‹ Aimer: pièce en trois actesChapitre 16 sur 63 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HENRI

Une femme confond un homme et le rend ridicule avec un sourire,

HÉLÈNE

Cela dépend.

HENRI

Oui, de la femme !

Enfin, s'il m'aimait cependant ?

HENRI, 8*énervant im peu.

Qu'est-ce que cela veut dire : « s'il t'aimait » ? Te connaît-il ? Qu'est-ce qu'il sait de toi ? Que tu es belle ? Et qu'il serait très agréable, évidemment, d'approcher ta beauté de plus près ! (Mouvement d'Hélène.) A toi de lui montrer que l'amour, pour une femme comme toi, a un autre sens, plus élevé. Entre les gens comme lui et les gens comme nous, il y a un vieux malentendu. Ces célibataires ne se doutent pas de ce que c'est que le mariage ! Ils ont du couple conjugal une idée un peu... littéraire... Tu le détromperas. Tu lui montreras qui tu es, ce que nous sommes* Il n'est pas bête. Il comprendra.

HÉLÈNE, après un temps.

Tu crois que, si j'avais été plus froide au début

avec lui, il aurait été moins aimable ?

HENRI

Je n'en sais rien. Et cela m'est tout à fait égal. Ce qui est fait est fait. Regretter, c'est du temps perdu.

HÉLÈNE

Tu m'en veux, hein ?

Mais non... Mais non...

HÉLÈNE, sur sa poitrine.

Je ne suis pas une malhonnête femme, dis ?

, HENRI

Non, bête.

HÉLÈNE

Regarde-moi.

HENRI

Voilà.

HÉLÈNE

Qu'est-ce que tu penses de moi ?

HENRI n lui prend la ttte dana sm maine et il la regarda longuemsnt,

Je t'aime.

HÉLÈNE

Oui, mais... qu'est-ce que tu penses de moi ?

Je t'ai répondu ! Je t'aime, cela veut dire pour moi : je t'admire, je suis fier de toi, j'ai en toi une confiance absolue. * -

HÉLÈNE, Joyvuisment.

Dame !

HÉLÈNE

Je t'adore, tiens ! Quel soulagement d'avoir parlé, de l'avoir dit ! C'est vrai. J'avais une oppression. C'est fini à présent. Je me sens

plus légère. (Bila l'assied sur lei gsnoux.) C'était une

stupidité. Je ne sais pas ce qui m'avait prise, ^n lui iourit.) Si tu savais comme ils comptent peu pour moi, les autres ! Va, tu peux être bien tranquille I Je t'aime au delà de tout, par-dessus tout I... Mon vieux 1

HBNItI

Ce n'est pas une raison p

HÉLÈNE, elle se détourne et s'essuie les yeux.

Je ne pleure pas ! (Eiie rit.) Crois-tu que c'est bête !

HENRI, regardant vers le parc.

Attention !... Essuie tes yeux... Je vous laisserai, n'est-ce pas ?

HÉLÈNE

Non I Non ! Je t'en prie ! Rest^ avec moi !

Ce n'est pas moi qu'il vient voir.

HÉLÈNE

Raison de plus I

HENRI

Ton attitude sera bien plus significative si

je ne suis pas là. (II s'avance sur la terrasse. On le voit faire un geste d'accueil à quelqu'un.) BonjOUF, mon chcF !

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