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MOULINS A BLÉ

(environ 10000 kil. par mètre carré) n’ait joué dans les expériences de Rondelet un r6lc très-influent dont il ne parait pas avoir tenu compte. S’il en était ainsi, la conclusion ci-dessus deviendrait entièrement inexacte, de sorte que l’examen comparé de ces trois tableaux ne conduit finalement qu’à l’incertitude et au doute (Voy. Béton, p. 125).

MOULINS A BLÉ. Systèmes de moulure. D'après une notice intéressante consacrée par M. Pouillet à l’histoire de la meunerie, on distinguait autrefois un grand nombre de systèmes de mouture, parmi lesquels on citera la mouture rustique pour le pauvre, la rustique pour le riche et la rustique pour le bourgeois, la moulure en grosse, la moulure économique, et enfin la mouture lyonnaise.

Les produits des trois moutures rustiques ne différaient guère entre eux que par la quantité de son que leur laissait un blutage plus ou moins parfait, quantité qui diminuait naturellement avec te degré d’aisance du pauvre, du bourgeois et du riche. Le produit brut s’obtenait d’ailleurs par une même méthode, connue encore aujourd’hui sous le nom de mouture en grosse ou à la grosse, et qui consiste à ne faire passer le blé qu’une seule fois sous la meule. Ce ne fut guère que vers l’année 1760 que la mouture économique commença à se répandre en France. Elle ne diffère, au fond, de la mouture à la grosse, qu’en ce que , après le premier passage, on y remoud de nouveau les sons et les gruaux qui ont été séparés par le blutage; et l’on peut voir, par les résultats de l’un et l’autre mode consignés à l’article Blé (pag. 144), que la mouture dite économique mérite assez bien la dénomination qui lui a été conservée. Quant à l’idcc de remoudre les sons, elle est d’un siècle au moins antérieure à l’introduction de la mouture économique, ainsi que le montre ce singulier passage des statuts des boulangers, renouvelés en 1658 : « Défenses sont faites à tous boulangers de faire remoudre aucun son pour par après en faire et fabriquer du pain, attendu qu’il serait indigne (feutrer au corps humain, sous peine de 48 livres d’amende. » Enfin, la mouture lyonnaise imaginée par le meunier Bucquet n’était, comme il le dit, qu’un raffinement de la mouture économique. On reconnut, il est vrai, qu’elle ne laissait plus dans le son aucune trace de larinc, mais ou l’accusa de faire passer dans la farine une notable quantité de son pulvérisé, substance qui, s’il faut en croire des recherches récentes, serait toutefois très-nutritive encore et nullement indigne dès lors d’entrer au corps humain.

Meules, grandeur et poids. Les anciennes meules dites de Paris avaient josques à 2 mètres, et môme 2ra.30 de diamètre; les meules anglaises n’ont guère que lm.40 cl même ln,.30. D’après un assez grand nombre d’observations discutées par Navier avec soin et conscience, la pratique aurait conduit à donner aux meufes un

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poids tel, que l'effort qu’elles exerceraient par mètre carré, si elles posaient librement sur une surface horizontale, ne soit pas inférieur à 600 kii., ni supérieur à 1070 kil., et il admet 850 kil. comme une charge moyenne convenable.

Vitesse des meules. On prend pour mesure de celle vitesse celle V, d’uu point situé aux deux tiers du rayon R , à partir du centre, ' R étant le bras de levier moyen du frottement ou de Vattrition de

la meule. Il en résulte la relation w=2r‘ = ~ entre la vitesse

angulaire w et celle du point en question. La vitesse V, est assez variable, et quoique Fabre ait prétendu que la farine s’échauffait lorsqu’elle dépassait 3ra.85, elle a souvent atteint 5 et même 6 mètres. Elle est habituellement fixée en Angleterre à lm.80; Navier adopte V, = 4m comme une moyenne vitesse convenable.

Travail dépensé. Il admet en outre, pour l’effort moyen exercé au point situé aux deux tiers du rayon, le vingt-deuxième de la charge par mètre carré qui serait due au poids de la meule. Il résulte de ces diverses données moyennes :

Nombre de tours par seconde = —

' lr. d R

Charge par mètre carré = 850k X ~ = 668 D1 kil.

Effort =— X 6681)’ = 30.361)' kil.

ItL

Travail utilc^d X 30.36 D*= 121. 4DJ —T kilogrammélr.

Ouvrage fait. En évaluant le travail de la meule comme ci-dessus, Navier a trouvé qu’à 1000 kilogrammèlres dépensés sur l’axe de la meule correspondaient des quantités de blé moulu à la grosse, qui ont varié de 0k.15 à 0k.2A, — que pour les bons mou^ lins où «les meules de tm.50 =D font 90 à 100 tours par minute, on pouvait adopter 0k.20, chiffre que des observations postérieures ont quelquefois élevé à 0k.25 — enfin, quo pour des meules moins bien taillées, ayant trop peu de vitesse, on ne devait compter que sur 0k.15. En adoptant 0k.20 comme une bonne moyenne, on trouve que l’on obtiendrait, en échange de T= 121 .4 1)’ kilogrammèlrcs dépensés sur l’axe de la meule, une quantité de blé moulu à la grosse = 0k. 02)28 D1. Lorsqu’on emploie le mode de mouture économique, on peut compter que le tiers de la durée du travail du moulin sera employé à remoudre les gruaux. En d’autres termes, la mouture à la grosse de 100 kil. de blé dans les bons moulins ordinaires exigerait une dépense de travail sur l’axe de In meule équivalente à 500000 kilogrammèlres. Si ce travail doit s’accomplir en une heure ou 3600 secondes, le travail à dépenser pac

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