SCÈNE II
HÉLÈNE, CHALLANGE
CHALLANGE Enfin ! Enfin I (II court à elle et parle avec véhémence.)
Pourquoi m'avez-vous imposé ces trois affreux jours de retraite ? Depuis trois jours, je cours les routes sur ma voiture. Je suis allé jusqu'à la mer, plusieurs fois, à des allures folles, comme si ce vertige de vitesse pouvait gagner le temps, entraîner les minutes. Dites ! Pourquoi m'avezvous imposé cette absence ? Vous saviez bien qu'elle me ferait mal I
HÉLÈNE
Taisez-vous ! Je ne veux pas le savoir ! Vous n'avez pas le droit de me parler ainsi ! Malgré tout ce que je vous ai dit, vous arrivez ici chaque jour plus fou, plus exalté que la veille. Vous n'avez pas été loyal. Vous vous rappelez nos conventions ? Vous ne les avez pas respectées. Vous m'avez dit, vous me dites chaque jour des choses que je n'ai pas à savoir, et que je ne veux plus entendre ! Vous ne vous en rendez pas compte, depuis que vous venez ainsi dans cette maison, l'atmosphère est irrespirable... Si ! si ! Finissons-en ! Je ne veux plus vous voir !
CHALLANGE
Chaque fois que je reviens vers vous, après des heures d'attente si longues, pourquoi fautil que je retrouve un visage tout refroidi, une âme toute refermée, toute reprise !
HÉLÈNE
Vous n'aurez plus cette déconvenue. Vous ne viendez plus ici. Vous ne me verrez plus. Je me suis trompée. Vous ne pouvez pas être un ami, l'ami que j'espérais que vous seriez. Alors, allez-vous-en. Séparons-nous. C'est mieux.
CHALLANGE
Allons ! Ce n'est pas vous qui me parlez ainsi ! C'est votre mari qui exige, qui vous impose...