ACTE PREMIER
HÉLÈNE
Rien. Marthe s'ennuie. Suzanne se plaint que Pair soit mou, cette saison.
HENRI
Toujours pas de nouvelles de ta sœur ?
HÉLÈNE
Tu sais bien que Jeanne n'écrit jamais.
Invite-la à passer quelques jours avec nous, en même temps que maman.
HÉLÈNE
Tiens-toi droit!
HENRI9 se redressant.
Tu m'ennuies, Hélène !... Veux-tu faire venir ta sœur ?
HÉLÈNE
Oh ! moi, je veux bien.
HENRI
Enfin, veux-tu ?
HÉLÈNE
Mais si tu veux !
Dieu, que je déteste ces réponses I Tu n'as pas d'avis ?
Ma foi, non I Prends une décision. Moi, je approuve d'avance.
J'aimerais tellement mieux que tu m'en Qposes une ! C'est ennuyeux de faire toujours i que je veux. C'est vrai ! Ça m'est égal, à moi, B me faire plaisir ! J'aimerais beaucoup mieux I faire plaisir, à toi I
Eh bien ! invitons-la.
Sais-tu de quoi tu as l'air, Hélène ? Tu as air d'une femme qui s'ennuie.
Tu es stupide.
Elle l'embratae.
Ah I Challange a téléphoné. Il montera te oir avant le dîner.
! PREMIER HÉîilNE
Moi ? C'est moi qu'il veut voir ?
Il l'a bien spécifié. Il voudrait nous avoir à dîner un de ces soirs... Je lui ai dit qu'il te trouverait à la fin de l'après-midi.
HÉLÈNE
Pourquoi lui as-tu dit cela ? Je n'ai aucun besoin de voir Challange, moi ! Il est déjà venu avant-hier !
HENRI
Pardonne-moi. J'ai cru que ses visites te faisaient plaisir. Elles te faisaient plaisir jusqu'ici ?
HÉLÈNE
Oui. Mais pas trois fois par semaine. Je n'aime pas les gens qui s'imposent t
J'ai toujours peur que tu ne t'ennuies. Une occasion s'est présentée d'une heure de distraction pour toi. Je l'ai saisie. Je ne pensais pas t'être désagréable. Mais, chaque fois que tu passes une après-midi seule, tu es de mauvaise humeur, le soir... Si ! Je l'ai remarqué. Que
deviennent tes voisines ? M"*® Jouve ? M"*« de Tancin ?
HÉLÈNE
Elles m'ennuient. Toutes les femmes m'ennuient.
HENRI
Je reconnais qu'il y a peu de femmes intéressantes. Mais, enfin, pour parler chiffons...
HÉLÈNE
11 est vrai que ce sujet me passionne !
HENRI
Non. Je ne peux pas te reprocher cela.
HÉLÈNE
Oh ! il ne m'ennuie pas non plus ! Je ne me prétends pas détachée de ces questions. Elles ont leur place dans la vie. Mais rien ne m'écœure comme de parler robes avec les femmes. Tandis qu'avec un homme, avec toi, ça m'amuse.
HENRI
Tu me reproches pourtant de n'avoir aucun goût.
HÉLÈNE
Je tiens tout de même gratid compte de tes observations... Je vais te dire. Tu as du goût.