MÉTHODE ÉTYMOLOGIQUE
• Après les mots groupés d'après le sens, après les exercices accompagnés d'un vocabulaire, on peut recourir à la « méthode étymologique », qui rassemble divers mots autour d'une racine commune. Elle présente des avantages considérables : elle permet à l'élève d'apprendre et retenir plusieurs mots à la fois, — d'éviter certaines confusions, et de mieux comprendre les mots français qui viennent du latin.
Mais elle présuppose la connaissance du mécanisme de formation des mots à partir d'une origine déterminée. Soit le verbe venire ; on peut former :
à l'aide d'un préverbe (ad) un verbe composé : advenire.
et à l'aide d'un suffixe (-tus) un nom dérivé de ce verbe : adventus.
Partant d'un nom comme species (dont l'origine réelle est le verbe ancien specio, specere), on peut, à l'aide d'un suffixe (-tare) former un verbe dérivé spectare. D'autre part, avec divers préverbes, se forment des composés en -spicio.
On note que de spec- on passe à -spic-. Le préverbe, reportant à la seconde syllabe la voyelle brève du radical, peut en provoquer la modification. Mon professeur de 6e disait : « En composition, la voyelle du radical descend la gamme. » Et il figurait ainsi cette « gamme des voyelles » :
Pour reconnaître l'origine dans un verbe composé, il faut donc « remonter la gamme ».
Si la voyelle du radical est un i dans le verbe composé, elle était un e ou un a (quelquefois ae) dans le mot simple :
conspicio » mot simple : speciss.
perficio * mot simple : facio.
inquiro > mot simple : qusero.
Remonter de même de e à a ; de u à a ou au.
Trouver les verbes simples correspondant à confectum (supin), occupare, concludere. [561]
PRÉVERBES.
• La connaissance des préverbes (préfixes de verbes) est indispensable. Ils sont, pour la plupart, des adverbes utilisés aussi comme prépositions et déjà vus sous ce nom, mais ils donnent lieu à quelques particularités.
Songer qu'un même préverbe peut avoir différents aspects :
ab > ab (abripio), au (aufero), abs (abstuli) ;
pro > pro (prosum), prod (prodire) ;
sub > sub (subigo), subs > sus (sustineo).
Et, par suite des lois phonétiques :
— ■ le préverbe ad peut devenir a-(aspicio), ou bien peut assimiler (rendre semblable) son d final à la consonne suivante :
adferre ou afferre — adlatum ou allatum — adtuli ou attuli, etc.
— le préverbe ou préfixe cum s'écrit co-, col-, corn-, con-,
ainsi qu'on le voit en français : colloque, commerce... (assimilation).
— le préverbe ex peut s'écrire e- (educere) ou ef- (efferre).
— le préverbe in peut s'écrire i-, il-, im- (imminere, imponere).
— le préverbe ob peut devenir o- (omittere), oc- (occidere),
of- (ofîerre), op- (opponere).
— le préverbe sub peut devenir su- (suspicere), suc- (succe-
dere), suf- (sufficere), sup- (suppetere).
• Le sens des préverbes est d'abord voisin de celui de la préposition correspondante :
Exemple ; despicere = regarder de haut = mépriser.
Mais ils expriment souvent d'autres nuances, en particulier l'idée d'achèvement.
Traduire : confectus — devictus — interfectus — perfec-
tUS. [562].
> Le préverbe in correspond soit à la préposition, soit à une
ancienne négation : on le voit bien dans les mots français : incursion, et incertain.
> Le préverbe ob signifie devant, avec l'idée d'obstacle assez
souvent (cf. obstare = faire obstacle, s'opposer à).
Il est impossible de faire apprendre toutes les significations des préverbes. Qu'on en juge par celles du préverbe sub, indiquées ainsi dans le dictionnaire Gaffiot :
1) dessous, par dessous ; 2) de bas en haut ; 3) immédiatement après ; 4) secrètement, à la dérobée ; 5) un peu.
Je me suis donc borné à signaler ce qu'on rencontre le plus souvent.
• Trois préverbes fréquents n'ont pas de rapport avec les prépositions, ce sont :
■* dis-, qui s'écrit aussi di-, dif-, dir-, et marque surtout séparation, et dispersion : exemple : dissociare.
■> re-, qui nécessite souvent un d de liaison (redeo, redigo) , et signifie retour en arrière, reprise, etc.
» se- (parfois avec un d de liaison) signifiant séparation,
privation (à l'origine, préposition = sans).