‹ Aimer: pièce en trois actesChapitre 37 sur 63 · ACTE SECOND · texte numérisé non relu

ACTE SECOND

HÉi:ÈNE

Vous VOUS trompez ! Mon mari ne m'a jamais imposé quoi que ce soit ! C'est moi, moi seule, vous entendez, qui vous prie de vous en aller et de ne plus venir dans cette maison.

CHALLANGE

C'est impossible. Je refuse. Je vous vois déjà si peu !

HÉLÈNE

Mais je l'exige !

Vous me condamneriez votre porte ! Vous I

HÉLÈNE

Oui, moi I

CHALLANGE

Vous pouvez me parler ainsi, après nos longues causeries, après cette promenade à Boutiers que nous avons faite l'autre jour, après tout ce que je vous ai dit !

HÉLÈNE

Que vous ai-je répondu ?

CHALLANGE

Je ne sais pas. N'importe 1 Je sais que vous m'avez entendu, écouté 1

HÉLÈNE

Oh 1 J'ai été beaucoup trop faible^ avec vous. Je vous ai trop laissé parler. Il y a en vous une telle force ! Quand vous étiez parti, en repensant à vous, je me détestais. Et pourtant vous Tai-je assez répété qu'il fallait vous débarrasser de cette folie 1

CHALLANGE

Vous ne pensiez pas ce que vous disiez !

HÉLÈNE

Vous dites ?

Mes paroles vous troublaient !

HÉLÈNE

Ce n'est pas vrai !

CHALLANGE .

C'est vrai ! Votre voix protestait, mais votre regard m'approuvait ! L'autre jour, quand nous avons été surpris par la pluie, ici même, je vous ai menée jusqu'au salon. Vous vous rappelez ? Je vous ai parlé à l'oreille. Quelque chose de lumineux a passé dans toute votre chair, et vous êtes devenue tout à coup tellement belle que je vous ai conduite à la glace, sans rien dire, pour que vous vous regardiez !

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