ASSEMBLAGES DE PIÈCES CROISEES
Assemblage croisé à mi-bois (fig. 1 et 2, pl. XV). Chaque pièce
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est entaillée de la moitié de son épaisseur, sur une longueur égale à la largeur de l’autre pièce. L’assemblage est consolidé par un boulon.
Dans l’assemblage â tiers de boisj les deux pièces sont entaillées chacune au tiers de leur épaisseur, et le joint occupe sur chacune les deux tiers de son épaisseur ; de sorte que les surfaces de parement n’affleurent pas comme dans l’assemblage à mi-bois.
Assemblage à mi-bois en croix avec clef C (pi. XV, fig. 3 et 4).
Cet assemblage dispense de l’emploi du boulon.
Les assemblages précédents suffisent pour montrer comment on devrait opérer, si les pièces se croisaient sous un angle quelconque.
On obtiendrait alors tous ceux qui sont connus sous le nom de Croix de Saint-André.
On remarque que, lorsque le croisement a lieu sous des angles qui diffèrent beaucoup de l’angle droit, il faut embrever l’assemblage du côté du bord aigu des entailles. On consolide d’ailleurs les croix de Saint- André par un boulon placé à l’intersection des axes des pièces.
ASSCMDLAGKS LONGITUDINAUX.
Nous ne donnerons que les assemblages représentés fig. 8, 9 et 1 0, pl. XV, parce que la plupart des autres dérivent de ceux ci.
La coupe, fig. 8, des quatre pièces équarries laisse voir celle de fausses languettes ou seulement de faux tenons, qui entrent de la moitié de leur hauteur, soit dans la rainure creusée longitudinalement dans chaque pièce, soit seulement dans des mortaises pratiquées de distance en distance. Lorsqu’on emploie des languettes, on les forme de plusieurs pièces réunies, et le fil de leur bois doit être perpendiculaire à celui du bois des pièces. On serre extérieurement les quatre pièces par des frettes en fer. On peut ainsi former de gros arbres de roues hydrauliques.
La figure 9 ofTrc un autre moyen de réunir deux pièces, h l’aide de deux clefs c c' h queues d’hironde, entre lesquelles on enfonce «inc autre clef C. On pourrait mémo n’employer que les seules clefs c et C. La face inférieure de la mortaise serait alors plane et * parallèle à la face inférieure de G.
On voit, fig. 10, un mode d’assemblage analogue : les queues d’hironde sont ici sur les faces des pièces, et on les fixe avec des clous ou des vis.
Entures. Assemblages à l’aide desquels on joint ou ente deux pièces de bois, de môme forme, dans la direction de leurs longueurs.
Nous n’avons point indiqué, dans ces figures, les ferrements et frettes à l'aide desquels on consolide diverses entures faciles à reconnaître.
Enturc en t maille . Si ( fig. 4 cl 2, pl. XI) on enlevait le prisme triangulaire h' p e' pour l'ajouter à celui h e d, et qu’on enligniU les axes des pièces A' A, ces deux pièces seraient entées en tenaille.
Enture à mi-bois en queue (Thironde. Les fig. 5 et 6, pl. XI, dispensent de toute explication.
Enture d mi-lois avec abouts carrés. On aura une idée exacte de celle enture, en remplissant le logement a' b' p e' de la fig. 5 avec la queue abfe de la fig. 6, et remplissant, en outre, le logement I h k avec la queue ï h’ k' ; ce qui resterait des pièces A, B indiquerait celte enture.
Enture à mi-boisavec abouts carrés et tenons réservés ( pl . XII, fig. 1 et 2).
Enture à mi-bois avec tenons d'about. Il suffît de donner aux tenons et mortaises de ces figures 1 et 2 une largeur égale à la largeur ni n des pièces pour obtenir cette enture.
Enture avec endents en queue cThironde sur le parement ( pl . XII , fig. 3 et 4). On met enjoint, en présentant les pièces latéralement.
Enture avec endents. Coupez verticalement les faces a bm, cdp , fie q, a1 b ’ m', c' d' p’, f e' q' des ligures précédentes, et vous obtiendrez cette enture, qui pourra se mettre en joint en posant la pièce A sur A'.
Enture d trait de Jupiter boulonnée (pl. XII, fig. 5 cl 6). On met en joint latéralement; c’est une des meilleures enlures horizontales.
ESTUBBS VERTICALES.
Enture verticale à pousse tenaille (pl. XII, fig. 7 et 8). Cette enture verticale, peu solide, s’emploie lorsqu’un obstacle PQ s’oppose à ce que l’on puisse élever la pièce A pour mettre dedans.
Enture d tenon chevronné (pl. XIII, fig. 1 cl 2).
Enturc d tenons et tenailles en croix (pl. XIII, fig. 3 et 4).
Enture à tenailles inverses. Les figures précédentes, 3 et 4, en donneront une idée exacte, en imaginant que, dans chaque figure, les deux ailes de chaque croisillon transforment leur creux en un relief, et leur relief en creux. Les deux tenons de chaque pièce entrent alors dans les tenailles de l’autre. Au centre, et à mi-hauteur totale, se trouve un petit carré, qui est l’about des deux pièces sur leur axe commun.
Enture à tenons et mortaises carrés (pl. XIII, fig. 5 et 6). On pourrait disposer les faces du tenon et de la mortaise parallèlement aux arêtes extérieures des pièces.
Enture à faux tenon (pl. XIII, fig. 9 et 10).
Enture d double enfourchement carré (pl. XIII, fig. 7 et 8). Les deux tenons de chaque pièce pénètrent dans les deux encastrements de l’autre pièce. Quelquefois l’une des pièces porte les quatre tenons ; c’est lu mêle, cl la femelle B les quatre encastrements.
Enture par quartiers à mi-bois sur les quatre faces (fig. Il cl 12, pl. XIII). Les abouts des quatre quartiers sont plus ordinairement taillés en coupe-, ce qui n’a pas lieu dans les figures 11 et 12. Ces assemblages sont presque toujours frettès en fer.
L’enturc par quartiers formée, comme celle-ci, par deux joints qui se croisent à angle droit, s’exécute très bien et utilement sur des bois ronds.
Enture en fausse coupe avec clef C (pl. XIV, fig. 1). On fait a b ■= \ c d environ. Cette enture, ainsi que les suivantes, ne conviennent guère qu’aux bois minces.
Enture en fausse coupe avec faux tenon T chevillé (pl. XIV, fig. 2).
Enture en fausse coupe avec tenons réservés (pl. XIV, fig. 3 et 4). Cette enture est chevillée comme la précédente.
Enture d mi-bois en fausses coupes croisées (pl. XIV, fig. 5 et 6). Cet assemblage peut être retenu par des vis à bois, et les abouts retenus en joint par des vis, comme figure 1. Ou peut aussi terminer ces abouts en coupe.
Assemblages et entures des pièces de bois courbes. Ces assemblages ne se font pas autrement que ceux des pièces droites, en ayant l’attention de tailler, en général, les tenons suivant le fil du bois, sans égard à la courbure de la pièce qui le porte. Que si une pièce droite ou courbe doit s’assembler perpendiculairement à la face plane d’une pièce courbe, les joues de la mortaise de celle-ci, et les faces du tenon de l’autre, devront être planes, absolument comme pour les bois droits.
A l’égard des entures, les joints doivent être tracés symétriquement et en accord avec les courbures des pièces, comme ils le sont à l’egard des surfaces planes des pièces droites; de sorte que les parties des joints qui sont parallèles aux faces peuvent être tracées concentriquement à ces faces.
Moïses. On donne le nom de moises aux pièces jumelles P, Q (pl. XV, fig. 5, 6, 7) qui embrassent d’autres pièces. Les moises sont entaillées pour envelopper les pièces moisées, et celles-ci (fig. 7) le sont aussi quelquefois, comme la pièce A, pour empêcher le glissement. Les moises sont ordinairement retenues en joint par des boulons à vis et à écrou , qui traversent les pièces P, Q en 1 1 1. On laisse entre ces pièces PQ un petit jour p q, afin que, à l’aide des boulons, on puisse serrer à volonté les assemblages.
Nous limitons ici cette revue des assemblages, en conseillant aux jeunes ingénieurs de lever et dessiner avec soin tous ceux que la pratique leur mettra sous les yeux, et dont la solidité serait constatée par un long usage. La planche XVI est un exemple d’assemblage de ce genre; elle représente une de ces nombreuses roues de marteau qu’on rencontre dans les Pyrénées. Les quatre jantes A, B, C, D de la roue sont pleines; elles s’assemblent avec les bras a, comme l’iudi-