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Ramener devant lui le mot corrélatif

Appliquer ces principes dans la phrase suivante : Neque prius invictum nostrum imperatorem incusare destiterunt quam aliam victoriam cognoverunt. [537]

• Une difficulté surgit quand le subordonnant est seul exprimé. Si l'on examine le mot quamdiu dans la phrase suivante :

Quamdiu quisquam erit qui te defendere audeat, vives... [538J

(1) En français, le nom ou pronom représenté par le relatif le précède immédiatement : on peut donc l'appeler antécédent (= qui marche avant) ; mais ce terme devient absurde en latin pour désigner un pronom démonstratif figurant après le relatif. Je propose donc de le nommer, par convention, le correspondant du relatif. Et ce mot remplacerait partout « antécédent » dans l'analyse du latin.

on doit se poser les questions suivantes :

1° quamdiu est-ii interrogatif, au sens littéral de « combien longtemps » ?

2° est-il en rapport, en corrélation, avec tamdiu, exprimé avant ou après, ou encore sous-entendu : dans ce cas, l'ensemble signifierait : « aussi longtemps que » (pour nous, quamdiu = que).

» Il en sera de même, par exemple, pour quoties (ou quotiens)

« combien de fois ?» — ou « autant de fois que », s'il faut suppléer le corrélatif toties (ou totiens).

• Ces mots expriment à la fois le temps et la comparaison, correspondant au comparatif d'égalité.

En effet, dans les corrélations comparatives, on distingue les trois degrés de comparaison : supériorité (plus quam) ; infériorité (minus quam) ; mais c'est l'égalité qui gêne le plus les élèves. Voici les quatre groupes fondamentaux :

tam . .

. quam =

aussi (-|- adj.) que

dans cet ordre

tantum

. . . quantum =

autant que

ou à l'envers :

tantus

. . . quantus —

aussi grand que

tôt ...

quot =

aussi nombreux que

• La comparaison simple, ut = comme, peut être renforcée par une corrélation, analogue au français :

de même que..., de même..

ut (+ ind.) quemadmodum

sic ita

Ces mots marquent parfois une légère opposition et se rendent alors par : si... en revanche... (cf. [546]).

On trouve aussi l'ordre inverse : sicut (en un mot)

-j- indicatif ita ut

L'exemple précédent [538] se continue ainsi :

et vives ita ut vivis = et tu vivras comme tu vis...

9 Mettons à part les comparatives qui expriment une proportion. Je reprends les phrases données dans Aidez-le à bien travailler le français, page 47 : l'idée : « Ses progrès grandissent en proportion de son travail » devient :

« Il progresse d'autant plus qu'il travaille plus. » ou bien : « Plus il travaille, plus il progresse. »

On emploiera, pour d'autant : eo ou hoc ou tanto

(forme d'ablatif avec le comparatif)

pour que : quo ou quanto (avec comparatif dans la subordonnée) quod (sans comparatif) [539].

• La conséquence, qui est introduite par

ut -)- subj. = de sorte que

donne lieu à diverses combinaisons qui se distinguent des corrélatifs de comparaison par la présence de ut + subj. :

dans cet ordre

tam . .

tantum

tantus

tôt ...

talis

is

ut = si (-|-adj.) que

... ut = tellement que

. . ut = si grand que

ut = si nombreux que

... ut = tel que

— ► Le mot talis donne l'occasion d'apprendre à bien différencier conséquence et comparaison : dans ce 2e emploi, il a pour corrélatif qualis. Le tour français bien connu : « Tel père, tel fils » signifie en réalité : « Le fils est tel que le père. » et le latin rend par la corrélation comparative en inversant les propositions [540].

Mais on prendra garde que le tour français tel que peut être aussi consécutif.

Si le groupe est comparatif, on peut le ramener à comme :

« Il était tel que je te vois. » [541]

Si le groupe est consécutif, on peut le ramener à si (-{- adj.) que :

« Son avidité fut telle qu'il dépouilla la plupart des Siciliens. » (telle peut se remplacer par si grande) [542].

•* A titre de contrôle, chercher les possibilités du mot tan-

tum [5«]

Traduire : « Il est tel que vous l'avez vu. » « Il est tel qu'il ne viendra pas. »

« Il est assez peureux pour ne pas venir. »

(= il est à tel point peureux qu'il ne vienne pas.) Non tam magnus erat ut metueretur- Non tara magnus erat quam similes sui.

Tanta celeritate victus est ut non fugere potuerit. Tam stultus erat ut non metueretur.

Currebat tam cito quam alii. [544].

N. B. — Ne jamais traduire tantus comme talis !

• Les autres corrélations consécutives sont de simples variations du tour français : de telle sorte que, et d'abord son équivalent littéral : ejusmodi ut (cf. is = talis) ;

puis sic ita

adeo

ut (-j- subj.)

— ► Insistons particulièrement sur le mot ITA (ou son équivalent : sic) :

A. — Ita, sans corrélation, correspond aux deux sens du français

ainsi :

1) de cette façon,

2) dans ces conditions, par conséquent.

Exemple : Ita, sic armatus, in Tiberim desiluit [5i5]-

B. — Ita, en corrélation :

1) marque la comparaison, — avec inversion fréquente.

(mode indicatif, — sauf cas d'attraction modale, quelquefois, VOir [887] à [892]).

La corrélation est parfois renforcée : Exemple : Elephanti sicut per artas praecipitesque vias magna mora agebantur, ita tutum ab hostibus agmen praebebant- [546].

2) marque la conséquence, — sans inversion, mais souvent

éloigné.

(mode subjonctif obligatoire).

tamen = bien que... cependant...

Le passage suivant permettra de revoir le mot itaque (cf. [519]) et le jeu des négations (cf. [522]), puis de retenir le groupe ita... ut... :

Itaque nihil postea Verres tota in Sicilia neque sacri neque religiosi duxit esse ; ita sese in ea provincia per triennium gessit ut ab isto non solum hominibus, verum etiam dis immortalibus bellum indictum putaretur. [547].

• Quelques autres corrélations sont plus faciles. Il faut toutefois prendre garde au mot UBI-

1° adv. relatif de lieu, il serait en corrélation avec ibi :

ibi ubi = là où.

2° conj. de subordination de temps, il serait en corrélation avec tum : ubi... tum . . . (ou l'inverse) = quand... alors...

— ^ Viennent ensuite, pour la cause et le but :

ideo quia ou quod = parce que

ou ideirco ut = afin que

et enfin, pour la concession :

quanquam (-f- ind.) [ ou cum (-f- subj.)

Supplément à la subordination : l'ablatif absolu.

Une forme particulière de proposition se passe de conjonction : c'est la participiale absolue à l'ablatif, appelée couramment ABLA- TIF ABSOLU (absolu = non relié). Elle équivaut à diverses propositions circonstancielles, souvent à des propositions de temps ou de cause (cf. Aidez-le... en français, p. 52).

Cette proposition est composée en principe :

d'un sujet à l'ablatif et d'un participe à l'ablatif ; mais dans l'ordre sujet-verbe ou bien verbe-sujet : Elle n'est pas forcément entre virgules.

Elle est très fréquente en latin, par exemple, dans César, avec relatif de liaison :

Quibus rébus cognitis . . .

La traduction littérale : « lesquelles choses ayant été apprises », ne sera jamais maintenue !

Adoptons : « Dès qu'on l'eut appris... », ou bien « Ces renseignements reçus... », ou encore « Sur ces indications... », etc.

Autre exemple, dans l'ordre inverse :

Sic confecto itinere, ... = Le parcours ainsi achevé,...

> Le participe peut manquer : on voit deux ablatifs, un sujet

et un attribut, entre lesquels il faut suppléer le participe « étant », qui n'existe pas en latin.

Exemple : (pour marquer l'année, par les noms des consuls en exercice).

Lepido et Tullo consulibus ... [548].

Et cette phrase de Tite-Live :

Neque milites alio duce plus confidere [549].

» Le sujet à l'ablatif peut manquer :

1) quelquefois une proposition infinitive ou une interrogation

indirecte seront sujets d'un participe à l'ablatif.

2) quelquefois le participe est impersonnel :

auspicato = quand on eut pris les auspices (qui étaient favorables).*

3) quelquefois, dans Tite-Live et Tacite, il faut suppléer un

pronom sujet.

• L'ablatif absolu est très fréquent, mais il ne faut pas en voir partout :

1) on peut être en présence d'un datif dépendant du verbe : Lepido et Tullo consulibus respublica commissa est 550].

2) on voit un groupe à l'ablatif de même aspect, mais il est

complément du verbe voisin : voici deux exemples : Equo graviter icto effusus opprimitur.

Perculsa rege amisso multitudo eo se contulerat [551].

3) enfin, dans certaines expressions, on peut prendre pour un

participe, une forme qui est en réalité un nom à l'ablatif :

Exemple: isto pacto ... [552].

Après ce supplément à la subordination, il reste un dernier groupe de mots invariables : les prépositions.

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