PARFAIT PASSIF
• A la série du parfait, le passif a une formation simple, mais bien gênante.
Prendre le participe passé amatus et ajouter les temps du verbe esse, série du présent, voilà qui est facile.
Mais 1 ° pour le thème, il faut penser à accorder le participe en genre et en nombre avec le sujet, en le laissant au nominatif, en qualité d'attribut du sujet ; exemples :
féminin singulier masculin pluriel neutre singulier neutre pluriel
amata sit [355] amati eratis [35G] amatum erit [357] amata essent [358], etc.
[Le parfait de l'infinitif sera étudié avec la proposition infinitive.J
et 2° pour la version, il faut s'écarter résolument d'une ressemblance trompeuse avec le français, où « je suis aimé » est le présent passif = amor. Il faut se persuader que la forme latine :
amatus sum ou sum amatus (et les deux souvent séparés par un ou plusieurs mots !)
se rend par un temps passé de l'auxiliaire suivi du participe passé.
1) passé simple de l'auxiliaire : je fus aimé : amatus sum,
2) partout ailleurs, l'auxiliaire à un temps composé, donc, en tout, 3 mots en français, pour 2 en latin : amati sunt = ils ont été aimés, ou ils eurent été aimés amata ero = j'aurai été aimée.
Voilà le premier réflexe qu'il faut avoir.
• Toutefois il faut être averti d'une autre possibilité.
Le participe passé passif (même à côté de sum) peut avoir une valeur propre d'adjectif attribut du sujet, auquel cas le verbe sum, cessant d'être auxiliaire, reprend sa pleine valeur verbale.
C'est sensible aussi en français : quand on dit : « je suis bien préparé » (à cet examen) [359], on entend qu'on a fini de recevoir une bonne préparation, et qu'on est un candidat bien préparé (participe devenu adjectif).
C'est si vrai qu'un véritable adjectif dérive du latin paratus, clans ce sens de « qui a reçu une préparation complète » :