‹ Aimer: pièce en trois actesChapitre 3 sur 63 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HÉLÈNE

Rien. Marthe s'ennuie. Suzanne se plaint que Pair soit mou, cette saison.

HENRI

Toujours pas de nouvelles de ta sœur ?

HÉLÈNE

Tu sais bien que Jeanne n'écrit jamais.

Invite-la à passer quelques jours avec nous, en même temps que maman.

HÉLÈNE

Tiens-toi droit!

HENRI9 se redressant.

Tu m'ennuies, Hélène !... Veux-tu faire venir ta sœur ?

HÉLÈNE

Oh ! moi, je veux bien.

HENRI

Enfin, veux-tu ?

HÉLÈNE

Mais si tu veux !

Dieu, que je déteste ces réponses I Tu n'as pas d'avis ?

Ma foi, non I Prends une décision. Moi, je approuve d'avance.

J'aimerais tellement mieux que tu m'en Qposes une ! C'est ennuyeux de faire toujours i que je veux. C'est vrai ! Ça m'est égal, à moi, B me faire plaisir ! J'aimerais beaucoup mieux I faire plaisir, à toi I

Eh bien ! invitons-la.

Sais-tu de quoi tu as l'air, Hélène ? Tu as air d'une femme qui s'ennuie.

Tu es stupide.

Elle l'embratae.

Ah I Challange a téléphoné. Il montera te oir avant le dîner.

! PREMIER HÉîilNE

Moi ? C'est moi qu'il veut voir ?

Il l'a bien spécifié. Il voudrait nous avoir à dîner un de ces soirs... Je lui ai dit qu'il te trouverait à la fin de l'après-midi.

HÉLÈNE

Pourquoi lui as-tu dit cela ? Je n'ai aucun besoin de voir Challange, moi ! Il est déjà venu avant-hier !

HENRI

Pardonne-moi. J'ai cru que ses visites te faisaient plaisir. Elles te faisaient plaisir jusqu'ici ?

HÉLÈNE

Oui. Mais pas trois fois par semaine. Je n'aime pas les gens qui s'imposent t

J'ai toujours peur que tu ne t'ennuies. Une occasion s'est présentée d'une heure de distraction pour toi. Je l'ai saisie. Je ne pensais pas t'être désagréable. Mais, chaque fois que tu passes une après-midi seule, tu es de mauvaise humeur, le soir... Si ! Je l'ai remarqué. Que

deviennent tes voisines ? M"*® Jouve ? M"*« de Tancin ?

HÉLÈNE

Elles m'ennuient. Toutes les femmes m'ennuient.

HENRI

Je reconnais qu'il y a peu de femmes intéressantes. Mais, enfin, pour parler chiffons...

HÉLÈNE

11 est vrai que ce sujet me passionne !

HENRI

Non. Je ne peux pas te reprocher cela.

HÉLÈNE

Oh ! il ne m'ennuie pas non plus ! Je ne me prétends pas détachée de ces questions. Elles ont leur place dans la vie. Mais rien ne m'écœure comme de parler robes avec les femmes. Tandis qu'avec un homme, avec toi, ça m'amuse.

HENRI

Tu me reproches pourtant de n'avoir aucun goût.

HÉLÈNE

Je tiens tout de même gratid compte de tes observations... Je vais te dire. Tu as du goût.

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