‹ Aide-mémoire pratique de photographieChapitre 151 sur 201 · II. Eau · texte numérisé non relu

II. Eau

Ammoniaque 0,5

Rouge dequinoléineà2"pour 100 d'alcool 2

Ou laisse séjourner de 2 à 5 minutes, puis on lave avec soin et l'on met sécher.

2° Tremper pendant une à deux minutes dans le bain suivant :

Solution d'érythrosine à 1/1000 25

Solution d'azotate d'argent à 1/1000 25

Eau 15

Quel que soit le procédé employé, la pratique a montré que, même avec les plaques orthochromatiques, l'emploi d'un écran jaune interposé sur le trajet des rayons lumineux améliorait de beaucoup les résultats.

Cet écran pourra être formé par une lame de verre jaune à faces parallèles ou par une lame de verre sur laquelle on aura formé une mince pellicule jaune. Cette dernière est obtenue de la manière suivante. On

prépare :

Alcool 25

Aurantia ou orangé de méthyle 0,3

Puis on ajoute :

Collodion normal à 2 0/0... 75

Cet enduit est étendu sur le verre comme du collo • dion.

Les plaques orthochromatiques étant plus sensibles au jaune et au roug-e, il faut prendre de grandes précautions pour le développement.

REPRODUCTION DES COULEURS

De la reproduction des couleurs en photographie. —

Étant données la finesse et la netteté des épreuves photographiques, on a toujours regretté de ne pouvoir reproduire également les couleurs si vives et si belles de la nature.

L'étude de ce problème a provoqué de nombreuses recherches et certains résultats obtenus à l'heure actuelle permettent d'avoir confiance dans l'avenir.

On connaît les expériences fondamentales de Becquerel en i848, qui a montré que l'on pouvait obtenir directement à la chambre noire les objets avec leurs couleurs. Malheureusement les épreuves obtenues n'ont pu être fixées jusqu'à ce jour et il faut les conserver dans l'obscurité.

Les expériences de Niepce de Saint- Victor, de Poitevin ont confirmé complètement les résultats indiqués par Becquerel.

En 1891, la question est reprise et résolue avec le plus grand talent par notre savant collègue, M. Lippmann.

L'auteur, par une méthode tout à fait originale et qui est une belle application du principe des interférences, a pu reproduire le spectre entier avec un éclat et une beauté remarquables. Les résultats obtenus sont, de plus, absolument inaltérables.

Méthode Lippmann. — Cette méthode consiste à appliquer la couche sensible contre une surface réfléchissante formant miroir plan. La couche doit être transparente, continue et sans grain. Si on fait tomber sur cette couche un rayon de lumière quelconque colorée, les rayons réfléchis sur le miroir plan rencontreront les rayons qui arrivent et le phénomène des interférences se produira. Il se forme une série de

PHOT0Gl\A.rHIE DES OBJETS^^COLORÉS

plans parallèles alternativement brillants et obscurs. Les plans brillants seuls impressionneront la couche, et il se formera dans l'épaisseur de celle-ci une série de lames minces d'argent réduit qui seront éloignées les unes des autres d'une distance précisément égale à lademi-longueurd'onde de la lumière qui a agi.

Or, deux de ces plans constituent une lame mince d'épaisseur telle que, d'après la théorie des anneaux de Newton, les rayons réfléchis sur les deux faces donnent, en interférant entre eux, la sensation de la couleur correspondante.

Par suite, lorsque l'on regardera la plaque fixée et séchée on verra reproduite la couleur même de la lumière que l'on a fait agir sur la plaque.

Remarque. — Les couleurs ne sont visibles qu'une * fois l'épreuve sèche. En effet, le phénomène de l'interférence ne se produit que lorsque les différentes lames minces sont précisément à la distance qui correspond à la demi-longueur d'onde de la couleur correspondante. Or, pendant le développement, le fixage et le trempage, la gélatine est gonflée et, par suite, le phénomène ne peut se produire.

Cette observation, entre parenthèses, montre bien la perfection de la couche photographique dont toutes les parties reprennent après séchage leur place rigoureuse. ^

Mode opératoire. — On choisit des plaques de grande finesse de couche et d'une transparence telle qu'elles ne puissent s'opposer au passage de l'onde directe et de l'onde réfléchie.

M. Lippmann se sert de plaques au collodion ou à l'albumine, du procédé Taupenot et même de la gélatine, à condition d'obtenir le produit sensible par trempage et non par coulage.

REPRODUCTION DES COULEURS

MM. Lumière, qui ont reproduit le spectre par la méthode de M. Lippmann, ont obtenu d'excellents résultats avec des plaques à la gélatine spécialement faites dans ce but.

La plaque sensible est mise face en dedans contre une petite cuve en forme d'U dont l'autre paroi est formée pour une plaque de verre. Le tout est maintenu

Fig. 69. — Cuve Lippmann.

par des pinces de serrag-e. Il suffit de remplir de mercure la cuve ainsi formée pour avoir une surface réfléchissante en contact rigoureux avec la plaque sensible. Ce dispositif est placé au foyer de la chambre noire (fig. 69).

On trouve maintenant dans le commerce des châssis spécialement construits pour la chromophotographie.

Page 1