MORAINES. — MORTIERS
MORAINES. Amas considérables de sables et de débris de rochers que l’on rencontre au bord inférieur des glaciers, et qui forment des espèces d’enceintes qui les encaissent. On en voit presque toujours plusieurs les unes au-dessus des autres.
MORTIERS. Mélanges intimes de chaux vive et de sable en pro portions qui varient avec la nature de la chaux, et qui servent à lier entre eux les matériaux de constructions.
Communément, les proportions en volume sont : sable de rivière 2 -j- chaux mesurée vive 1 , ou encore sable 3 -f- chaux vive 2, suivant que la chaux foisonne plus ou moins. Quand elle est très-bonne et grasse, la limite extrême de la proportion de sable est environ 3 contre un de chaux.
Le mélange s’opère habituellement dans un bassin forme avec le sable même qui doit entrer dans le mélange ; au centre est la chaux à laquelle on ajoute un peu d’eau. Puis, à l’aide de rabots ou râbles à long manche, on brouille le tout jusqu’à ce que le mélange soit devenu aussi intime qu’il est possible, et on laisse ressuer le tout environ douze heures avant de l’employer. Le mélange a été mal fait si, après le ressuage, on distingue dans le mortier les molécules de la chaux à leur couleur blanc de lait.
Il importe beaucoup de mouiller les matériaux avant de les lier, afin qu’ils n’absorbent pas trop rapidement l’eau des mortiers. h' adhérence qui s’établit entre eux dépend ensuite du temps, et du degré de poli et de porosité des matériaux. En général, les mortiers adhèrent plus aux surfaces inégales qu’aux surfaces unies, — plus aux pierres à texture grossière qu’à celles à pâte fine, — plus aux matériaux poreux qu’aux pierres compactes, — plus, dès lors, aux pierres meulières qu’aux calcaires, — mais plus aussi aux calcaires qu’aux granits. Les basaltes et les grès, dont la texture et la porosité sont cependant très-différentes, passent toutefois pour ceux des matériaux de construction qui contrarient avec les mortiers la moindre adhérence. Le temps augmente de plus en plus l’adhérence des mortiers, mais avec beaucoup plus d’intensité pendant les deux premières années que pendant toutes celles qui suivront, et il semble que, dans les constructions ordinaires, l’adhérence atteigne à trèspeu près sa limite d’intensité au bout de sept ou huit ans. Quant à la valeur absolue de celte adhérence, elle varie non-seulement avec les mortiers, les matériaux et la durée, mais nécessairement aussi avec les méthodes employées pour la mesurer. L’adhérence est-elle en effet la résistance à l'effort normal au plan de joint, ou bien celle à l’effort parallèle à ce plan, qu’il faudra exercer pour délier un mètre carré de surface. Dans le premier cas, voici ce que Rondelet nous apprend :