SCÈNE PREMIÈRE
HÉLÈNE, HENRI
Hélène entre, venant du dehors, enveloppée dans son manteau. Elle traverse la pièce, va vers la porte de sa chambre. Au moment qu'elle va l'atteindre, Henri, qui était assis, la tête dans ses mains, devant l'fttre sans feu, se dresse. Hélène s'immobilise. Henri allume. Il a quelque chose de souffrant, de désordonné, de surpris.
HENRI
Toi ! A cette heure ?... Mais pardon ! Tes gestes à présent ne regardent que toi... J*ai l'air de t 'avoir attendue, guettée... Ce n'est pas ma façon ! Tu ne m'aurais pas trouvé là si je ne t'avais crue partie... Il m'avait semblé lire en toi, là, tout à l'heure, sur la terrasse, dans l'aveu
que je t'arrachais, la résolution d'un départ immédiat. Il régnait par ailleurs ici un silence inhabituel, un je ne sais quoi de vacant, d'abandonné, un étrange ordre aussi qui m'avaient fait penser que tu avais voulu brusquer le dénouement... Je m'en étais félicité.
HÉLÈNE
N'aie pas peur. Je vais [m'en aller. Je vais te délivrer de moi.
HENRI
Prends ton temps. Je quitte la maison. Nous ne nous rencontrerons plus, je te le promets. Gonthier va me donner asile quelques jours.
HÉLÈNE
Pourquoi ? Ce n'est pas nécessaire. Ne te
dérange pas pour moi... (Conune U va sortir :)
Un instant encore, veux-tu !
HENRI, avec une immense lassitude.
Ne nous sommes-nous pas tout dit ?
HÉLÈNE
Tout à l'heure, là, sur la terrasse, quand nous nous sommes séparés, il faisait presque nuit..* Je te voyais à peine... Je voulais te parler... Je ne pouvais pas parler...