L'ÉPOQUE DES GÉNÉRAUX VAINQUEURS
(108 à 31 avant Jésus-Christ)
Le chevalier Marius, chef de guerre ambitieux, se fait élire consul par le parti populaire en 108. Il triomphe de Jugurtha et des envahisseurs cimbres et teutons, mais il n'a pas de valeur politique.
Après sa mort (86), ses partisans sont vaincus par Sylla, patricien ruiné, autre général ambitieux, qui inaugure contre eux les « proscriptions ».
Sa dictature se heurte à la résistance du Sénat ; il est contraint d'abdiquer en 79.
Mais le Sénat, pressé par diverses guerres, notamment contre Mithridate, doit céder à de nouveaux généraux, et d'abord à Pompée.
Entre temps Cicéron, consul en 63, déjoue les plans de Catilina, patricien ruiné qui s'appuie sur le peuple. En 62, Catilina est vaincu et tué.
Pompée revenu d'Orient en grand vainqueur forme une entente avec Crassus et César. Mais tandis que Crassus meurt en Orient et que César est engagé dans la conquête de la Gaule, Pompée gouverne avec l'appui du Sénat et de Cicéron.
En 49, César vainqueur franchit le Rubicon et marche sur Rome. Pompée fuit en Grèce.
César le poursuit, le bat à Pharsale. Pompée, réfugié en Egypte, y est assassiné.
LUCRÈCE (99-55) est un grand poète, — savant et philosophe — qui introduit à Rome la physique de Démocrite, avec sa curieuse théorie des « atomes », et la morale d'Epicure.
CATULLE (84-54) est un poète lyrique et satirique, appartenant à la société mondaine de l'époque.
CICÉRON (106-43) est l'orateur romain par excellence dont toute l'œuvre est liée aux événements de son temps : contre Verres, contre Catilina, contre Antoine — pour Muréna, pour Milon, — et, dans sa retraite forcée, ses traités de rhétorique et de philosophie, enfin ses lettres.
Il a atteint la véhémence de Démosthène, mais il a surtout brillé dans les discours judiciaires, — réquisitoires ou plaidoyers : il y montre une grande habileté, une grande variété de tons. Cicéron a aussi su défendre son art contre les conceptions nouvelles, et dégager des diverses écoles philosophiques grecques une morale pratique pour la vie romaine.
Il est le maître du latin classique.
CÉSAR (100-44) est historien de ses propres exploits pour servir sa propagande : Guerre des
César achève de réduire ses adversaires et se fait nommer dictateur à vie, mais il est assassiné aux ides de mars 44.
Antoine, son lieutenant, et Octave, son petit-neveu, entrent en lutte pour l'héritage. Cicéron et le sénat soutiennent Octave qui triomphe à Modène en 43, et demande le consulat. Comme le sénat refuse, il marche sur Rome et dicte ses volontés. Puis il forme avec Lépide et Antoine une entente, qui coûte la vie à Cicéron. Après un partage des territoires, Octave réussit à éliminer Lépide, — puis Antoine, tombé sous la dépendance de Cléopâtre, reine d'Egj'pte. La victoire d'Actium (31) laisse à Octave le champ libre : il reçoit en 27 le titre d'Auguste.
Gaules, Guerre civile. Mais il met au premier plan les événements auxquels il a pris part, et cela avec une exactitude et une simplicité que tous ont admirées. Il y a beaucoup d'art dans cette sobriété, et beaucoup de science dans ce style limpide, car ce génie militaire et politique était aussi un savant grammairien.
SALLUSTE (86-35) raconta principalement la conjuration de Catilina et la guerre contre Jugurtha. Il est favorable aux héros du parti populaire, dont il vante l'énergie. Cependant, très influencé par l'historien grec Thucydide, il vise, pour le fond, à l'impartialité, notant bien les faiblesses de chaque parti, et, pour la forme, à la concision expressive.
Le Principat I. — - Le siècle d'Auguste
Auguste conserve en apparence les institutions, se fait appeler PRINCEPS (premier du sénat) ; — mais possède bientôt tous les pouvoirs, et crée des fonctionnaires dépendant de lui :
préfets et procurateurs. Il assure sa succession en adoptant Tibère. A sa mort (14 après Jésus- Christ), on lui décerne l'apothéose.
Dès lors les provinces seront vraiment administrées, et non plus pillées par les propréteurs ou proconsuls. Mais l'immense empire doit être protégé : sous Auguste, on a atteint le Danube : il faut s'y maintenir. Sur la frontière orientale, il faut tenir les Parthes en respect. Souvent les chefs d'armée, mis en
La paix favorise les lettres et les arts ; les écrivains chantent la gloire de Rome et d'Auguste.
C'est l'époque des grands poètes latins.
VIRGILE (70-19), auteur des Bucoliques, des Géorgiques, de l'Enéide, est le plus éminent. Il éprouve et fait éprouver le charme de la vie pastorale. Il réveille l'instinct national et la piété des ancêtres. Dans l'épopée, il rivalise avec Homère, fait sentir aux Romains la grandeur de leur destin. Partout présent par son exquise sensibilité, il est néanmoins un grand peintre des âmes. Ses vers enfin sont d'une inimitable harmonie.
HORACE (65-8) est lyrique ou didactique. Il chante les bien-
valeur par les opérations, seront portés au pouvoir par les soldats, — puis, au besoin, assassinés par eux.
Les successeurs directs d'Auguste sont tristement célèbres à divers titres : ce sont Tibère, Caligula, Claude, Néron.
En 68-69 quatre « princes » se succèdent : Galba, Othon, Vitellius, Vespasien. Le dernier seul règne et ne meurt pas assassiné.
Son premier fils Titus gouverne aussi avec sagesse, mais le second, Domitien, est redoutable, et périt assassiné (96).