‹ Aidez-le à bien travailler le latinChapitre 230 sur 235 · CORRIGÉS DES EXERCICES LXXV · texte numérisé non relu

CORRIGÉS DES EXERCICES LXXV

majorité pensait qu'on ne devait rien changer à la coutume. A la suite de cela, Caïus Cassius tint un raisonnement de cette sorte en manière de discours :

« Un ancien consul a été tué chez lui par un guet-apens d'esclaves que personne n'a empêché ou révélé, alors que n'est pas encore abrogé le décret du Sénat menaçant du supplice tous les esclaves de la maison. Par Hercule, décidez d'accorder l'impunité : mais alors qui sera défendu par sa dignité, quand la sienne aura été inutile à Pédanius Secundus ? Qui sera mis à l'abri par le nombre de ses esclaves, alors que les quatre cents que possédait Pédanius ne l'ont pas protégé ? A qui porteront secours des esclaves qui, pas même dans la crainte, n'ont fait attention à notre péril ? Mais, dira-t-on, des innocents périront. C'est que, dans l'armée aussi, quand, après une défaite, un homme sur dix est bâtonné, il y a également des soldats actifs et zélés qui sont désignés par le sort. Toute punition exemplaire à laquelle on a recours contre des particuliers pour le bien public comporte une part d'injustice. »

Personne nommément n'osa s'opposer au discours de Cassius, mais faisaient réponse les voix confuses de ceux qui s'apitoyaient sur le nombre, l'âge ou le sexe des victimes, et sur l'innocence indubitable du plus grand nombre. Cependant les partisans du supplice l'emportèrent. Mais on ne pouvait exécuter le décret, car la foule s'était attroupée et brandissait, menaçante, des pierres et des brandons. Alors l'Empereur, par une proclamation, adressa un blâme au peuple et fit placer des troupes de garde tout le long du chemin par lequel les condamnés étaient conduits au supplice.

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