HENRI, HÉLÈNE
La pièce est vide. Henri entre, venant du Jardin. Il a des lettres
dans sa main.
HENRI, vers lajpièée voisine.
Tu es là, Hélène ? (Il s'arrdte sur le seuil de la porte. La personne à qui il s'adresse, le spectateur ne peut ni la voir, ni
l'entendre. Un temps.) Justement je te Tapportais.
(n va donner une partie des lettres qu'il a & la main à la personne qu'on ne voit pas. Il revient. Sur le seuil de la porte :) Non, pas grand'chose. (Il descend en ouvrant ses lettres.
Élevant la voix :) Ah ! gi ! Une lettre de maman !
HÉLÈNE, qu'on ne voit toujours pas, mais qui maintenant
élève la voix.
De ta mère ? Comment va-t-elle ? (Henri, qui Ht,
ne répond pas. Elle apparaît alors dans le cadre de la porte.) Elle va bien ? (Elle s*approche d'Henri.) Je peUX ?
Bien sûr, bête!
HÉLÈNE
Tiens-toi droit.
Elle s'appuie à lui et lit la lettre en m6me temps que lui.
HENRI
Elle compte venir le mois prochain passer quelques jours avec nous...
HÉLÈNE
Laisse-moi donc lire ! (Un temps, ns lisent, ii veut
tourner la page.) Attends ! (Un temps.) Toume ! (Il tourne la page. Ils se remettent à lire. Un temps. On les voit sourire en même temps, du même sourire, au même endroit. Elle quitte enfin l'épaule d'Henri. Ils se regardent tous les deux d'un air heureux et attendri.) Elle est gentille !
HENRI
Et toi, qu'est-ce qu'on t'écrit ?