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PHOTOGRAPHIE DES OBJETS COLORES
L'un des mieux compris est celui de M. Contamine.
Il permet très facilement d'introduire et de retirer la plaque sensible, sans avoir à chaque opération à manipuler le mercure qui est contenu dans un récipient spécial A. Lorsque l'on redresse le châssis, la plaque sensible étant dans son logement à fermeture hermétique le mercure se répend en couche mince contre la surface sensible et forme le miroir nécessaire pour la réussite de l'expérience (fig. 70).
Il est nécessaire d'employer une source de lumière très puissante afin d'avoir une, image très éclatante. A cause de l'actinisme différent des diverses régions du spectre, M. Lippmann interpose des cuves contenant des solutions colorées destinées à arrêter certaines radiations et à pouvoir donner à chaque région un temps de pose correspondant à son intensité chimique.
Une cuve remplie d'hélianthine rouge ^'fneiwo'!\i^^Con^ arrête les radiations vertes, bleues et ta mine. violettes, et permet d'obtenir le jaune
et le rouge.
Une autre cuve remplie de bichromate de potasse laisse passer le vert et le rouge et arrête le bleu.
Enfin, pour le bleu et le violet, on pose sans l'intervention d'aucune cuve pendant quelques instants.
La figure 71 indique l'ensemble du dispositif employé par M. Lippmann pour la photographie du spectre.
Une forte lampe électrique L éclaire, au moyen de la lentille /, la fente E. Une deuxième lentille /'reprend le faisceau lumineux et le transforme en faisceau pa-
REPRODUCTION DES COULEURS 867
rallèle qui traverse le prisme à vision directe P. Ce prisme décompose la lumière blanche et produit le spectre qui est reçu par l'objectif /" de la chambre G
Fig. 71. — Dispositif de Lippmann.
et fait son image sur la cuve à mercure placée en A.
Le temps d'exposition qui était fort long-, surtout pour le rouge, se trouve considérablement diminué si l'on emploie des plaques orthochromatisées pour le rouge et le jaune.
Dans de nouvelles expériences toutes récentes, M. Lippmann a obtenu la reproduction d'objets colorés et l'objection faite que la présence de rayons blancs entravait l'expérience n'est 'nullement fondée.
Au point de vue théorique, le problème est donc entièrement résolu et d'ici peu nous verrons probablement ce procédé entrer dans la pratique d'une manière courante. C'est là une découverte qui fait le plus grand honneur à son auteur et à la France, qui pourra revendiquer avec Daguerre, Niepce, Poitevin et Lippmann, les principaux inventeurs de la photographie.
Derniers travaux de M. Lippmann. — M. Lippmann vient d'indiquer qu'il a pu obtenir également
PHOTOGRAPHIE DES OBJETS COLORES
la reproduction du spectre sur des plaques recouvertes de g-élatine bichromatée.
Dans ce cas l'image se développe simplement à l'eau, mais ce qui est très important, c'est que les couleurs sont vues sous toutes les incidences, ce qui ne se produisait pas sur la couche à l'argent.
Le phénomène se produit exactement comme précédemment, mais avec cette différence que les divers plans ne sont pas constitués par de l'argent réduit. C'est ce qui explique la nécessité de l'immersion dans l'eau pour voir apparaître les couleurs.
Fn efTet les couches non impressionnées se gonflent et la substance organique se trouve partagée en c» uches alternativement gonflées et non gonflées ; grâce à la différence des indices de réfraction, la réflexion totale a lieu à la séparation de deux couches consécutives. On verra donc les couleurs par le même mécanisme que dans les épreuves coloriées ordinaires. Le bichromate est éliminé par l'eau et l'action ultérieure de la lumière n'est plus possible.
Les couleurs, dans cette expérience, ne sont visibles que dans l'eau et elles disparaissent au séchage. Au point de vue pratique ce procédé ne semble donc pas devoir remplacer le précédent, mais il est une belle confirmation des théories de M. Lippmann(i).
(1) Voir, à ce sujet, la Photographie des Couleurs, par A. Berger, — Paris, Gauthier- Villars et fils.