequel on a remplacé le matelas ordinaire par un matelas foncé ; puis on expose à la lumière diffuse. Le temps de pose varie suivant la nature des plaques etleur sensibilité. Avec les plaques au chlorure, une exposition de quelques secondes suffit à la lumière diffuse; avec les plaques à ton noir Ilford ou Guilleminot, on pose à la lumière d'une lampe ou d'un bec de g-az . La pose varie de vingt à soixante secondes, suivant l'intensité du cliché. En principe,
Exposition
nous sommes convaincu que, pour la régularité du travail, il est préférable d'opérer à la lumière artificielle plutôt qu'à la lumière naturelle, qui est sujette à tant de variations.
Si, par hasard, on doit reproduire des clichés de même taille ou plus petits que les plaques de projection, il faut mettre le négatif dans un cadre en carton garni d'un mince rebord de papier noir. Ce dispositif a pour but d'éviter que la lumière, en passant, ne produise autour de la plaque un halo qui lui enlèverait toute valeur.
2» Epreuves par réduction. — Il s'agit, étant donné un négatif d'une taille quelconque, de le ramener au format projection. Si l'on possède une chambre à trois corps, cet appareil rempHra parfaitement le but cherché. A défaut, on peut procéder de la manière suivante : le cliché est fixé verticalement, contre une fenêtre par exemple. Il est placé dans un carton épais de façon à ce qu'il se détache bien en lumière sur un entourage noir. On place alors devant la chambre noire, à la distance voulue pour avoir la reproduction à la taille cherchée.
Ce procédé, très simple en théorie, est délicat en pratique, à cause de la mise en station de l'appareil, surtout si l'on se sert d'un pied à trois branches.
Si l'on doit faire souvent des réductions, il faut s'organiser ad hoc et employer l'un des dispositifs suivants :
i» On dispose sur une table ou sur deux tréteaux, en face de la fenêtre, une longue planche sur laquelle peuvent coulisser à l'aide de glissières parallèles, d'une part la chambre noire et, de l'autre, un châssis vertical destiné à recevoir le négatif. En déplaçant l'un ou l'autre de ces objets, on arrive à la réduction voulue
DES RÉDUCTIONS
et d'une manière irréprochable^'car [le parallélisme subsiste toujours.
2° On peut employer encore un dispositif comme celui que nous avons fait installer à la Salpêtrière. Une ouverture est ménagée dans la cloison du laboratoire noir donnant sur l'extérieur. Cette ouverture est garnie d'un cadre pouvant porter une série d'intermédiaires pour les divers formats de négatifs. Devant l'ouverture, se trouve de niveau une planche portant des coulisses sur lesquelles sont montés deux cadres verticaux. Le plus éloigné est destiné à recevoir la plaque de projection; le second porte l'objectif et est réuni à l'ouverture par un soufflet conique. En déplaçant le cadre de l'objectif et le cadre d'arrière, on obtient très facilement telle ou telle réduction. La mise aupoint s'effectue très aisément, puisquel'on est dans l'obscurité.
Cet appareil n'est, en somme qu'une modification de la chambre à trois corps, mais la construction et le fonctionnement en sont beaucoup plus simples.
Comme il ne comporte qu'un soufflet qui va du cadre de l'objectif au nég-atif, il est possible d'eff'ectuer facilement les chang-ements de diaphragmes ou d'objectifs ; on peut même, ce qui est précieux dans certains cas, interposer entre l'objectif et la plaque des écrans qui empêcheront certaines parties de trop venir.
Les temps de pose seront, en général, plus longs que par contact. A titre d'indication, les plaques au chlorure, qui nécessitent une ou plusieurs secondes d'exposition à la lumière diffuse pour le contact, demandent une ou plusieurs minutes lorsqu'il s'agit de réduction. Avec certains clichés durs ou un peu tard dans la journée ou la saison, nous avons dû atteindre parfois des poses de trente minutes et plus.
DÉVELOPPEMENT
L'emploi des plaques au chlorure comportera donc une certaine lenteur d'exécution lorsqu'il s'agira de faire des réductions.
Aussi préférons-nous, dans cette hypothèse, les autres marques déjà citées qui sont d'une rapidité beaucoup plus grande. On fait une réduction à la chambre en vingt ou trente secondes facilement, si le négatif est bon.
Développement. — L'influence de la nature du développement sur le ton des plaques à projections est indiscutable. Aussi est-il dans l'espèce fort difficile de poser des règles, car les résultats peuvent différer du tout au tout suivant la marque de plaque employée.
Développement au fer. — Ce développement donne de beaux tons noirs, lorsque la pose a été convenable.
On prépare :