‹ Aidez-le à bien travailler le latinChapitre 115 sur 235 · EXERCICE D'APPLICATION · texte numérisé non relu

EXERCICE D'APPLICATION

— In cubiculo pretio, non aequitate jura discribebat. [663] — ■ Diversi exercitus discesserunt. [664]

— Ad hune se confestim a Pullone omnis multitudo conver-

tit. [665]

— Multitudo regem eum ingenti consensu appellant. [666]

— Erat magni periculi res tantulis copiis iniquo loco dimi-

care. [667]

— ... quasi tu Gavio tum fueris infestus ac non nomini, generi, juri civiuin hostis. [668]

— Quia Cleomenem laeserat, nudus paene est destitutus. [669]

— Nactus es ex perditis atque ab omni non modo fortuna, ve-

rum etiam spe derelictis, conflatam improborum manum. [670]

— Geleriter contraque omnium opinionem confecto itinere,

multos in agris inopinantes deprehendit. [671]

— Ita enim causa constituitur provinciam virtute istius esse

servatam. (causa = manière de plaider, thème des avocats). [672]

— Quanquam hic quidem tyrannus ipse judicavit quam esset

beatus. [673]

— P. Africanus Carthagine deleta Siculorum urbes signis monu-

mentisque pulcherrimis exornavit, ut quos Victoria populi Romani maxime laetari arbitrabatur, apud eos monumenta victoriœ plurima collocaret. [674]

— Prudentiam novi dictatoris extemplo timuit Hannibal ; cons-

tantiam hauddum expertus, agitare ac tentare animum movendo crebro castra populandoque in oculis ejus agros sociorum cœpit. [675]

— Quibus litteris circiter média nocte Caesar adlatis suos facit

certiores... [676]

— Quaero num, hodiernus dies qui sit, ignores. [677]

— Gicero ab eodem Verticone quem supra demonstravimus

data facultate Gallum reperit ... [678]

— Implorare illi ndem praetoris et qua re id faceret ro-

gare. [679]

— Haec apud victos magis impetu animorum, quos ingenium

suum cuique aut fors dabat, quam ex consilio ipsorum aut imperio cujusquam agebantur. [680]

— Urbem pulcherrimam, Syracusas, quae cum maynu muni-

tissima esset, tum loci natura terra ac mari claudebatur, cum Marcellus vi consilioque cepisset, non solum incolumem passus est esse, sed ita reliquit ornatam, ut esset idem monumentum victoriae, mansuetudinis, continentiae, cum homines vidèrent et quid expugnasset et quibus pepercisset et quae reliquisset. [681]

Le thème latin est un exercice souvent décrié. On en conteste l'utilité, ou bien, l'orgueil aidant, bon nombre d'élèves prétendent que seule la version exige de Y intelligence. Et chacun d'en conclure que le « fort en thème » est un imbécile.

Ce qui nuit surtout au thème latin, c'est qu'il n'est plus demandé au baccalauréat. A partir de la 2e, même les meilleurs élèves sont portés à s'en désintéresser. Par contre-coup, les professeurs, déjà assez occupés à combler les lacunes pour la version, et découragés par la faiblesse des élèves en thème, sont amenés à réduire le temps consacré à la traduction du français en latin. En lre, on se borne bien souvent aux trois compositions annuelles de thème latin.

Pour ma part, j'estime que les deux exercices se complètent et devraient être pratiqués à dose égale, — disons jusqu'en 2e inclusivement, afin de faire une concession pour l'année même du baccalauréat.

Qu'on veuille bien penser aux deux obstacles qu'un Français doit vaincre quand il se rend en pays étranger :

1° comprendre.

2° se faire comprendre.

Pourquoi l'élève ne se donnerait-il pas ces deux buts dans ses études latines, le premier, par la version, le second, par le thème ?

Quelle méthode donc l'enfant devra-t-il suivre — dès ses débuts — pour se faire comprendre quand il écrit en latin ?

Il devra : respecter le sens du texte français, respecter les formes latines, respecter les lois de la langue latine.

Dès qu'il s'écarte de ces trois principes, on lui compte des fautes qui portent des noms différents :

1. le contresens, si la traduction a un sens différent de celui du texte français ou contraire à ce texte ; et, plus grave encore, le nonsens, si le texte latin est incompréhensible. L'accumulation de toutes les variétés de fautes peut aboutir au non-sens continu !

2. le barbarisme (littéralement : terme « étranger » à la langue, ou simplement « qui n'existe pas en latin »). La plupart du temps cette faute compte double ; et c'est un excellent moyen d'en réduire la fréquence !

3. le solécisme, ou faute de syntaxe (dont les habitants de Soles, en Cilicie, abusaient, dit-on). Ce seront des fautes sur le genre d'un mot, sur l'accord, sur le cas, etc.

On dira aussi « pas latin », pour une tournure qui n'existe pas,

— et gallicisme pour une expression qu'on a calquée sur le français sans prendre garde qu'elle « ne passe pas » en latin.

A) Respecter le SENS

Voici les principales erreurs portant sur le sens du texte avec quelques moyens de les éviter :

1 ) par manque d'attention et de réflexion, l'élève peut se tromper sur Vidée :

Exemple : « Le berger se retire de la campagne avec le soleil. » Un élève traduit ces trois derniers mots par ubi illucescit, ce qui veut dire : « dès qu'il commence à faire jour ». Or le texte signifie au contraire « se retire... en même temps que le soleii se retire. » On cherchera la bonne traduction. [682]

2) très fréquemment, le mot français qu'il faut traduire peut avoir deux (ou plusieurs) sens différents. Amenons l'enfant à réfléchir pour bien choisir le mot latin convenable.

Exemple : « Sa femme » : choisir uxor ou conjux, signifiant « épouse », et non mulier, signifiant « femme » en général.

— « Ils furent élevés par des bergers » : « élevés » ne veut pas dire « soulevés en l'air », mais « nourris ». [683]

— « Si un loup paraît » : entendre « apparaît » et non « semble », avec lequel il faudrait un attribut ! [684]

— « Va, sers la tyrannie » : il faut choisir entre les divers sens de « servir » (se rendre esclave de, être en service chez, être utile à, honorer, satisfaire, servir à table...). [685]

— « Quand vous voyez quelquefois... » : le mot « quelquefois » signifie ici « parfois », c'est-à-dire aliquando, ou quando après cum ou si ; il faut rejeter interdum = de temps en temps, et aliquotiens = un certain nombre de fois.

— « Une herbe qui a échappé à la faux » : cette herbe n'est pas une personne et n'a pu faire aucun mouvement pour fuir, pour éviter la faux ; n'étant pas en prison, elle n'a pas non plus à s'évader. Elle est restée passive, et la faux ne l'a pas touchée. [686]

— « On le reconnut », en parlant d'une personne, signifiera forcément : « on l'identifia » = agnitus est, parfait passif de agnosco. Ecartons tous les autres sens de « reconnaître » (faire une reconnaissance sur le terrain, distinguer, admettre, accepter, avouer).

— « Le geai fut berné, sifflé... » : le mot « berné » est pris ici au sens figuré de « raillé ». Au sens propre, « berner » signifie « faire sauter dans une couverture ». [687]

3) habituons l'enfant à se méfier de certaines ressemblances perfides.

* Voyant l'expression « ses pareils », il peut se laisser influencer

par l'adjectif pares, qui veut dire « les égaux, les pairs ». Qu'il réfléchisse donc que « pareils » signifie « semblables » = similes.

> Le verbe « comprendre » est proche decomprehendere, mais ce

mot latin signifie « saisir, embrasser », ce qui correspond seulement à un premier sens de « comprendre », comme dans cette expression : « Tout comprendre en un seul mot » [688]. Mais le sens le plus courant est « saisir par l'esprit » : intellegere.

> L'adjectif « fort » ressemble dangereusement à fortis, qui

veut dire surtout « courageux, énergique ». En français, « fort », selon les cas, signifiera « robuste » (= validus, robustus), « inébranlable » (== firmus), « expérimenté » (= peritus), « impétueux », (= vehemens), « considérable » (= magnus, ingens), etc.

4) que l'élève soit assez vigilant pour faire les distinctions indispensables :

Exemple : reconnaître la différence

entre « l'homme même » et « même l'homme » entre « pâturage » et « fourrage »

entre se fallere et falli. [689]

5) la recherche dans le lexique demande un contrôle réfléchi des mots et expressions qu'on y trouve.

> pour le mot « campagne » un élève peut trouver campus :

il doit prendre garde que campus signifie « plaine, espace plat » et ne peut correspondre à « campagne » que dans l'expression « rase campagne » (la plaine où on se bat).

» pour traduire « un paon muait », l'enfant étourdi choisira par

exemple : pavo mutabat pilum = « un paon changeait de poil, de pelage », oubliant que le paon est un oiseau, et qu'il vaut mieux dire : « perdait ses plumes ». [690]

dans l'expression « le prix qui t'attend », le verbe attendre

signifie « être promis » ; l'ensemble peut se rendre par « la récompense promise à toi » = praemium tibi promissum. Si le lexique donne manere pour attendre, il a tort, car c'est un emploi de manere qui est postclassique. Le sens courant est « rester, demeurer ».

les lexiques semblent indiquer aux élèves, pour le verbe « de-

venir » des traductions peu courantes comme evadere (== aboutir à être), ou transire in (= se changer en), alors qu'il suffit d'employer fio, fieri (servant de passif à facio).

si le texte parle des « sujets d'un roi », les élèves s'emparent,

dans le lexique, du mot parentes pour traduire sujets. Vérification faite, il s'agit, non des père et mère, mais « des personnes qui obéissent » (participe présent de pareo, employé une fois ou deux par Salluste avec ce sens). Un bon dictionnaire indique pourtant que Cicéron disait cives régis.

certains élèves réussissent à trouver dans leur lexique des

tournures poétiques qui ne peuvent passer dans la prose d'un thème latin : « le geai fut plumé » devient : graculus pennas ereptus est ; la traduction littérale donnerait : « le geai fut arraché quant aux plumes ». Il faut tourner : « on arracha les plumes au geai » [691]- De même, voulant traduire : « il les perd de vue », un élève écrit : eos abscondit. Or ce tour signifie proprement « il les cache, il les dérobe aux regards » ! Mais un poète a pu écrire : Pheacum abscondimus arces = « nous perdons de vue les citadelles des Phéaciens », tour hardi dont le sens est exactement : « en nous éloignant, nous dérobons à notre vue les citadelles... » (voir page 168, en bas).

Ainsi, pour aboutir à une traduction latine exacte et claire, il est indispensable de choisir un bon lexique, par exemple celui de Trénel (Belin, éditeur), et de choisir dans ce lexique les mots, expressions et tournures parfaitement adaptés au sens du passage. Chaque fois que ce sera possible, on se reportera au dictionnaire Latin- Français pour les vérifications nécessaires.

B) Respecter les FORMES

L'enfant doit d'abord prendre la forme dans le lexique avec exactitude : ne pas quitter la page avant d'avoir tout vu, tout contrôlé. Qu'il mette au besoin une marque à cet endroit pour y revenir un instant plus tard.

S'il y a une consonne double, comme dans omittere, faire attention de ne pas doubler Y m au lieu du t ! Il faut bien observer la déclinaison : l'erreur de terminaison peut constituer un barbarisme.

Par exemple, deux adjectifs se suivent, mais sont de déclinaison différente : « une herbe menue et tendre » = herba tenuis et tenera (et à l'accusatif : tenuem et teneram).

L'oubli du genre peut aussi être funeste. Penser qu'un mot neutre comme marmor a la même forme au nominatif et à l'accusatif.

Certains élèves ont de la peine à reproduire sans erreur ce qu'ils lisent. C'est que leurs yeux parcourent trop rapidement le texte. Qu'ils s'astreignent à regarder toutes les lettres quand ils cherchent dans leur lexique, puis à décomposer et recomposer le mot avec soin et réflexion, sans rien omettre ni ajouter, sans se tromper de déclinaison.

S'il s'agit d'une forme verbale, la difficulté grandit encore, car l'élève doit vérifier successivement la personne, le TEMPS, le mode, la voix ; il doit se préoccuper surtout du radical précis dont il a besoin : radical du présent, ou du parfait, ou du supin. Pour le mécanisme de toutes les formes verbales, il se reportera dans le présent livre aux pages 59 à 87.

Il n'est pas possible ici d'en dire davantage, et je me garderai bien d'imprimer des barbarismes pour les commenter. Les enfants qui sont portés à ce genre d'erreurs s'en corrigeront avec l'aide de leur professeur et de leurs parents s'ils s'appliquent à un contrôle de plus en plus attentif dans la grammaire, dans le lexique, et s'ils se conforment aux recommandations que je leur fais ici-même. Sous ce rapport, le thème latin est l'exercice le plus formateur.

C) Respecter les LOIS de la langue

Les fautes les plus fréquentes portent sur l'accord et sur les cas.

Rappelons à nouveau que les genres occasionnent de graves erreurs, et présentent des différences avec le français (cf. page 32). Pour l'accord de l'adjectif, vérifions donc le genre du nom !

Qu'on prenne garde à la règle particulière au latin de l'accord avec le plus rapproché (cf. page 35).

Quant au cas, comme il correspond à la fonction du mot, un effort d'analyse s'impose à chaque instant. Qu'on sache reconnaître le sujet malgré une inversion, l'attribut avec le verbe « devenir », l'attribut du complément avec le verbe « considérer comme », etc.

Dans les expressions suivantes, la plupart des enfants oublieront de mettre l'apposition au même cas, si on ne leur rappelle pas qu'il faut réfléchir à la fonction exacte de chaque mot :

— « il avait chassé son frère Numitor »

— « il avait chassé Numitor, son frère »

— « il avait jeté dans le Tibre les petits-fils de Numitor, Romu-

lus et Rémus ». [««]

> Soit à traduire : « Les hêtres fourniront de l'ombre.

L'étourdi voit de et met aussitôt le génitif ! (Revoir l'étude de cette préposition française, page 21). Il devait se poser la question : « fourniront quoi ? », — réponse : « de l'ombre », donc l'accusatif !

» Soit maintenant l'expression « au lointain ». (Revoir également la préposition à, page 24 : il ne faut pas voir partout des compléments d'attribution !) Cherchons le sens exact par une équivalence qui sera « dans le lointain ». Et l'expression se rendra couramment par l'adverbe procul. Le tour in longinqua est rare (neutre pluriel, — accusatif pour marquer le mouvement). Mais on écrit fréquemment ex longinquo = de loin. En matière de langue, il faut se conformer à l'usage, et le contrôler sans cesse.

L'élève doit aussi se poser constamment les questions suivantes : quel cas gouverne cet adjectif ? — ce verbe ? — cette préposition ?

Exemples : « digne de respect » — « digne de son maître » (ablatif) « oublieux de son devoir » (génitif) « ne pas épargner sa peine »

« tu me conseilles de ne pas parler ». [693]

Si, dans le lexique, un verbe est suivi de tr. (transitif) ou de act. (actif), il se construit avec l'accusatif. S'il est suivi de intr. (intransitif), il faut regarder plus loin, et dans les exemples, avec quel cas précis il se construit. Enfin s'il est suivi de n. (neutre) cela signifie qu'il n'est ni transitif ni intransitif, qu'il n'a ni complément direct ni complément indirect. Exemple : s'étonner = stupere, n.

Mais un complément circonstanciel est possible : par exemple : « s'étonner de quelque chose » = re obstupeseere. (abl. de cause).

• La question des gallicismes est un peu plus épineuse. Certains élèves auront tendance à « arranger » le texte « pour que ce soit plus latin ». Ils risquent d'écrire une sorte de résumé, ou de roman, et de commettre de nombreuses infidélités plus ou moins graves...

Dans le thème, comme dans la version, il faut SERRER LE TEXTE. Donc, avant de décider qu'on est en présence d'un gallicisme, on doit s'assurer que la tournure n'existe pas en latin.

Exemple : « il ne les perd pas de vue » peut sembler une expression exclusivement française. Cependant, si l'on cherche au mot perdre, une tournure latine presque équivalente apparaît : non eas ex oculis amittit. (Cf. page 166.)

Au contraire, s'il faut traduire : « vers le déclin d'un beau jour », rien ne correspond exactement à ce tour en latin. Si je fais le mot à mot de ma future traduction latine, en termes dûment contrôlés, j'obtiens à peu près : « un beau jour déjà penché », sous forme d'ablatif absolu. [694]

Soit maintenant à traduire : « il les change de pâturage » ; il faut chercher au verbe changer jusqu'à ce qu'on trouve l'expression satisfaisante, dont le mot à mot serait : « il les déplace du pâturage ». [695]

— ► Voici une phrase qui contient deux gallicismes : « C'est lui qui m'a fait prendre soin de ma vie. » Le tour c'est... qui n'existe pas en latin, où on mettra « lui » en relief simplement par l'agencement des mots, comme on l'a vu plus haut (page 145). D'autre part, le verbe faire suivi de l'infinitif n'a pas d'équivalent direct en latin. Plusieurs cas se présentent :

1° La règle des grammaires : « César fit faire un pont » où l'on transpose en « fit un pont » avec l'idée que César n'a pas agi de ses propres mains ;

2° On insiste sur le commandement et on introduit un verbe comme jubere : le mot à mot deviendrait : « César ordonna qu'un pont fût fait » ;

3° Il ne s'agit pas d'un commandement, mais d'une impulsion, et c'est le cas ici, où il faut tourner : « il a poussé moi à prendre soin... » [696]

— ► Cette autre phrase contient plusieurs gallicismes : « L'aurore le trouve déjà en pleine campagne, d'où il ne se retire qu'avec le soleil » (pour le sens des derniers mots, cf. [682]). L'aurore est personnifiée dans cette tournure : on peut difficilement l'adopter dans la prose latine. Il vaut mieux prendre toujours la personne comme sujet de l'action, et transposer ainsi : « à l'aube, il est déjà... ».

L'expression « en pleine campagne » est un bon exemple de certaines locutions propres au français qui doivent se rendre par des latinismes. Il est clair que « en pleine nuit » signifie « au milieu de la nuit », or ce tour correspond à un emploi spécial de l'adjectif médius : on écrit média nocte.

Il faut enfin identifier la locution adverbiale ne ... que et la traduire par un seul adverbe latin signifiant. seulement.

On pourra être embarrassé par les mots « avec le soleil ». Cela marque-t-il l'accompagnement ? En ce sens, l'expression « s'éveiller avec le soleil » existe : cum sole expergisci. Pour la phrase proposée, il sera plus prudent de traduire par une simple indication horaire, répondant à celle du début, f697]

— ► Le verbe voir entre dans divers gallicismes. Exemples :

1) « Il se vit bafoué » n'a aucun équivalent en latin, où l'on

écrira simplement : « il fut bafoué ».

2) « Le sol qui l'a vu naître » : on ne peut personnifier ainsi

le sol, dans la prose latine, et on écrira : « le sol où il est né. »

3) « Je voudrais le voir récompensé » : le latin dira : « je le

voudrais récompensé ».

4) « Il s'étonnait de voir qu'ils ne riaient pas » deviendra :

« il s'étonnait du fait qu'ils ne riaient pas. » Il faut s'inquiéter ici de la « construction » du verbe latin qu'on choisit pour rendre « s'étonner ». [698]

5) La locution « pour voir si » signifie « au cas où » et se

rend par si.

6) Le cas suivant est aggravé par la présence de « on » : « De-

puis que de Tartuffe on le voit entêté ». Ces mots de Dorine doivent se comprendre : « Depuis que nous le voyons la tête remplie de Tartuffe », ce qui peut conduire à un mot à mot de ce genre : « Depuis que nous le voyons pensant uniquement à Tartuffe. » Consultons le lexique pour « penser à quelqu'un » : on pourra choisir entre cogitare de aliquo et aliquem cogitatione amplecti. [699]

• Rappelons que le pronom neutre on (origine : homo) peut se rendre aussi :

1) Par aliquis et quis, indéfinis : si quis venit = « si on

vient » ;

2) Par le passif : « On recherche un homme = un homme est

recherché » (mais voir aussi page 203, 12) ;

3) Par la 3e personne du pluriel, ayant pour sujet homines,

exprimé ou non : ferunt = on rapporte.

4) Par la 2e personne du singulier du subjonctif : dicas =

tu dirais = on dirait (« tu » s'adresse à un interlocuteur supposé).

• A force de prudence et de réflexion, on parviendra à déceler et à traduire les gallicismes, depuis les plus simples comme il y a, jusqu'aux plus subtils comme certains emplois du verbe voir. L'expérience acquise d'un thème à l'autre permettra de rapides progrès dans ce domaine, pourvu que chaque élève soit bien pénétré de ce principe :

tourner, c'est passer par une forme intermédiaire, véritable mot à mot du latin à écrire.

Page 1