‹ Aimer: pièce en trois actesChapitre 21 sur 63 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

d'un homme comme vous est précieux. Je m'en voudrais de vous le faire perdre.

CHALLANGE

Puisque je vous dis que je vous laisse, pourquoi voulez-vous avoir Tair de me renvoyer ?

Qu'est-ce que vous avez aujourd'hui? Votre ton est tout agressif... Vous ai-je* déplu ?

HÉLÈNE

Eh bien! oui, s'il faut être franche. J'étais contente de vous connaître. Dès que vous êtes rentré en France, mon mari m'a parlé de vous dans des termes qu'il emploie rarement. Les opinions de mon mari deviennent facilement les miennes. J'ai partagé tout de suite son admiration. Je vous ai témoigné très franchement mon plaisir... Eh bi^n ! je ne trouve pas qu'à une sympathie si sincère vous ayez répondu loyalement. Tenez, disons, si vous voulez, que vous avez tenté d'établir entre nous cette sorte de rapports coquets qui sont les rapports ordinaires des hommes et des femmes d'aujourd'hui. Oh !

c'est peu de chose, je vous l'accorde ! C'est trop pourtant, •

CHALLANGE

Eh bien ! madame, sur cette attitude que vous jugez si sévèrement tout à coup, je vais, si vous le^permettez, m'expliquer...

4d aimer

HÉLÈNE

Inutile ! Je ne veux pas discuter cette question avec vous. Mon changement vous a surpris. Vous m'en avez demandé les raisons. Je vous les ai données. C'est tout.

CHALLANGE

Permettez-moi de vous...

HÉLÈNE

Non ! Si je me suis trompée, tant mieux ] II va vous être facile de me le prouver. Alors, mon mari et moi, noua serons très heureux de vous recevoir et de vous témoigner notre estime... (Un teropK.) Voyons ! Sommes-nous amis ?,.. (U ne répond pas.) Mais si ! Nous sommes amis !

CHALLANGE

Soit I ■

HÉLÈNE

Il ne s'agit- que de s'entendre ! [Aimabiamant.) Asseyez-vous! (U bun».) Asseyez-vous 1 (n is tait.) Quelle belle journée ! *

CHALLANGE, (onitire.

Oui... qui s'en va ! C'est lugubre, ces belles journées qui tombent ainsi, qui disparaissent... Tout ce beau temps perdu !

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